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A la découverte de l’Italie

Paris
Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines
05/07/2010 -  
Marco Stroppa : Gla-Dya
Luciano Berio : Chamber Music (*)
Ivan Fedele : Târ (Quatuor à cordes n° 3) (#)
Alessandro Solbiati : Mondnacht
Franco Donatoni : Aahiel

Françoise Kubler (soprano), Jean Dubé (piano), Musiciens de l’Orchestre national d’Ile-de-France: Jean-Claude Falietti, Myriam Carrier (*) (clarinettes), Robin Paillette, Marianne Tilquin (cors), Bernard Le Monnier, Matthieu Lecce (violons), Muriel Dimitriu (alto), Camilo Peralta (*), Bertrand Braillard (#) (violoncelles), Florence Dumont (harpe), Georgi Varbanov, Luc Candardjis (percussions)




Après Aulnay-sous-Bois et Créteil, le festival (biennal) «Ile de découvertes» s’installe du 6 au 8 mai sur la scène nationale du Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines. L’Orchestre national d’Ile-de-France poursuit ainsi son travail de diffusion de la musique contemporaine dans la région: aux quatre concerts, dont un de l’Ensemble Court-Circuit, s’ajoutent la représentation de l’opéra pour enfants Le Clavier fantastique de Graciane Finzi (d’après Jules Verne) ainsi que de multiples actions pédagogiques (atelier de création avec des collégiens de Trappes autour du Tricorne de Falla, brefs «avant-concerts» proposés par les élèves de l’école de musique de Guyancourt et du conservatoire de Versailles).


Le thème de cette troisième édition, dont toute les manifestations sont à entrée libre, est clairement annoncé par son titre, «Escale en Italie»: les compositeurs transalpins (Dallapiccola, Dazzi, Francesconi, ...) sont donc en vedette, plus particulièrement Ivan Fedele (né en 1953), à l’affiche de chaque concert, ainsi qu’Alberto Colla (né en 1968) et Jacopo Baboni Schilingi (né en 1971), qui voient chacun une de leurs partitions créée à cette occasion. La programmation n’est cependant pas exclusivement consacrée à un pays: outre Charles Chaynes et Kaija Saariaho, il faut ainsi relever la création de Passions, concerto pour deux violoncelles de Piotr Moss (avec Jérôme Pernoo et Raphaël Chrétien).


L’Orchestre national d’Ile-de-France offre deux concerts symphoniques, respectivement sous la direction de Kaspar Zehnder et d’Enrique Mazzola, et quelques-uns de ses musiciens donnent également en cette fin d’après-midi un programme intitulé «Chamber music», qui débute par une œuvre récente de Marco Stroppa (né en 1959). Les quatre mouvements de Gla-Dya (2007/2009) expérimentent plusieurs placements de deux cors sur scène (face à face, dos à dos) et, partant, plusieurs orientations de leur pavillon, afin de travailler sur le rayonnement du son, autant d’expérimentations qui n’ôtent rien au plaisir de l’écoute: le deuxième mouvement, où le duo fait usage d’une sourdine réduisant fortement la puissance sonore et modifiant en même temps radicalement le timbre, contraint l’auditeur à tendre l’oreille pour ne rien perdre de subtiles superpositions rythmiques; le dernier met en jeu une caisse claire dont les timbres vibrent sous l’effet du souffle des instruments.


Cette «Escale en Italie» ne pouvait évidemment omettre Luciano Berio (1925-2003). Sur des textes tirés du recueil éponyme (1907) de Joyce, les trois parties de Chamber music (1953) font preuve d’une diversité qui n’était pas si répandue au sein de l’avant-garde de l’époque et témoignent déjà de la fascination du compositeur pour la voix: dans la première, le lyrisme s’épanouit ainsi sans honte sur l’accompagnement à la fois raffiné et dépouillé de la clarinette, du violoncelle et de la harpe; dans la deuxième («Monocorde»), la soprano ne chante que sur un unique la, tandis que le parlando s’impose au début de la troisième.


Fedele a sous-titré son Troisième quatuor (2000) Târ, par référence au luth persan et au terme «indo-iranien» désignant la corde. L’écriture se fonde en effet sur des éléments «orientaux», notamment microtonaux, dans les premier et troisième mouvements («Con espressione metafisica» et «Con astrazione sensibile», qui, de caractère apaisé, statique et poétique, ne se soumettent pas à un «temps narratif» et annoncent ainsi son Quatrième quatuor «Palimpsest», à la différence des deuxième et quatrième mouvements («STURM!» et «DRANG!»), hyperactifs et virtuoses.


De façon inhabituelle mais particulièrement bienvenue, une présentation liminaire de Camille Vier, à la fois claire et dynamique, est complétée par des interventions des compositeurs eux-mêmes, en l’espèce Stroppa et Fedele. Mais toute médaille a son revers: comme les Italiens sont volontiers diserts et qu’il faut regagner Paris pour y entendre l’Orchestre Colonne, il n’est hélas matériellement pas possible d’entendre Mondnacht (2004) d’Alessandro Solbiati (né en 1956) et Aahiel (1992) de Franco Donatoni (1927-2000).


Le site de l’Orchestre national d’Ile-de-France



Simon Corley

 

 

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