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Inspirations folkloriques Oviedo Auditorio Príncipe Felipe 11/06/2026 - Zoltán Kodály : Galántai táncok
Frédéric Chopin : Concerto pour piano n° 2 en fa mineur, opus 21
Witold Lutoslawski : Concerto pour orchestre Georgijs Osokins (piano)
Orquesta sinfónica del Principado de Asturias, Alexandre Bloch (direction)
 (© Stéphane Guy)
Sous la direction du chef français Alexandre Bloch, longtemps (huit ans) directeur de l’Orchestre national de Lille et aujourd’hui, depuis cette année, directeur titulaire de l’Orchestre symphonique de la Radio et télévision espagnole à Madrid, le concert débute par les Danses de Galánta (1933) de Zoltán Kodály (1882‑1967), où le folklore hongrois se trouve transfiguré dans un festival de couleurs sonores. L’intérêt est constamment soutenu ; on attend sans cesse les prochains événements ; on va de surprise en surprise. Si les cors déçoivent quelque peu, ce n’est pas du tout la même chose du côté des bois, vraiment remarquables. La troisième des danses est notamment charmante tandis que la dernière, menée sans anicroche, communique une gaîté des plus plaisantes. Comme il est de tradition, le chef fait lever différents pupitres à l’issue de ce qui constitue une indéniable réussite et une magnifique ouverture de concert pour qu’ils reçoivent leur part des légitimes applaudissements mais omet malencontreusement l’excellente Myra Sinclair à la flûte solo.
De Frédéric Chopin (1810-1849) est ensuite proposé le célèbre Second Concerto pour piano (1829), qui était en fait le premier du compositeur polonais. C’est le pianiste letton Georgijs Osokins qui affronte le clavier en remplacement du spécialiste polonais de Chopin du moment, Rafal Blechacz, initialement prévu. Le premier mouvement, Maestoso, est plus léger que majestueux mais on goûte la fluidité du discours. Tout coule avec naturel. Dans le deuxième mouvement, l’orchestre disparaît au profit d’un piano éloquent qui évite tout épanchement exagéré. C’est un piano délicat qui chante, entre passion et douceur, sous les doigts experts de Georgijs Osokins. Dans le dernier mouvement, où l’on perçoit des traces, à vrai dire ténues cette fois, de folklore, il se laisse aller à une certaine insouciance, les allers et retours des mains parallèles entre les graves et les aigus se faisant avec une belle aisance.
Les applaudissements poussent malheureusement le pianiste à proposer un bis. Ce sera la Quinzième Rhapsodie hongroise de Franz Liszt, la plus terrifiante surtout dans l’arrangement de Vladimir Horowitz, comme s’il lui fallait démontrer à nouveau sa maîtrise technique. Las, ce n’est pas, ou plus, le cas. Le pianiste frappe souvent à côté, avec la pédale forte à fond et avec une brutalité franchement désagréable laissant la fâcheuse impression d’un artiste ignorant autant le bon goût que la nuance. Mais les applaudissements devant ce qui relevait plus du cirque que de la musique ont dû sans doute lui laisser penser qu’il avait fait le bon choix.
Après la pause, le concert se clôt heureusement d’une autre manière, par le très bartokien Concerto pour orchestre (1954) de Witold Lutoslawski (1913‑1994), encore une œuvre inspirée par le folklore. Le chef et l’orchestre parviennent à imprimer à son Introduction la tension dramatique qui convient. Le deuxième mouvement est assez complexe mais les différents pupitres s’y répondent avec un réel brio instrumental. On apprécie notamment des pizzicatos parfaitement cohérents. Dans le dernier, très rythmé, rien ne dérape dans ses pages à hauts risques, le chef, excellent ce soir, privilégiant la clarté des plans sonores à l’impression de vitesse.
Au cours des saluts, on aperçoit un musicien s’éclipser brutalement de façon surprenante comme s’il avait une urgence ou mieux à faire que d’attendre la fin des applaudissements. On comprend après coup. Ce n’était aucunement de la goujaterie. Au contraire : il était parti chercher un magnifique bouquet pour l’offrir à Jantien Kassics, second violon qui prend sa retraite après trente‑cinq ans de présence au sein de l’Orchestre symphonique de la Principauté des Asturies, soit depuis la fondation de l’orchestre. Un moment forcément émouvant pour l’intéressée, l’orchestre et même le public.
Prochain concert de l’Orchestre symphonique de la Principauté des Asturies : le 12 novembre à Avilés et le 13 novembre à Oviedo, avec un même programme articulé autour de pages d’Ernst Bloch, Manuel de Falla et Carl Nielsen.
Le site d’Alexandre Bloch
Le site de Georgijs Osokins
Le site de l’Orchestre symphonique de la Principauté des Asturies
Stéphane Guy
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