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Quintettes en plein air Cahors Cour de la préfecture 08/07/2026 - George Onslow : Quintette à cordes n° 21, opus 51
Franz Schubert : Quintette à deux violoncelles, D. 956 Quatuor Dutilleux : Guillaume Chilemme, Matthieu Handtschoewercker (violon), David Gaillard (alto), Thomas Duran (violoncelle) ; Victor Julien-Laferrière (violoncelle)

Dixième anniversaire, et donc onzième édition, pour le festival ClassiCahors, qui s’est solidement implanté dans la préfecture du Lot et ses environs. On le doit à l’énergie et à la pertinence des choix de ses fondateurs, Emmanuel Pélaprat, directeur artistique, et Sonia Sempéré-Pélaprat, directrice générale : au fil de cette décennie, la manifestation a permis à 30 000 spectateurs d’entendre, à des tarifs raisonnables et même gratuitement pour les moins de 18 ans, de très grands artistes, à l’image de la programmation de l’édition qui s’est tenue cette année du 18 juillet au 9 août. Ont ainsi figuré à l’affiche des douze concerts Liya Petrova et Adam Laloum, Théotime Langlois de Swarte et Justin Taylor, l’ensemble Dulci Jubilo, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, l’Orchestre de chambre de Toulouse ainsi que les cuivres et percussions du Philharmonique de Radio France, la programmation proposant également un « conte musical », du tango aussi bien que des polyphonies traditionnelles occitanes et musiques anciennes.
 G. Chilemme, M. Handtschoewercker, D. Gaillard, T. Duran, V. Julien‑Laferrière (© Thibaud Galvan)
On retrouve dans la cour de la préfecture un habitué du festival, le Quatuor Dutilleux, qui s’est associé à Victor Julien-Laferrière pour donner deux quintettes quasi contemporains mais fort différents. Celui d’Onslow, d’abord, semble difficile à identifier : le programme indique qu’il s’agit de l’Opus 78 – mais cela ne fonctionne pas, car il s’agit d’un quintette à deux altos – tandis qu’Emmanuel Pélaprat annonce l’Opus 52 – mais cela ne marche pas non plus, car c’est un quatuor à cordes. En fait, parmi les trente‑quatre quintettes (dont vingt‑quatre à deux violoncelles) du compositeur clermontois, il s’agit de son Opus 51 (1834). Si ses épaules ne sont sans doute pas assez larges pour supporter la mission écrasante que lui assignait Berlioz (« Depuis la mort de Beethoven, il tient le sceptre de la musique instrumentale »), ce quintette en sol mineur n’en est pas moins remarquable, avec un Allegro impetuoso qui réserve des surprises, silences et autres ruptures, suivi d’un Scherzo mendelssohnien – mais d’un Mendelssohn d’esprit fantasque qui se serait intéressé à Carl Philipp Emanuel davantage qu’à Jean‑Sébastien. Il ne faut pas davantage se fier au charme fin XVIIIe de l’Andante non troppo lento, qui, comme l’Andante con moto du Premier Quatuor avec piano de Brahms, évolue vers une sorte de marche pleine d’entrain. Le Presto agitato final confirme le talent d’un romantique passionné mais suffisamment épris de classicisme pour ne pas délayer ou se laisser aller à la facilité.
Après une courte pause, Victor Julien-Laferrière passe au second violoncelle pour le Quintette (1828) de Schubert. Il est difficile de ne pas se souvenir que deux ans plus tôt à quelques kilomètres de là dans son festival de Bélaye, le regretté Roland Pidoux animait une interprétation autrement différente de ce chef‑d’œuvre absolu de la musique de chambre. Mais c’est le propre de tels monuments que d’offrir une grande variété d’approches, ce que montrent magistralement les musiciens, qui privilégient l’objectivité, la carrure, voire l’âpreté, sur la séduction, la grâce Mitteleuropa, les effusions lyriques ou les abîmes métaphysiques. La maîtrise est complète, tant instrumentale qu’artistique, mais le respect de la partition (y compris la grande reprise de l’Allegro ma non troppo initial) n’empêche pas de la pousser dans ses derniers retranchements, notamment dynamiques : la longue et lente extinction diminuendo de l’ultime do à l’unisson restera longtemps dans les mémoires, mais la finesse arachnéenne conférée à certains passages de l’Adagio et du Trio du Scherzo aura pâti d’un son un peu ténu, nonobstant un public d’une rare concentration. De fait, le plein air n’est pas toujours idéal pour les cordes, mais ce n’est qu’un inconvénient mineur d’un lieu par ailleurs éminemment appréciable par une très chaude soirée d’été.
Le site du festival ClassiCahors
Le site du Quatuor Dutilleux
Simon Corley
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