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Amadeus

Chaise-Dieu
Abbatiale
08/21/2006 -  et 19 (Dresde), 22 (La Côte-Saint-André), 23 (Montreux-Vevey), 26 et 27 (Brühl) août 2006
Arvo Pärt : Fratres
Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n° 34, K. 338 – Concerto pour violon n° 3, K. 216 – Symphonie n° 41 «Jupiter», K. 551

Renaud Capuçon (violon)
Orchestre de chambre de Bâle, Paul McCreesh (direction)


Nous sommes en 2006 après Jésus-Christ; tout le Festival de La Chaise-Dieu est occupé par les légions mozartiennes. Tout le festival? Non! Un irréductible Estonien résiste encore et toujours. C’est Arvo Pärt qui ouvrait ainsi ce programme Mozart proposé par l’Orchestre de chambre de Bâle (Kammerorchester Basel), avec, parmi les huit versions que compte à ce jour Fratres (1977), celle pour violon solo, double orchestre à cordes et percussion (1992). Renaud Capuçon déploie un jeu inhabituellement expressif pour cette musique, jusque dans une gestuelle remarquablement exubérante, à l’unisson d’un accompagnement moins impavide qu’à l’ordinaire.


Dans la Trente-quatrième symphonie (1780) de Mozart, Paul McCreesh, dominant de sa taille imposante, sans estrade, la formation bâloise, réduit les dimensions (pas la moindre reprise, vingt-deux cordes, limitées à dix-sept con sordini dans l’Andante di molto), mais tire le maximum de ces pages résolument brillantes, dans une lecture pétulante, riche en contrastes, fourmillant d’activité, pour ne pas dire d’activisme, et d’une lisibilité aussi parfaite que l’autorise l’acoustique du lieu. Cette façon de solliciter à chaque instant le texte a sans doute parfois de quoi irriter par ses nuances dynamiques très travaillées, mais elle est servie par des musiciens visiblement enthousiastes et dispense une telle énergie que des applaudissements jaillissent spontanément dès la fin de l’Allegro vivace initial.


Capuçon, dans le Troisième concerto pour violon (1775), n’a aucune peine à se glisser dans ce Mozart mutin et malicieux, frondeur et facétieux, fantasque et capricieux, qui ne se prend jamais au sérieux: bref, le gamin excentrique d’Amadeus, et pas le compositeur poudré pourtant ici à l’apogée de son style «galant». En totale connivence, le violoniste français s’amuse avec l’orchestre et son chef, mais le «divin Mozart» n’en reprend pas moins ses droits dans un miraculeux Adagio, où s’imposent la pureté et la décantation du chant du soliste. Un spectateur commente alors: «C’est joli, ça». Mais c’est bien davantage que cela: c’est tout simplement beau.


Chaleureusement salué par l'auditoire, Capuçon offre son bis favori, la Danse des esprits bienheureux extraite d’Orphée et Eurydice (1762) de Gluck, mais il prend l’excellente initiative de l’interpréter – à la façon de la Méditation de Thaïs, mais c’est une autre histoire – de l’autre côté du jubé, pour ces (nombreux) spectateurs qui, relégués à l’arrière de l’abbatiale, d’où ils ne peuvent voir la scène, doivent d’habitude se contenter de regarder les artistes sur des écrans.


En seconde partie, la Quarante et unième symphonie «Jupiter» (1788), sous la baguette de Paul McCreesh, ne manque pas d’ampleur, en un sens, car il observe cette fois-ci toutes les reprises (y compris dans le retour du Menuet), de telle sorte que l’œuvre dure ainsi plus de trente-cinq minutes. Le chef anglais n’a pas modifié son approche par rapport à la Trente-quatrième symphonie, mais ce qui était bienvenu dans cette «petite» symphonie en ut majeur, rarement aussi convaincante, nuit trop souvent à la «grande», privée ici de l’essentiel de la portée et de la signification qui lui sont généralement prêtées. Bien loin du caractère olympien que suggère son sous-titre (certes apocryphe), un curieux mélange de tics «baroqueux» et de maniérisme romantisant lui confère en effet un caractère nerveux et sautillant, léger et revigorant, mais par trop anecdotique, qui, s’il convient peut-être à un Menuet particulièrement dansant, paraît nettement plus contestable et réducteur dans les trois autres mouvements.


McCreesh souhaite une bonne nuit au public en donnant la Romance de la Treizième sérénade «Une petite musique de nuit» (1787).


Le site de l’Orchestre de chambre de Bâle



Simon Corley

 

 

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