About us / Contact

The Classical Music Network

München

Europe : Paris, Londn, Zurich, Geneva, Strasbourg, Bruxelles, Gent
America : New York, San Francisco, Montreal                       WORLD


Newsletter
Your email :

 

Back

Bruckner trivialisé ?

München
Isarphilharmonie
01/15/2026 -  et 11 (Santa Cruz de Tenerife), 16* (München) janvier 2025
Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n° 38 en ré majeur « Prague », K. 504
Anton Bruckner : Symphonie n° 4 en mi bémol majeur « Romantique »

Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Paavo Järvi (direction)


P. Järvi (© Bayerische Rundfunk/Astrid Ackermann)


C’est Paavo Järvi, invité régulier des formations symphoniques munichoises, qui remplace Gustavo Dudamel, souffrant, qui a annulé au dernier moment sa participation à ces trois concerts et une tournée aux Canaries avec l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise.


Dans la Symphonie « Prague », les tempi nerveux et l’approche rapide permettent une mise en place impeccable et des équilibres soignés. Toutefois, cette conception manque de théâtralité et devient « seulement de la musique pure », alors que l’écriture mozartienne appelle davantage de contrastes dramatiques, particulièrement dans l’Andante qui devient une élégante sérénade et pourrait avoir plus de profondeur.


La Quatrième Symphonie de Bruckner bénéficie d’une exécution instrumentale remarquable. La composition inhabituelle de l’orchestre – seize premiers violons, huit violoncelles, six contrebasses – engendre des textures particulièrement légères et transparentes. Les conceptions que pratiquait dans son temps dans cette même ville un Celibidache semblent d’un autre temps. Cette approche trouve sa justification dans le Scherzo, dont les interventions subtiles des bois évoquent Mendelssohn.


Le niveau instrumental se révèle très élevé. Invité issu de Philharmonique de Munich, Matias Pineira au cor est impressionnant. Les équilibres sont gérés avec beaucoup de soin. Les musiciens, très en confiance, ont beaucoup de cohésion.


La vision de Paavo Järvi est cohérente et personnelle, privilégiant la transparence des textures et la clarté des lignes. L’architecture formelle se révèle avec une certaine limpidité. Mais l’allégement systématique des masses sonores prive l’œuvre du poids et de la gravité qui lui sont essentiels. La dimension métaphysique et spirituelle qui fonde l’esthétique brucknérienne se trouve ainsi marginalisée. L’Andante quasi allegretto, traditionnellement conçu comme une méditation bucolique, adopte ici une fluidité qui contraste avec le caractère contemplatif généralement associé à ce mouvement.


Le résultat est fascinant, l’exécution impeccable, mais en voulant trop alléger Bruckner, ne le trivialise‑t‑on pas un peu ?



Antoine Lévy-Leboyer

 

 

Copyright ©ConcertoNet.com