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Une modernisation réussie Paris Créteil (Maisons des Arts et de la Culture) 02/19/2026 - et 6 (Sénart), 14 (Compiègne), 20, 21, 22 (Tourcoing) novembre, 3, 4 (Vannes), 10, 11, 12 (Grenoble), 17, 18, 19, 20 (Quimper), 27, 28, 30, 31 décembre 2025, 1er, 2, 3, 5, 6 (Rennes), 8, 9 (Morlaix), 26, 27 (Le Havre), 30, 31 (Angers) janvier, 20* (Créteil), 24, 25 (Besançon) février, 3, 4, 5, 6 (Nantes), 12, 13, 14, 19, 20, 21, 22 (Paris), 25, 26 (Le Mans) mars, 2 avril (Dunkerque) 2026 Pauline Viardot : Cendrillon (adaptation Jérémie Arcache) Apolline Raï-Westphal (Cendrillon), Tsanta Ratia (Le Prince charmant), Clarisse Dalles (Maguelone), Romie Estèves (Armelinde), Olivier Naveau (Le Baron Pictordu), Enguerrand de Hys*/Benoît Rameau (Le Comte Barigoule), Lila Dufy (La Fée)
Vincent Lochet/Clément Caratini* (clarinette), Marwane Champ/Clotilde Lacroix* (violoncelle), Valentin Dubois/Théo Lamperier* (percussions), Bianca Chillemi/Amandine Duchênes* (piano, direction musicale)
David Lescot (adaptation du livret, mise en scène), Alwyne De Dardel (scénographie), Mariane Delayre (costumes), Matthieu Durbec (lumières), Serge Meyer (vidéo)
Créé en 2014, la co[opéra]tive constitue un collectif de production lyrique qui mutualise les ressources de ses fondateurs, les scènes nationales de Besançon, Quimper et Sénart, ainsi que le Théâtre impérial de Compiègne, l’Opéra de Rennes et l’Atelier lyrique de Tourcoing. Depuis le premier projet, consacré aux Noces de Figaro de Mozart en 2015, plusieurs autres ont été élaborés, à l’instar de La Dame blanche de Boieldieu en 2022 (voir notamment à Tourcoing). De nombreux autres théâtres participent désormais à la diffusion des spectacles à travers toute la France, comme on peut le constater avec la liste des nombreuses dates pour le tout dernier d’entre eux, l’« opéra de salon » en un acte Cendrillon (1904) de Pauline Viardot.
On ne peut que se réjouir de retrouver cet ouvrage charmant, déjà monté en version scénique à Paris en 2010 et à Lausanne en 2018, repris en 2023. Cette nouvelle version se distingue par une instrumentation inédite pour violoncelle, clarinette, piano et percussions, due à Jérémie Arcache (né en 1987). Avec le recours au synthétiseur et à la batterie, un coup de jeune parcourt toute la partition : de quoi nous embarquer dans des sonorités inattendues et décalées, qui respectent toujours le fil narratif et l’esprit de l’ouvrage, tout en mettant en valeur les différents musiciens.
On retrouve avec David Lescot un metteur en scène de théâtre reconnu, qui s’est illustré plusieurs fois dans le domaine lyrique (voir notamment L’Elixir d’amour de Donizetti en 2023). Fort heureusement, son travail n’apparaît pas contraint par le cahier des charges, qui impose à la production l’itinérance : le cadre initial volontairement restreint de l’intérieur de la maison de Cendrillon illustre à la fois l’horizon bouché de l’héroïne et l’étroitesse d’esprit de ses demi‑sœurs. A l’inverse, la scène de bal prend davantage de liberté en créant quelques interactions bienvenues avec les musiciens. Comme attendu, la scène d’entrée de la Fée fait partie des plus prisées par le jeune public, sensiblement présent dans la vaste salle moderne de la Maison des Arts et de la Culture de Créteil, d’un peu plus de 1 000 places. Le carrosse en forme de citrouille est une réussite visuelle, à l’instar des costumes aux couleurs éclatantes, à même de bien différencier les personnages.
Malgré une acoustique à la résonnance étouffée, les chanteurs réunis emportent l’adhésion par leur fraîcheur et leur engagement : ainsi d’Apolline Raï‑Westphal, qui donne à sa Cendrillon des trésors de raffinement, tandis que Tsanta Ratia (Le Prince) assure solidement sa partie. Incarnant les demi‑sœurs, Clarisse Dalles et Romie Estèves se régalent de leurs réparties vénéneuses avec gourmandise, à l’instar d’Olivier Naveau – et ce malgré un timbre un peu terne. Enfin, Enguerrand de Hys et Lila Dufy font valoir toute leurs qualités de diction, toujours décisives dans ce répertoire léger.
Florent Coudeyrat
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