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Mahler en images

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Palais Garnier
04/09/2013 -  et 13, 16, 18, 19, 22, 24, 27, 30 avril, 4, 6, 12 mai 2013
Gustav Mahler : Symphonie n° 3

Karl Paquette*, Isabelle Ciaravola*, Eleonora Abbagnato*, Mathias Heymann*, Stéphane Bullion*, Laura Hecquet*, Florian Magnenet*, Nolwenn Daniel*, Christophe Duquenne*, Mélanie Hurel*, Alessio Carbone*, Mathieu Ganio, Laëtitia Pujol, Vincent Chaillet, Eve Grinsztajn, Charline Giezendanner, Fabien Révillon, Muriel Zusperreguy, Cyril Mitilian, Mathilde Froustey, Axel Ibot, Dorothée Gilbert, Agnès Letestu, Audric Bezard, Stéphanie Romberg, Yann Saïz, Héloïse Bourdon, Yann Bittencourt
Aline Martin (mezzo-soprano), Maîtrise des Hauts-de-Seine, Chœur et Chœur d’enfants de l’Opéra national de Paris, Alessandro di Stefano (chef de chœur), Orchestre de l’Opéra national de Paris, Simon Hewett (direction musicale)
John Neumeier (chorégraphie, décor et lumières), Kevin Haigen, Victor Hughes (assistants du chorégraphe)


A. Keil (© Laurent Philippe/Opéra national de Paris)


John Neumeier fait partie, avec entre autres Maurice Béjart, de ces chorégraphes qui n’ont pas hésité à mettre des pas sur les grandes partitions symphoniques. D’ailleurs, par une étonnante coïncidence, au moment où le premier travaillait sur la Troisième Symphonie de Mahler, le second utilisa les trois derniers mouvements de la même œuvre dans Ce que me dit l’amour, reprenant le titre que le compositeur austro-hongrois donna au finale de son troisième opus symphonique.


Toute la gageure d’un tel pari tient à éviter la redondance entre l’œil et l’oreille. Neumeier a bien tenté d’instiller sa propre dramaturgie en modifiant les intitulés programmatiques des quatre premières parties («Hiver», «Eté», «Automne», «Nuit»), redistribuant la structure de l’immense poème panthéiste de Mahler, au risque d’en altérer la signification. On peut cependant apprécier un travail sur les ensembles, galbant le corps de ballet comme une glaise primitive dans le puissant Allegro initial. Les éclairages sculptent des atmosphères essentiellement minérales, tantôt crues, tantôt plus tendres. Nul besoin de décor alors dans cette épure où le mouvement se fait matière. Il reste que le patronage de Mahler exerce un ascendant écrasant et la partition chorégraphique reste le plus souvent au niveau de l’illustration de la musicale.


Au moins appréciera-t-on la performance d’interprètes concernés sinon investis, au premier rang desquels on saluera la séraphique Isabelle Ciaravola, idéale d’innocence et de légèreté dans le cinquième mouvement. Jalon discret de la narration imaginée par Neumeier, Karl Paquette tire parti de son relatif effacement dans cette initiation émerveillée et touchante. Mars d’une technique sans reproche qui a son audience, Mathias Heymann s’abîme parfois dans un narcissisme excessif, au risque de déséquilibrer l’ensemble de la fresque. On remarquera également dans cette chorégraphie qui fait la part belle aux solistes masculins les prestations de Florian Magnenet, Christophe Duquenne, Alessio Carbone ou Stéphane Bullion, sans oublier l’assurance d’Eleonora Abbagnato.


Mais, symptôme de la prédominance de la musique, l’alchimie des pointes pâtit de la direction sans imagination de Simon Hewett. Passons sur les imprécisions de cuivres très exposés. La raideur de la baguette du chef australien inhibe la puissance évocatrice de l’œuvre de Mahler, dont il ne reste qu’un ânonnement descriptif. Mince consolation, Aline Martin compense par sa fraîcheur l’intelligibilité douteuse des chœurs préparés par Alessandro di Stefano. Preuve que la visibilité de la richesse de l’imaginaire du compositeur autrichien se transsubstantie d’abord par l’intercession des exécutants musicaux et qu’une surimpression visuelle ne saurait pallier entièrement les défaillances de ceux-ci.



Gilles Charlassier

 

 

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