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Beethoven en majeur Gijón Teatro Jovellanos 08/20/2026 - Ludwig van Beethoven : Concerto pour piano n° 4 en sol majeur, opus 58 – Symphonie n° 2 en ré majeur, opus 36 Kyu Yeon Kim (piano)
Orquesta sinfónica del Principado de Asturias, Miguel Sepúlveda (direction)
 K. Y. Kim (© Stéphane Guy)
Après le récital de Martín García García et toujours dans le cadre du vingt‑sixième Festival international de piano de Gijón, le Théâtre Jovellanos accueillait ce soir l’un des autres professeurs de piano du cycle de formation, la Coréenne Kyu Yeon Kim (née en 1985). Pour le Quatrième Concerto pour piano (1806) de Ludwig van Beethoven (1770‑1827), elle était accompagnée par l’Orchestre symphonique de la Principauté des Asturies (OSPA) dirigé par un très jeune chef, tout à fait prometteur, Miguel Sepúlveda (né en 1998).
La pianiste, formée en Corée, en Allemagne et aux Etats‑Unis, disposant d’un CV impressionnant et couronnée par de nombreuses récompenses lors d’importants concours internationaux, connaît l’œuvre parfaitement. Il y a très peu de scories. Il manque un peu d’autorité, de fierté, de netteté, mais l’essentiel est là. La pianiste présente même un beau chant dans l’Andante con moto central tandis que les cordes font montre d’une cohérence appréciable et un dialogue de qualité finit par s’installer entre la soliste et l’orchestre. Le troisième et dernier mouvement est aussi rythmé que possible mais pâtit de petits problèmes de coordination comme si les deux protagonistes menaient leur barque chacun de leur côté. Le piano reste néanmoins toujours aussi brillant.
Il n’y a ensuite pas vraiment de pause. Quelques minutes suffisent en effet pour évacuer le piano et réaménager la scène et l’on passe directement à la Deuxième Symphonie (1803) du même compositeur, trop rarement entendue dans les salles et créée en même temps que le Troisième Concerto (qu’on aurait du coup préféré au Quatrième). L’orchestre et la direction semblent métamorphosés, comme libérés. On y trouve le nerf qui manquait quelque peu dans le Concerto. Miguel Sepúlveda, titulaire, entre autres récompenses, du grand prix du concours international de direction d’orchestre de Rotterdam, se révèle pleinement. Sa battue, sobre, est précise et il parvient à un bel équilibre global dans cette symphonie souvent qualifiée de classique mais déjà tellement beethovénienne et pas seulement par son Scherzo. Tous les pupitres n’ont malheureusement pas le même niveau. Si les bois sont exemplaires, avec Myra Sinclair à la flûte, toujours impeccable, et Juan Ferriol, au hautbois, superlatif, entendu avec l’Ensemble 4.70 quelques jours auparavant, ce n’est pas toujours le cas des cuivres, notamment des cors dans le Larghetto. L’Allegro molto final est bien enlevé et les cordes interviennent bien dans l’ordre. La réussite est chaleureusement applaudie et, si Kyu Yeon Kim n’avait pas accordé de bis, c’est le chef et l’orchestre qui en proposent maintenant, dans la précipitation toutefois : la dernière des Six Danses populaires roumaines (1915/1917) de Béla Bartók, encore en majeur. C’est un peu la pagaille cette fois mais c’est manifestement la bonne humeur qui doit primer.
Notons que la saison 2026-2027 de l’orchestre est d’ores et déjà connue. Il se produira en moyenne deux fois par mois et à chaque fois deux jours de suite dans deux villes différentes des Asturies, à moins d’une heure de voiture l’une de l’autre, souvent Gijón puis Oviedo, plus rarement Avilés. De forts beaux programmes sont à l’affiche, avec notamment des œuvres de Carl Nielsen, Leos Janácek, Kaija Saariaho et John Adams. Martin García García, Rafal Blechacz, Alina Ibragimova, Patricia Kopatchinskaja, Juan Pérez Floristan font partie des solistes invités les plus marquants. De quoi satisfaire des mélomanes curieux et exigeants. Quant au festival de piano en cours, il devrait se clore par un autre récital, celui de Sandro Gegechkori, pianiste d’origine géorgienne (né en 2000), le 22 août au Centre culturel de l’Ancien Institut, à Gijón.
Le site de Kyu Yeon Kim
Le site de Miguel Sepúlveda
Le site de l’Orchestre symphonique de la Principauté des Asturies
Stéphane Guy
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