About us / Contact

The Classical Music Network

Paris

Europe : Paris, Londn, Zurich, Geneva, Strasbourg, Bruxelles, Gent
America : New York, San Francisco, Montreal                       WORLD


Newsletter
Your email :

 

Back

Stravinski russe et néoclassique

Paris
Théâtre des Champs-Elysées
03/07/2012 -  
Igor Stravinski : Les Noces – Œdipus Rex

Mlada Khudoley (soprano), Olga Savova (mezzo), Alexander Timchenko (ténor, Le berger), Gennady Bezzubenkov (basse), Sergeï Semishkur (Œdipe), Ekaterina Semenchuk (Jocaste), Alexei Markov (Créon, Le messager), Mikhaïl Petrenko (Tirésias), Gérard Depardieu (récitant)
Sergei Babayan, Stanislav Khristenko, Dmitri Levkovitch, Marina Radiushina (piano), Chœur du Théâtre Mariinsky, Andrei Petrenko (direction), Orchestre du Théâtre Mariinsky, Valery Gergiev (direction)


V. Gergiev (© Natasha Razina)


Longtemps hôtes du Châtelet puis de Pleyel au cours des précédentes saisons, le Mariinsky et Valery Gergiev s’arrêtent deux soirs consécutifs au Théâtre des Champs-Elysées pour entamer une copieuse tournée qui se prolongera jusqu’au 13 mars à Dortmund, Lyon, Toulouse et Genève... avant que l’infatigable directeur musical ne revienne à Pleyel, dès le 17 mars, cette fois-ci à la tête du Concertgebouw d’Amsterdam.


Si d’autres compositeurs russes sont à l’affiche des étapes suivantes, ces deux concerts sont intégralement consacrés à Stravinski, le premier reprenant exactement le programme d’un enregistrement du théâtre pétersbourgeois paru sur son propre label il y a deux ans: la distribution en est d’ailleurs quasiment identique, à l’exception des quatre pianistes de Noces (1923). Comme au disque, Gergiev, arrivant seul en scène alors que tous les autres, quatuor soliste compris, sont déjà installés, électrise ces «scènes chorégraphiques» dès les premières mesures. Jusqu’au carillon final, il ne lâche plus l’auditeur, ballotté par un déferlement de rythmes sauvages et de sonorités truculentes, avec ces voix russes aux timbres si typiques. Bien que le chœur ait été placé de part et d’autre des pianos, à l’avant du plateau, femmes côté jardin et hommes côté cour, l’équilibre entre les différents groupes n’est pas optimal et la mise en place souffre de quelques imperfections, mais cela importe peu, tant cette vitalité et cette énergie sont d’une redoutable efficacité.


Quatre ans seulement après cette exaltation de la Russie traditionnelle, Stravinski achève Œdipus Rex (1927). Gergiev, de nouveau de plain-pied devant ses musiciens, en fait ressortir la proximité avec Les Noces par des tempi rapides et son inlassable verve rythmique, qui ne figent pas l’œuvre dans son marbre «néoclassique». De cet «opéra-oratorio», il souligne en effet, par sa direction plus engagée que distante, la dimension «opéra» davantage que l’aspect «oratorio». La présence d’un récitant explique sans doute l’absence de surtitrage, à la différence des Noces, alors que l’essentiel du livret de Cocteau est pourtant chanté en latin. Et ce récitant n’est autre que Gérard Depardieu, dont la venue n’a pas suffi à remplir la salle: son élocution irrégulière et sa déclamation parfois triviale déroutent, sans compter qu’il persiste à prononcer «eudipe». L’orchestre ne fait pas d’étincelles et le chœur n’est pas toujours séduisant, mais leur réactivité n’est jamais prise en défaut. Les chanteurs tiennent tous remarquablement leur partie, avec une mention spéciale pour Sergeï Semishkur dans le rôle-titre, clair et puissant, d’une parfaite solidité dans cette partie pourtant très tendue. A ses côtés, Ekaterina Semenchuk incarne une Jocaste passablement mégère, mais vocalement à l’aise. Alexei Markov convainc davantage en Messager que dans son air de Créon, engorgé et manquant de projection. Enfin, Mikhaïl Petrenko ne force pas son grand talent en Tirésias et l’on a plaisir à retrouver en Berger l’excellent ténor des Noces, Alexander Timchenko.


Le site du Théâtre Mariinsky



Simon Corley

 

 

Copyright ©ConcertoNet.com