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Haendel à l''honneur

Innsbruck
Tiroler Landestheater et autres lieux
08/16/2002 -  et les 17, 18, 19, 20 et 21 Août 2002

Lieu de référence pour la musique ancienne, le Festival d’Innsbruck a lieu tous les ans au mois d’août depuis plus de vingt-cinq ans, René Jacobs intervenant depuis quelques années en tant que directeur artistique, la gestion de ces « Festwochen » étant par ailleurs assurée par Sarah Wilson. Un des grands mérites de cette manifestation est de proposer parallèlement une Académie d’été à laquelle participent les plus éminents spécialistes de la musique ancienne. Plusieurs concerts d’ailleurs permettent d’entendre élèves et professeurs et de découvrir les futurs interprètes de ce répertoire.
Le fil conducteur de l’édition 2002 est Haendel et plus particulièrement sa carrière londonienne, la pièce de résistance étant une nouvelle production de Rinaldo, premier succès londonien. Beaucoup d’autres œuvres de l’histoire de la musique anglaise de cette période seront ainsi interprétées : du dernier oratorio de Haendel, Jephta, composition de la maturité, aux extraits d’œuvres de son principal rival à Londres, Giovanni Bononcini, depuis tombé dans l’oubli.
Arrivé le 15 août, je n’ai pas pu assister aux premiers concerts du Festival, en particulier aux prestations du claveciniste Kenneth Weiss, du ténor Kobie van Rensburg et de l’ensemble The Sixteen d’Harry Christophers.


De Montpellier à Innsbruck
10, 12, 14, 16* août 2002 (Tiroler Landestheater)
Georg Friedrich Haendel : Rinaldo
Vivica Genaux (Rinaldo), Miah Persson (Almirena/Sirena), Inga Kalna (Armida/Sirena), Lawrence Zazzo (Goffredo), James Rutherford (Argante), Christophe Dumaux (Eustazio), Dominique Visse (Mago cristiano/Araldo),
Nigel Lowery et Amir Hosseinpour (Mise en scène), Nigel Lowery (Décors et Costumes), Amir Hosseinpour (Chorégraphie), Franz-Peter David (Lumières),
Nicolau de Figueiredo et Piers Maxim (Continuo clavecin), Freiburger Barockorchester, René Jacobs (direction musicale et clavecin)
Nouvelle Production. Coproduction Innsbrucker Festwochen, Opéra de Montpellier, Deutsche Staatsoper Berlin
Ce n’est pas sans appréhension que l’on s’ apprête à assister au même Rinaldo qui a déclenché l’ire des chroniqueurs du Concertonet au Festival de Radio-France et de Montpellier. (lire ici)
Pourtant Nigel Lowery a réalisé à l’Opéra de Lille juste avant sa fermeture deux productions (Hansel und Gretel et Der Fliegende Holländer) qui ont laissé le souvenir d’un metteur en scène intelligent, inspiré, poétique doublé d’un décorateur inventif.
Le traitement qu’il inflige à Rinaldo en collaboration avec le chorégraphe Amir Hosseinpour déçoit d’autant plus que ces qualités sont gommées par une volonté de parodier qui, malheureusement, n’en reste pas toujours au stade de l’ironie mais arrive trop souvent à celui de la caricature. Il est bien spécifié sur le livret qu’il s’agit d’un « dramma per musica ». Lowery et Hosseinpour en font un opéra-bouffe où tout est bon pour déclencher le rire du spectateur. Après tout, pourquoi pas ? On ne leur reprochera donc pas d’être allés jusqu’au bout de leur concept décidément bien assumé. Le problème reste que les dimensions poétique, magique, émotionnelle ne trouvent pas leur place dans cette mise en scène. Le personnage d’Almirena, par exemple, élément sentimental moteur, devient alors insignifiant et reléguée au second plan, au profit de celui d’Armida. Celle-ci est d’ailleurs le personnage qui semble avoir le plus fasciné Lowery et Hosseinpour qui réussissent alors une extraordinaire dramaturgie pour le finale du deuxième acte parfaitement réussi. Les sortilèges de la magicienne furieuse de la trahison de son amant Argante (air « Vo’ far guerra ») sont remarquablement illustrés par une insensée transformation corporelle d’Armida, accompagnée par une cadence au clavecin tout aussi délirante. Le talent de comédienne d’Inga Kalna est pour beaucoup dans l’indéniable impact de cette scène complètement déjantée. Théâtre et musique sont alors bien en accord, ce qui n’est pas le cas la plupart du temps.
René Jacobs, lui, respecte la partition d’Haendel à la lettre, tout en faisant preuve d’imagination lorsque des éléments musicologiques font défaut (l’emploi des castagnettes lors de l’apparition des sirènes, l’usage de la harpe dans les continuo, par exemple). Rinaldo est chronologiquement le deuxième opéra de Haendel (1711) après Agrippina. Justement Jacobs dirige celui-ci après celle-là, à Bruxelles et Paris. La rigueur de sa direction lui permet de mener ses troupes avec précision et d’éviter toute monotonie, en particulier par le travail très précis (hypercontrôlé diront certains…) sur le texte et la dynamique des récitatifs, empêchant ainsi une fatale baisse d’attention entre les airs. Ceux-ci sont traités avec souplesse et émotion, avec une attention particulière sur le style lors des « da capo » haendeliens.
Est-ce le même Freiburger Barockorchester qu’à Montpellier ? A Innsbruck, en tout cas, cette formation se révèle de premier ordre, sans qu’aucun défaut ne trouble le déroulement de la représentation. On louera en particulier les trompettes naturelles qui ne se laissent pas démonter par la difficulté de leurs interventions (« Or la tromba » !) et par Nicolau de Figueiredo, excellent continuiste qui a l’occasion de briller dans la cadence de l’air de furie d’Armida.
Les choix artistiques de René Jacobs peuvent bien-sûr être discutés comme ceux de tout musicien créatif : il n’en demeure pas moins qu’ils sont stylistiquement cohérents et éminemment respectables. Il sera peut-être intéressant d’attendre la prochaine parution de l’enregistrement de l’œuvre réalisée par Harmonia Mundi entre les représentations de Montpellier et d’Innsbruck.
Jacobs a fait appel à de jeunes chanteurs, certains contestables, comme Vivica Genaux, annoncée comme une révélation et qui déçoit par sa projection insuffisante, ses graves détimbrés, son aigu cotonneux ; pourtant le travail sur le style avec Jacobs a porté ses fruits : elle sait triller merveilleusement, nous offre une belle démonstration de « messa di voce » dans l’air « Cara Sposa » et vocalise avec netteté. Inga Kalna est une si fabuleuse personnalité et interprète qu’on lui pardonne bien volontiers une vocalisation hors propos au premier acte et un suraigu acide et serré (ce qui ne l’empêche pas de rajouter pour cette dernière représentation lors d’une cadence un contre-ré surprenant !). Miah Persson a plus de mal à s’imposer tant le personnage d’Almirena verse dans la fadeur dans cette production ; elle réussit néanmoins une belle interprétation vocale (timbre d’une belle couleur fruitée), arrivant même à émouvoir pendant son « Lascia ch’io pianga » malgré l’inadéquation de la mise en scène. James Rutherford, après un début difficile (lourdeur des vocalises lors de son entrée) incarne Argante avec une indéniable autorité vocale.
Mais ce sont les contre-ténors qui donnent le plus de satisfactions (en mettant de côté la courte apparition d’un Dominique Visse bien fatigué) : Lawrence Zazzo, déjà apprécié dans Agrippina est devenu un spécialiste très sur de ce répertoire et surtout, bien que dans un rôle somme toute secondaire, la révélation de la soirée est apportée par Christophe Dumaux, faisant ses débuts professionnels scéniques, jeune interprète français sur qui il faudra compter.


Le rival de Haendel
16, 17* août 2002 (Spanischer Saal, Schloss Ambras)
Giovanni Bononcini : Il Trionfo di Camilla regina de’Volsci (extraits)
Astarto (extraits)
La nemica d’amore fatte amante

Nuria Rial (Soprano), William Purefoy (Contre-ténor), Riccardo Novaro (Baryton),
La Cetra Barockorchester Basel, Attilio Cremonesi (Direction musicale)
Dans la splendide et intime Salle espagnole du Château Ambrass, sur les hauteurs d’Innsbruck, dans des conditions acoustiques idéales, est proposé ce concert permettant de découvrir un compositeur contemporain de Haendel : Giovanni Bononcini (1670-1747) fut, après un début de carrière italien, parisien et viennois, le principal rival de Haendel dans l’ intense vie musicale londonienne qui vit dans le public deux clans s’affronter autour des deux musiciens se terminant, après un succès initial de l’Italien, par son départ de Londres pour Vienne lorsqu’il perdit le soutien de sa protectrice qui n’apprécia pas que Bononcini s’attribue une composition qui n’était pas de lui mais d’Antonio Lotti !
Il est depuis resté dans l’oubli. Malgré ce que pensaient Charles Burney (dans son Histoire de la Musique) et de nombreux musicologues de Bononcini, le méprisant au profil de son rival Haendel, ses compositions mériteraient pourtant qu’on les redécouvre, comme le démontre assez aisément ce concert intéressant à plus d’un titre.
La « Senerata » La nemica d’amore fatte amante (1693), composée à Rome, assurant avec inventivité les conventions de l’époque (récitatifs alternant avec des airs avec « da capo ») est précédée d’extraits de deux opéras : Il Trionfo di Camilla regina de’Volsci créé à Naples en 1696, qui lança sa carrière et fut adapté pour Londres en 1706 avec beaucoup de succès et Astarto (1720), l’opéra qui lui ouvrit les portes des scènes londoniennes, œuvres nécessitant des interprètes virtuosité et expression.
Outre l’intérêt évident d’entendre à nouveau ces œuvres, ce concert permet de placer beaucoup d’espoir en Attilio Cremonesi, ancien assistant et continuiste de René Jacobs avec qui il partage le souci de la précision, le sens des contrastes, le travail sur le texte, particulièrement dans les récitatifs. Il dirige une jeune formation baroque créée en 1999, La Cetra Barockorchester Basel, déjà d’un excellent niveau (on louera particulièrement la virtuosité sans faille du premier violon David Plantier).
Le trio vocal est quelque peu déséquilibré par le contre-ténor anglais William Purefoy, au timbre d’une rare séduction mais qui ne se soucie pas du texte dans les récitatifs de la sérénade (les rendant ennuyeux) et qui trouve ses limites dans les vocalises périlleuses, au contraire des deux autres interprètes. La soprano catalane Nuria Rial au timbre capiteux, à l’italien impeccable et à la virtuosité irrésistible (reste à corriger une respiration trop perceptible) et le brillant baryton italien Riccardo Novaro qui, malgré un engorgement du timbre, fait preuve d’une grande musicalité et d’une technique lui permettant de dominer les vocalises les plus vertigineuses.


Concerts du midi
18 août 2002, 13 heures (Musikpavillon, Hofgarten)
Francesca Caccini : Dov’io credea le mie speranze. Sopra la Romanesca
Settimia Caccini : Due luci ridenti
Isabella Leonarda : Sonata Settima, Sonata Decima
Barbara Strozzi : Hor che Apollo
Barbara Maria Meda : Cari musici

Concerto delle Dame : Tomoko Koike (Soprano), Yayoi Masuda, Rei Hoshino (Violons baroques), Yuki Aihara (Viole de gambe), Yuu Yashima (Violoncelle baroque)
Le festival donne l’occasion à des élèves des Académies de se produire lors de concerts à l’heure de table, en plein air, dans le pavillon de musique du principal parc d’Innsbruck. Ce dimanche, par exemple, un ensemble de musiciennes japonaises formées en Italie propose un programme particulièrement intéressant, consacré aux femmes compositrices du 17ème siècle, dont la plus connue est Barbara Strozzi.
On pourrait souhaiter un peu plus d’engagement encore sur le plan interprétatif (tout cela reste bien lisse et finit par engendrer une certaine monotonie). En revanche, l’ensemble force l’admiration par la maîtrise technique et stylistique dont ses membres font preuve, la soprano Tomoko Koike en particulier.


Pause mozartienne
18 août 2002 , 20 heures (Riesensaal, Hofburg)
Wolfgang Amadeus Mozart : Sonates pour Piano et Violon composées à Vienne :
Sonate KV 377 (1781)
Sonate KV 380 (1781)
Sonate KV 379 (1781)
Sonate KV 376 (1779)
Sonate KV 481 (1785)
Sonate KV 454 (1784)
Sonate KV 526 (1787)

Midori C. Seiler (Violon baroque), Jos van Immerseel (Pianoforte)
Ce concert ponctue les Festwochen de manière très heureuses, en nous éloignant pour un moment des fastes baroques haendeliens et nous ramenant à un répertoire plus épuré, plus sobre, non moins émouvant.
Dans la Riesensaal du Palais Hofburg, lieu chargé d’histoire, Palais dans le plus pur style rococo construit sur les vestiges d’un château médiéval, mais à l’acoustique peut-être pas idéale pour ce concert, les artistes arrivent à maintenir sans faillir l’attention du public pendant la totalité du programme qui dure quand même deux heures quarante, et cela sous une chaleur étouffante, que l’on finissait par oublier.
Ils ont eu raison de proposer ce programme et offrant après la pause trois œuvres de la maturité, nous entraînant dans une expérience inoubliable.
Car comment résister au violon éloquent de Midori C. Seiler, à son legato qui fait merveille dans les « andante » et sa technique éblouissante qui ne met jamais de côté l’émotion ?
Comment ne pas se dire que Jos van Immerseel est décidément l’un des plus grands interprètes du pianoforte, tant il met de tact dans son toucher, de variations dans les couleurs sonores et de contrastes dans son jeu ?
Les deux interprètes forment une symbiose leur permettant d’avoir à peine besoin de se regarder pour jouer ensemble, tout en s’individualisant comme deux personnalités bien distinctes et complémentaires.
L’émotion est totale de la première à la dernière note. Rarement la notion de temps suspendu aura-t-elle été autant ressentie, surtout en deuxième partie proposant les trois sonates les plus tardives, véritables sommets de la musique de chambre.
Un enregistrement de ce programme par ces rares musiciens s’impose !


Notturno
18 août 2002, 23 heures (Spitalskirche)
Johan Pachebel : Canon e Gigue
Heinrich Schütz : Ich liege und schlafe SWV 310
Hütet Euch SWV 351
Giovanni Gabrieli : Sonata XXI pour trois violons et basse continue
Giovanni Battista Fontana : Sonata 16
Henry Purcell : Evening Hymn
Three Parts upon a Ground
Johann Heinrich Schmelzer : Sonata für drei Violinen
Franz Tunder : Salve soelestis mater

Richard Wistreich (Basse)
Three Parts upon a Ground : John Holloway, Stanley Ritchie, Rachel Podger (Violons baroques), Nigel North (Theorbe), Aloysia Assenbaum (Orgue)
Il faut courir à la Spitalskirche après le récital Mozart pour arriver à l’heure à un miniconcert nocturne proposé par les professeurs des Sommerakademie.
Surtout après l’expérience émotionnelle précédente, il peut sembler difficile de mobiliser une attention bien sollicitée auparavant. Et pourtant dès les Canon et Gigue de Pachebel, le charme agit immédiatement et l’on boit comme du petit lait la musique offerte par les meilleurs interprètes du répertoire en question.
Idéal pour terminer un dimanche particulièrement musicalement dense et réussi.


Missa Cantilena
19 août 2002 (Stiftskirche Wilten)
Matteo da Perugia : Gloria « Rosetta », Gloria « En attendant »,Credo, Agnus Dei «Ave sancta mundi salus »
Antonio Zaccara da Teramo : Gloria « Fior gentile », Credo « Du Village »
Anonyme : Kyrie « Rondello », Hallelujah « Deus manifeste », Secreta « Non voler donna », Sanctus « Benedicitur Marie Fillius », Sanctus « Madriguale », Sanctus, Benedicamus Domino

Mala Punica : Tina Aagaard, Claudine Ansermet, Lavinia Bertotti, Sabine Lutzenberger, Barbara Zanichelli (Sopranos), Alessandro Carmignani, Pascal Bertin (Contre-ténors), Gianluca Ferrarini, Hector Rodriguez (Ténors),
Amandine Beyer, Fahmi Alqhai (Violons), Mara Galassi (Harpe), Pablo Kornfeld (Orgue, Echequier), Alberto Macchini (Cloches), Félix Stricker (Trompette médiévale),
Pedro Memelsdorff (Flûtes à bec et Direction musicale)
L’ensemble Mala Punica se produit chaque année au Festival, habituellement au Château d’Ambrass. Cet été, Pedro Memelsdorff propose la reconstitution d’une messe d’environ une heure, à partir de compositions présentées au 14ème siècle, époque de conflits entre papes et antipapes. Il fait appel principalement à des œuvres religieuses de Matteo da Perugia et d’Antonio Zaccara da Teramo qui, partant d’éléments de musique italienne profane, transformèrent les mélodies des ballades et des madrigaux en motifs liturgiques, utilisés pour cette reconstitution.
Malheureusement, les subtilités de l’interprétation se perdent dans l’immensité de la Stiftskirche, quelque peu inadaptée pour cette occasion et le concert ne peut éviter l’écueil de l’ennui. Seul le Benedicamus Domino conclusif, les chanteurs se déplaçant au milieu de la nef, peut faire bénéficier au spectateur d’une émotion trop longuement attendue.


Haendel, compositeur d’oratorio
20 août 2002 (Saal Tirol, Congress)
Georg Friedrich Haendel : Jephta
Kobie van Rensburg (Jephta), Rosemary Joshua (Iphis), Patricia Bardon (Storgé), William Purefoy* (Hamor), D’Arcy Bleiker (Zebul), Louise Kateck (Angel)
*remplaçant Michael Chance, souffrant
Clare College Choir Cambridge, Tim Brown (Chef des chœurs)
Orchestra of the Age of Enlightenment, René Jacobs (Direction musicale)
Parallèlement à Rinaldo, œuvre de jeunesse, opéra sans chœur, René Jacobs propose judicieusement le dernier oratorio de Haendel, composé en 1751 pour Londres et qui offre cette fois la part du lion au chœur. D’emblée soulignons l’excellence du Clare College Choir Cambridge, harmonieux, sûr, sonore, musical dont l’une des soprani interprète avec aplomb le rôle de l’ange ! De même, l’Orchestra of the Age of Enlightenment, formidable orchestre sur instruments d’époque, rend parfaitement justice à l’œuvre, sous la direction experte de Jacobs.
La distribution réunie a souffert du forfait de Michael Chance, dignement remplacé par William Purefoy, à qui Haendel convient mieux que Bononcini (l’expressivité demeurant toujours son point faible) mais réunit des solistes de haut vol. Nous retrouvons ainsi avec plaisir Rosemary Joshua, Poppea dans Agrippina à la Monnaie, toujours aussi fine musicienne et Patricia Bardon, récemment excellent Orlando à l’Opéra des Flandres, timbre somptueux et expression bouleversante. Nous découvrons la jeune basse D’Arcy Bleiker à la voix solide et expressive. Enfin Kobie van Rensburg confirme son talent de saison en saison (depuis sa mémorable prestation dans La Divisione del Mondo de Legrenzi, point fort du Festival 2000), toujours expressif et vocalisant à la perfection. Nous l’attendons avec impatience en Belshazzar (à Bruxelles, sous la direction de Jacobs) ;
Une soirée mémorable.


Patrocinium Musices
21 Août 2002 (Hofkirche)
Cesare Bendinelli : Sonata N° 336
Orlando di Lasso : Ergo rex vivat à 8, Timor et tremor à 6, Musica Dei Dominum à 6
Andrea Gabrieli : Benedicam dominum à 12, Eructavit Dominum à 10, Laudate Dominum à 10
Hans Leo Hassler : Toccata I
Tiburtio Massaino : Canzona 39 à 16, Canite tuba in Sion à 5
Heinrich Scheidemann : Omnia, quae fecisti
Anonyme : Fanfare(1582)

Heidi Rothe, Michal Okon, Ulrike Blessing, Griet de Geyter (Sopranos), Didier Samson (Ténor), Marek Fras, Wolfgang Weiss (Basses), Dieter Demetz, Markus Eli, Martin Flör, Leonid Gouriev, David Kjar, Sebastian Kuhn, Helmut Pöhner, Birger Rudisch, Felix Wilde (Trompettes), Gerhard Cazzanelli, Hikaru Furue, Matej Krajter, Christian Kramer, Volker Prinz, Hans-Georg Schaub, Christoph Scheerer, Bruni Scheyhing, Peter Scheyhing, Jochen Specht, Jan Ströhle, Brigitte von Passavant (Trombones), Martina Bulla, Murray Campbell, Matthias Linke, Helmut Meixner, Friederike Otto, Caroline Van Dyck (Cornets), Simon Carlyle, Wolfgang Mücke (Dulcianes), Jun Okada (Violon), Véronique Musson-Gonneaud (Harpe), Bernhard Lang, Lars Sjöstedt, Bernabe Palabay, Peter Kaplar (Orgue),
Charles Toet, Bruce Dickey (Direction musicale)
Le concert de clôture des Académies internationales d’été pour la musique ancienne conclut également et conjointement les Festwochen (qui offriront à la ville d’Innsbruck le soir même une manifestation gratuite consacrée à la Water Music de Haendel).
Il permet d’entendre un ensemble de motets vocaux et de pièces instrumentales du 16ème siècle, dont ceux composés par Gabrieli et Orlando di Lasso (Roland de Lassus), sous la direction de deux des plus grands spécialistes de ce répertoire, le tromboniste Charles Toet et le cornettiste Bruce Dickey.
La qualité de ce concert rend bien compte du dynamisme de ces Académies, capables d’offrir un enseignement de pointe à de jeunes instrumentistes ou chanteurs qui seront peut-être les interprètes de demain.

Les prochaines « Innsbrucker Festwochen » auront lieu du 9 au 24 août 2003. Un seul opéra sera programmé du fait de travaux au Tiroler Landestheater : une nouvelle production de l’Orfeo de Monteverdi sera proposée en collaboration avec le Staatsoper de Berlin. René Jacobs dirigera le Collegium Vocale de Gand et l’Académie de musique ancienne de Berlin, la mise en scène étant confiée à l’australien Barry Kosky avec Stéphane Degout (déjà Orfeo pour Jacobs à la Monnaie) dans le rôle titre, entouré par Veronica Cangemi, Monica Bacelli et Antonio Abete. L’autre opéra prévu, Giulio Cesare in Egitto, rareté d’Antonio Sartorio est reporté à l’année suivante. De nombreux concerts sont d’or et déjà programmés : Concerto Palatino (Bruce Dickey), Anima Eterna (Jos van Immerseel), Christophe Coin, Victor Torres…
Le programme détaillé sera annoncé mi-octobre.


Le site du Festival



Christophe Vetter

 

 

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