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Sur des sommets

Bruxelles
Bozar, Salle Henry Le Bœuf
12/18/2009 -  9, 10 (Amsterdam), 12 (Londres) et 15 (Vienne) décembre 2009
Bedrich Smetana : La Fiancée vendue, ouverture
Bohuslav Martinů : Concerto pour deux orchestres à cordes, piano et timbales, H. 271
Johannes Brahms : Symphonie n°4, opus 98

Koninklijk Concertgebouworkest, Mariss Jansons (direction)


Mariss Jansons (© D.R.)



Avant une triste trêve due aux vacances de Noël, le Bozar accueille l’Orchestre royal du Concertgebouw qui y entamera en septembre prochain une résidence pour trois saisons. Malgré une météo défavorable, le public a largement honoré de sa présence la dernière étape d’une tournée qui est passée par Londres, Vienne et Paris.


La première partie présente un visage contrasté puisqu’à l’effervescente Ouverture de La Fiancée vendue (1864) succède le déchirant Concerto pour deux orchestres à cordes, piano et timbales (1938) de Martinů. Mariss Jansons entame la soirée sur une prestation à l’énergie canalisée, aux crescendos spectaculaires et finement élaborée – à ce titre, le passage de l’introduction à la vive partie centrale témoigne d’un art consommé de l’architecture. Trop peu honoré cette année, le compositeur de Juliette est tout aussi bien servi : rythme et tension soutenus, palettes sombres, ton tragique, les musiciens, dont les remarquables Ellen Corver au piano et Marinus Komst aux timbales, offrent de cette œuvre poignante une interprétation exemplaire, tant sur le fond que sur la forme. Dans les deux cas, les cordes fascinent, éblouissantes dans Smetana, presque trop somptueuses dans Martinů, en permanence réactives et d’une élasticité féline.


La seconde partie évolue également sur des sommets. La Quatrième Symphonie (1885) de Brahms convient à merveille à cet orchestre fier de son excellence. Le chef-dirigent adopte des tempi et une dynamique indiscutablement justes, règle au millimètre la mise en place, nuance sans cesse le propos et creuse la partition pour en éclairer le moindre détail. Il en résulte une lecture monumentale sans être massive, aux couleurs subtilement dosées, nette et sans sentimentalisme. En somme, un Brahms sévère, altier, d’une saisissante clarté, un must dans la chaconne finale, et d’une hauteur de vue exceptionnelle. Mariss Jansons tire magnifiquement parti du formidable outil dont il dispose jusque dans le très prévisible bis, une souple et onctueuse Première Danse hongroise que la formation pourrait jouer en pilote automatique. Le chef letton nous aura donc emmené loin, très loin même, et comme la veille à Paris, nombreux sont ceux qui ont probablement quitté le Bozar avec la conviction d’avoir entendu « le plus bel orchestre au monde dirigé par le plus grand chef en activité ».


Le prestigieux cycle « Orchestres internationaux » se poursuit les 27 et 28 janvier prochain. L’Orchestre du Mariinsky dirigé par Valery Gergiev propose un programme entièrement russe: la rare Troisième Symphonie de Borodine, Roméo et Juliette de Tchaïkovski et Shéhérazade de Rimski-Korsakov pour le premier concert, le Prélude de Khovantchina de Moussorgsky, la Première Symphonie de Chostakovitch et la Quatrième de Tchaïkovski le lendemain.


Le site de l’Orchestre royal du Concertgebouw



Sébastien Foucart

 

 

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