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En plein air Royan Plage de la Grande Conche 07/28/2026 - Richard Wagner : Der fliegende Holländer : Ouverture (extraits)
Camille Saint-Saëns : Le Carnaval des animaux : VII. « Aquarium »
Philippe Sarde : Le Locataire
Béla Bartók : Concerto pour orchestre, Sz. 116 : 5. Finale (extraits)
Charles Gounod : Faust : Air des bijoux
John Williams : E.T. the Extra‑Terrestrial
Gabriel Fauré : Les Djinns, opus 12
Frédéric Chopin : Concerto pour piano n° 2, opus 21 : 2. Larghetto
Felix Mendelssohn : Ein Sommernachtstraum, opus 61 : 1. Scherzo
Aram Khatchatourian : Concerto pour violoncelle : 3. Allegro
Antonín Dvorák : Rusalka, opus 114, B. 203 : Chant à la Lune
Giacomo Puccini : Manon Lescaut : Intermezzo
Marcel Louiguy : La Vie en rose (arrangement Thibault Perrine)
Camille Pépin : Feux d’artifice Pretty Yende (soprano), Astrig Siranossian (violoncelle), Thomas Bloch (harmonica de verre), François Lambret (piano)
Karl Paquette, Silvia Saint-Martin, Laudeline Schor, Rémi Singer-Gassner (danseurs), Fabrice Bourgeois (chorégraphie)
Acad’O Chœur, Mathias Charton (chef de chœur), Orchestre d’Un Violon sur le Sable, Jérôme Pillement (direction)

L’an prochain seront célébrés les quarante ans d’une belle aventure musicale. C’est en effet en 1987 que Philippe Tranchet, directeur d’une radio locale, demande à son ami Patrice Mondon, violoniste à l’Opéra de Paris, de jouer en queue‑de‑pie sur la plage de Royan, accompagné d’une seule bande son. Il partit donc seul, mais par de progressifs renforts, ils se virent soixante musiciens en arrivant en 1999, année où le festival Un Violon sur le Sable prit la forme qu’on lui connaît maintenant : trois programmes différents donnés sur la plage de la Grande Conche, devant 20 000 à 30 000 spectateurs, pour la plupart sur des fauteuils pliants, les autres étant assis derrière dans des tribunes.
 (© Jean-Michel Boursier)
Cette trente-neuvième édition s’inscrit donc dans une tradition bien établie. L’orchestre, dont l’ossature est formée de musiciens de l’Opéra national de Paris auxquels se joignent des membres de différents orchestres (National de France, Bordeaux, Lyon, Toulouse, Pays de la Loire, Ile‑de‑France, Garde républicaine, Police nationale...), se produit à trois reprises avec des solistes renommés, chanteurs (Julien Dran, Cyrille Dubois, Vannina Santoni) ou musiciens (Arielle Beck, Luka Faulisi). Le deuxième concert se déroule dans des conditions idéales : après une très chaude journée, la pleine lune se lève sur la mer et une brise bienvenue commence à souffler. En attendant 22 heures, un speaker fait patienter les spectateurs en organisant un concours de selfies et les trois écrans géants diffusent les messages publicitaires des mécènes. Des chaises habillées de blanc sont disposées sur la scène au‑dessus de laquelle un lustre est suspendu.
Comme chaque année, la programmation réunit des milliers de personnes dont beaucoup se disent sans doute : « Je n’aime pas le classique, mais ça j’aime ». Il faut donc des morceaux courts – et, quand ils ne le sont pas, ils sont abrégés, comme l’Ouverture du Vaisseau fantôme de Wagner, qui lance la soirée – ou bien pas trop intimidants – musiques de film (Le Locataire de Sarde, E.T., l’extra‑terrestre de Williams). Et puis pas seulement de la musique, mais aussi un peu de danse, avec d’éminents représentants du Ballet de l’Opéra de Paris – Fabrice Bourgeois, maître de ballet, ayant réglé un pas de quatre sur le Larghetto du Second Concerto de Chopin pour Karl Paquette, ancienne étoile, Silvia Saint-Martin, première danseuse, Laudeline Schor, quadrille, et Rémi Singer-Gassner, choryphée.
Il faut aussi des choses à la fois amusantes et spectaculaires, comme Thomas Bloch et son harmonica de verre. Et il faut mettre en valeur les régionaux de l’étape : Akad’O Chœur, rassemblant une cinquantaine d’adolescents à l’initiative du rectorat de Poitiers dans les quatre départements de l’ancienne région Poitou‑Charentes. Malheureusement, dans Les Djinns de Fauré, proposition originale au demeurant, on ne perçoit pas un traître mot du poème d’Hugo et on se demande pourquoi les jeunes choristes se trémoussent, d’autant qu’ils peinent à le faire bien ensemble.
Et il faut aussi un showman : Jérôme Pillement, qui dirige l’orchestre depuis 1992, s’efforce de faire de la pédagogie, mais cela ressemble davantage à de la démagogie, ses présentations et ses commentaires n’ayant rien à envier à Frédéric Lodéon en termes de surmoi à éclipses mais aussi d’erreurs et approximations.
Comme au stade, l’œil est irrémédiablement attiré par les écrans, tant la distance est grande avec la scène, mais par chance, la réalisation est de qualité, évitant la bougeotte usante des caméras dans des émissions télévisées telles que les Victoires de la musique ou Prodiges. La sonorisation respecte globalement les dynamiques et les timbres, même si les cordes ressemblent parfois à un synthétiseur, mais elle grossit excessivement certains détails et réserve parfois de mauvaises surprises, comme dans le Finale – abrégé, lui aussi – du Concerto pour orchestre de Bartók, choix audacieux mais qui se révèle désastreux tant ce qu’on entend est confus et désordonné.
Entre la diffusion des images sur des écrans et la diffusion du son par des haut‑parleurs, est‑ce comme si on assistait au Stade de France ou à Bercy à la projection d’un concert filmé ? Ce serait faire fi de deux différences de taille : les artistes sont bien physiquement présents et le cadre est à nul autre pareil. Et on ne va pas faire la fine bouche devant l’une de ses trop rares occasions en France de faire rimer « classique » avec « populaire » et « familial ». A Paris, il y a certes le concert du 14 juillet au Champ‑de‑Mars, mais il est à craindre qu’une grande partie des dizaines de milliers de participants ne le considère sans doute que comme un prélude imposé au feu d’artifice qui s’y enchaîne immédiatement.
En tout cas, il y a de vraies réussites : le Scherzo du Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn, l’extrait du Second Concerto de Chopin ou l’Intermezzo de Manon Lescaut de Puccini. Et les solistes y contribuent également, en particulier Astrig Siranossian, qui après s’être accompagnée sur son violoncelle dans un chant arménien, fait un tabac dans le Finale du Concerto de Khatchatourian. Pour ce qui est de Pretty Yende, dont on laisse entendre en fin de concert qu’elle reviendra l’an prochain avec Pene Pati, l’aigu est plus sûr que la diction dans l’Air des bijoux de Faust de Gounod tandis que le Chant à la lune de Rusalka évoque davantage Puccini que Dvorák, mais on ne peut nier son charisme dans La Vie en rose, arrangée en mode hollywoodien par le coordinateur artistique de l’orchestre, Thibault Perrine.
Le spectacle se conclut avec une courte pièce de Camille Pépin, Feux d’artifice (2025), pendant laquelle est lancé... un feu d’artifice, bouquet final qui n’en est pas un, car à minuit passé, la chorale revient, nettement plus convaincante, pour Forever Young (1984) du groupe allemand Alphaville.

Evolution, sinon révolution, en 2012 : sous la plage... les pavés. Un Violon sur la Ville vient désormais ajouter une dizaine d’événements dans différents lieux, à Royan et aux alentours, et de caractère très varié et souvent gratuits. C’est l’occasion pour certaines des vedettes des concerts de la plage ou des membres de l’orchestre d’apparaître dans un autre cadre, mais on peut aussi prendre part à une rencontre avec un musicien, assister à la projection d’un documentaire sur le festival, apprendre, si l’on a « de 10 ans à 99 ans », le clavier ou la batterie électronique dans des ateliers de 20 minutes, bénéficier de la « barre de danse classique » animée par Karl Paquette, ou bien découvrir d’autres artistes. Ainsi d’Yvan Cassar et Marco Poingt en duel d’improvisation, de Noëmi Waysfeld chantant Barbara mais aussi d’Olivia Gay et Aurélien Pontier.
On se réjouissait de retrouver au phare de la Coubre à La Tremblade la violoncelliste et le pianiste dans un beau programme intitulé « Le Silence de la forêt », mais dans le contexte dramatique de cet été, l’Office national des forêts (ONF) s’est vu contraint d’annuler le concert, le lieu étant situé devant une forêt de pins. Un comble pour Olivia Gay, ambassadrice de l’ONF - Agir pour la forêt, qui avait placé son programme sous le signe de sa « démarche artistique et citoyenne pour la sauvegarde de nos forêts » et qui développe depuis plusieurs années ses concerts en forêt, précisément pour sensibiliser le public aux enjeux liés à leur préservation et aux risques auxquels elles sont confrontées.
 K. Paquette, S. Saint-Martin, F. Lambret (© Jean-Michel Boursier)
Mais comme le festival a de la ressource, pourquoi ne pas se replier sur la verdure du golf de Royan, où se donne à 19 heures sous un soleil qui reste encore assez vif, un spectacle hybride ? D’un côté, l’enthousiasme communicatif des jeunes d’Acad’O Chœur, a cappella ou accompagnés au piano par Hélène Bonnet, qui reprennent les deux morceaux donnés la veille sur la plage et en chantent beaucoup d’autres, dont le détail n’est hélas pas communiqué aux très nombreux spectateurs assis parfois à même la pelouse – « Un Violon sur l’Herbe », en quelque sorte. De l’autre, pieds nus, le quatuor du Ballet de l’Opéra de Paris qui avait dansé la veille, dans quatre pas de deux chorégraphiés par Karl Paquette, sur des grands classiques de Satie, Massenet et Chopin interprétés par François Lambret, lequel, pour faire bonne mesure, ajoute tant bien que mal « Reflets dans l’eau » de Debussy et la Valse en ut dièse mineur de Chopin. Tout cela ne fait pas grand sens, mais pourquoi bouder le plaisir d’une agréable fin de journée d’été consacrée au chant, à la musique et à la danse ?
Le site d’Un Violon sur le Sable et d’Un Violon sur la Ville
Le site de John Williams
Le site de Camille Pépin
Le site de Pretty Yende
Le site d’Astrig Siranossian
Le site de Thomas Bloch
Le site d’Acad’O Chœur
Simon Corley
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