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Paris
Orangerie du Domaine de Sceaux
07/25/2009 -  
Wolfgang Amadeus Mozart : Quatuor n° 14, K. 387
Ludwig van Beethoven : Sonate n° 30, opus 109
Ernö Dohnányi : Quintette avec piano n° 2, opus 26

Jean-Claude Henriot (piano), Quatuor Leonis: Thomas Gautier, Guillaume Antonini (violon), Alphonse Dervieux (alto), Jean-Lou Roger (violoncelle)


Le Quatuor Leonis



Constitué en 2004 au Conservatoire national de Lyon, le Quatuor Estevès n’avait pas réussi à s’imposer au Concours de Bordeaux en 2005 (voir ici et ici), mais a remporté dès 2006 le troisième prix (ex æquo) du Concours de Genève – année où le premier prix n’a pas été attribué et le deuxième a été décerné au Quatuor Voce. Le violoncelliste Americo Estevès ayant été remplacé par Jean-Lou Roger, c’est désormais sous le nom de Quatuor Leonis que la formation française se produit, comme dans le cadre du quarantième Festival de l’Orangerie de Sceaux.


Aimable, sans faute de goût, sa lecture du Quatorzième quatuor (1782) de Mozart ne se départit que dans le Molto allegro final d’une élégance qui pourra paraître trop neutre, mais elle n’en présente pas moins de réelles qualités: sens du juste tempo, homogénéité instrumentale. Six jours plus tôt, Abdel Rahman El Bacha, pour son récital scéen, avait notamment choisi les deux dernières sonates de Beethoven (voir ici): Jean-Claude Henriot s’attaque quant à lui à l’antépénultième, à savoir la Trentième (1820). L’ultime triptyque est ainsi complété, mais ce n’est pas un cadeau que de succéder à la performance exceptionnelle du pianiste franco-libanais: pas nécessairement pour des raisons d’ordre interprétatif, même si le mouvement à variations semble trop peu andante, mais en raison de trop nombreuses imprécisions et d’une sonorité sensiblement moins séduisante, en particulier dans l’aigu. Mais il sait néanmoins ménager de beaux moments, comme le chaos très étudié de la dernière variation.


La relative désaffection du public pour ce concert s’explique peut-être par la présence à l’affiche d’un compositeur moins connu, Dohnányi. Car si ses Variations sur une chanson enfantine eurent leur heure de gloire, le reste de sa production symphonique, dont deux symphonies, deux concertos pour piano et deux concertos pour violon, demeure totalement négligé. De même, au sein de son catalogue de musique de chambre, seule la Sérénade pour trio à cordes est régulièrement jouée, alors qu’au demeurant, elle n’est pas la plus représentative d’un corpus s’inscrivant dans la grande tradition de Brahms, devant lequel Dohnányi avait joué son Troisième quatuor avec piano, tandis qu’il invita le jeune Hongrois à présenter à Vienne son Premier quintette avec piano. Mais c’est pour le Second quintette (1914) que se sont associés le Quatuor Leonis et Jean-Claude Henriot, défendant avec beaucoup d’à-propos cette partition de vingt-cinq minutes structurée en trois mouvements: un Allegro non troppo à l’expression tourmentée et à l’écriture symphonique, qui s’apaise néanmoins dans les dernières mesures; un Intermezzo en forme de variations, tout en demi-teintes, où l’alto tient un rôle important; un long finale de coupe sui generis, succession d’épisodes contrastés, débutant par une fugue des cordes dont le sujet cite quasiment la Grande fugue de Beethoven, puis se poursuivant par un choral du piano et, après diverses péripéties, par le retour au thème du premier mouvement qui ouvre sur une conclusion sereine. Il serait sans doute injuste et même inexact de réduire Dohnányi à un épigone, mais dans certaines pages, l’influence de Brahms, à commencer par celle de son Quintette avec piano, est nettement perceptible.


En bis, les musiciens offrent le deuxième mouvement d’un autre Quintette en mi bémol, celui de Schumann (1842), qui aurait gagné à davantage de tension.


Le site du Quatuor Leonis



Simon Corley

 

 

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