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Le Barbier bis

Paris
Opéra Bastille
09/12/2026 -  et 17, 20, 23, 26 septembre, 1er, 4, 7, 10, 24, 28* octobre, 1er, 3, 5 novembre 2026
Gioachino Rossini : Il barbiere di Siviglia
Jack Swanson/Levy Sekgapane* (Il Conte Almaviva), Nicola Alaimo (Bartolo), Lea Desandre/Marina Viotti* (Rosina), Huw Montague Rendall/Andrzej Filonczyk* (Figaro), Adolfo Corrado (Don Basilio), Isobel Anthony (Berta), Amin Ahangaran (Fiorello), Hyunsik Zee (Un ufficiale)
Chœurs de l’Opéra national de Paris, Alessandro Di Stefano (chef des chœurs), Orchestre de l’Opéra national de Paris, Jader Bignamini*/François López‑Ferrer (direction musicale)
Damiano Michieletto (mise en scène), Paolo Fantin (décors), Silvia Aymonino (costumes), Fabio Barettin (lumières)


(© Albert Facelly/Opéra national de Paris)


Les secondes distributions ne sont pas des distributions du pauvre. En témoigne celle de ce Barbier de Séville, parfois supérieure à la première. Marina Viotti présente, plus que Lea Desandre, l’exact profil vocal de Rosine : un mezzo à l’aigu aisé et au grave charnu, au timbre gorgé de couleurs, pas trop léger. La virtuosité néo‑belcantiste lui est familière, comme le cantabile du canto spianato, ce qui fait le prix, après un « Una voce poco fa » pétillant, d’un « Contra un cor » de haute volée. Pour le coup, un authentique mezzo rossinien. On a déjà applaudi le Comte de Levy Sekgapane in loco : le revoici, un rien nasal de timbre, émission haute, quinte aiguë insolente, avec des contre‑ut à revendre, une colorature cascadeuse même si les volate restent perfectibles, mais aussi une ligne impeccablement galbée, parée de demi‑teintes – parfois en voix de tête. Le « Cessa di più resistere » n’a rien à envier à celui de Jack Swanson.


On reste assez sceptique, en revanche, sur le Figaro virevoltant d’Andrzej Filonczyk, certes un de ses emplois fétiches. Le timbre a du mordant, l’aigu est crâne, le mot claque, il brûle les planches, mais pousse si loin la truculence du barbier fanfaron qu’il tourne à la caricature et que le phrasé même en pâtit parfois – la vocalise patine, aussi. Se serait‑il, justement, trop installé dans le rôle ? Huw Montague Rendall savait éviter ces outrances. A leurs côtés, le toujours anthologique Bartolo de Nicola Alaimo, le Basile toujours sobre, mais plus détendu, d’Adolfo Carrado, la Berta toujours foldingue un peu nympho d’Isobel Anthony, tous portés par la direction très élégante de Jader Bignamini. Oui, on peut aller voir ce second cast de la production maintes fois évoquée ici de Damiano Michieletto.



Didier van Moere

 

 

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