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Deuxième Symphonie de premier plan

Vienna
Musikverein
05/02/2026 -  et 1er (Eisenstadt), 3 (München), 4 (Künzelsau), 5 (Basel), 7, 8, 9 (Berlin) mai 2026
Igor Stravinsky : Pulcinella (Suite)
Piotr Ilitch Tchaïkovski : Variatsii na temu rokoko, opus 33
Ludwig van Beethoven : Symphonie n° 2, opus 36

Gautier Capuçon (violoncelle)
Berliner Philharmoniker, Kirill Petrenko (direction)


G. Capuçon, K. Petrenko (© Lena Laine)


Cette tournée européenne propose un regard croisé entre tradition et modernité, tant dans le programme – Stravinsky, Tchaïkovski et Beethoven s’appropriant le langage des maîtres du passé – que dans l’interprétation.


La Suite de Pulcinella de Stravinsky mise sur la rigueur et un sens du dénuement typiquement stravinskien : on imagine volontiers le compositeur battant la mesure sans fioritures ni surcharge expressive, assemblant une mécanique de précision à peine déréglée par quelques clins d’œil d’humour pince-sans-rire. Cette structure minutieusement organisée met en valeur l’extraordinaire qualité des solos instrumentaux des pupitres du Philharmonique de Berlin, scintillant comme des diamants sur un fond de velours sombre.
La patine romantique qui enrobe les Variations sur un thème rococo modifie au fond peu la sobriété de cette ligne interprétative, qui semble inspirer à Gautier Capuçon une posture moins extravertie qu’à l’accoutumée. Phrasés aristocratiques impeccablement tenus, somptueux pianissimi dénués de tout pathos : soliste et orchestre font corps, épousant une vision commune, au point qu’on en vient à souhaiter une plus grande opposition dialectique, histoire d’introduire un peu d’imprévisibilité dans ce dispositif rigoureux.


La Deuxième Symphonie de Beethoven ouvre en revanche une tout autre dimension : si l’héritage classique, fait de pétillance mozartienne et de verve haydnienne, n’est jamais bien loin, les Berlinois nous invitent surtout à entendre le Beethoven en devenir, dessinant en filigrane l’Héroïque, la Pastorale et la Neuvième. Le mouvement lent bénéficie de toute l’expérience de Petrenko chef de fosse, qui anime la mélodie – l’une des plus belles écrites par le compositeur – avec le soin de celui qui accompagnerait des chanteurs. Les tempi sont alertes, mais restent d’une lucidité totalev; l’impression d’urgence – un finale particulièrement haletant – tient moins à la rapidité qu’à l’intransigeance de la pulsation, nous donnant le tournis à la manière d’un boxeur méthodique qui enchaîne les coups sans laisser le temps de reprendre son souffle. L’attention portée à l’architecture culmine dans les codas ; Petrenko s’autorise même, dans la gigantesque péroraison finale, une coquette inflexion ritenuto, comme un ultime hommage opératique à l’héritage classique.


La densité et l’onctuosité de la pâte orchestrale berlinoise d’antan n’ont pas vraiment disparu : il suffit d’entendre – et de regarder – la section de contrebasses, travaillant à plein archet, ou encore l’éclat des cuivres, pour constater que la profondeur sonore de l’orchestre demeure pleinement préservée. Sous l’impulsion de Petrenko, le travail sur l’articulation rythmique permet cependant d’atteindre une forme de transparence et de vitalité nouvelles, proposant une synthèse convaincante entre plénitude des timbres et énergie brute.



Dimitri Finker

 

 

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