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Jusqu’au-boutisme

Biarritz
Bayonne (Espace Lauga)
09/09/2023 -  6 juillet (Châteauvallon), 10 (Bayonne), 16, 17 (Paris) septembre, 15, 16, 17, 18, 20, 21 novembre (Lyon) 2023, 15, 16 février (Caen), 7, 8, 10 mars (Mulhouse), 2, 3, 4, 6, 7 (Strasbourg), 11, 12 (Amiens) avril 2024
On achève bien les chevaux
Bruno Bouché, Clément Hervieu-Léger, Daniel San Pedro (adaptation, mise en scène, chorégraphie)
Noé Codjia, M’hamed El Menjra, Maxime Georges, David Paycha (musiciens)
Bogna Grazyna Jaroslawski, Aurélie Maestre (scénographie) Caroline de Vivaise (costumes), Alban Sauvé (lumières), Nicolas Lespagnol-Rizzi (son)
Claude Agrafeil, Louis Berthélémy, Luca Besse, Clémence Boué, Stéphane Facco, Josua Hoffalt, Juliette Léger, Daniel San Pedro, Muriel Zusperreguy, CCN •  Ballet de l’Opéra national du Rhin


(© Juliette Parisot)


Très perturbé par la pluie lors de sa création en juillet dernier au Festival de Châteauvallon, le spectacle collectif On achève bien les chevaux a pu se dérouler deux jours de suite sans encombre malgré le chaleur à Bayonne dans le cadre du festival biarrot Le Temps d’Aimer la danse.


Pour recréer cette histoire américaine de l’époque de la dépression des années 1930 en Californie, d’après le roman They shoot horses, don’t they? (1935) de Horace McCoy ayant inspiré le film multi‑oscarisé de Sydney Pollack en 1969 avec Jane Fonda et Michael Sarrazin, Bruno Bouché, directeur du Ballet de l’Opéra du Rhin, Clément Hervieu‑Léger de la Comédie-Française et Daniel San Pedro, directeur de la Compagnie des Petits Champs, ont joint leurs forces et leur talents.


Le résultat est un formidable spectacle, très théâtral, à la réalisation très lisible et habile sachant qu’elle doit résumer en une heure et demie une action qui se passe sur plusieurs jours. Il s’agit d’une épreuve marathonesque consistant à sélectionner un couple de danseurs tombés dans la misère parmi des dizaines qui doivent danser dans des conditions particulièrement difficiles jusqu’à épuisement de leurs forces.


Daniel San Pedro mène ce derby géant avec beaucoup de brio dans le rôle de Socks, directeur de ce concours inhumain, régnant sur l’épreuve aux règles d’un sadisme raffiné à l’aide de ses acolytes et infirmiers, neuf comédiens en tout. La musique de scène, particulièrement bien choisie, est jouée par quatre musiciens. Et les trente‑deux danseurs, dont deux, Muriel Zusperreguy et Josua Hoffalt, sont des anciens du Ballet de l’Opéra de Paris, réalisent le tour de force de danser en groupe d’un bout à l’autre du spectacle tout en jouant leurs rôles individuels, chaque couple de candidats se distinguant des autres par son histoire personnelle.


Pour réussir cette illusion de réduire le temps réel (l’action est censée se dérouler en soixante‑trois jours ) jusqu’au coup de théâtre final, l’action se fige parfois le temps qu’un danseur exprime ses états d’âme en un petit monologue. A la fois car la sonorisation n’était pas optimale et parce que on ne peut espérer que les danseurs soient de parfaits comédiens, ces petits intermèdes étaient le point faible du spectacle, détail auquel la longue série de représentation annoncée pourra certainement remédier.


Expérience de danse théâtrale originale, qui met aussi les danseurs face à leur problématique quotidienne de blessures et d’épuisement, le spectacle fait largement participer un public comme pris en otage voire complice de cette entreprise humainement contestable. La Salle Lauga de Bayonne, beau gymnase aux gradins disposés frontalement et quasi‑arène, s’y prêtait d’autant plus parfaitement que la chaleur accablante tout comme les moustiques-tigres qui avaient bien profité pour attaquer au crépuscule les spectateurs lors de la démonstration du groupe basque Kukai Danza réglée par Martin Harriague sur le parvis de la salle et donnée en préambule à la représentation, les avaient mis dans des conditions certes moins éprouvantes que celles des candidats, mais de nature à ressentir plus de compassion pour leur calvaire !



Olivier Brunel

 

 

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