About us / Contact

The Classical Music Network

Gstaad

Europe : Paris, Londn, Zurich, Geneva, Strasbourg, Bruxelles, Gent
America : New York, San Francisco, Montreal                       WORLD


Newsletter
Your email :

 

Back

Une Nature en souffrance

Gstaad
Eglise de Saanen
08/20/2023 -  
Joseph Haydn : Die sieben letzten Worte unseres Erlösers am Kreuze, Hob. XX.1
Camerata Bern, Christian Tetzlaff (direction)
René Liebert (vidéo)




Conçue comme d’habitude par son directeur général et artistique Christoph Müller, la soixante‑septième édition du Festival et de l’Académie Menuhin de Gstaad est placée cette année sous le signe de « l’humilité ». 2023 marque ainsi la première étape d’un cycle de trois ans consacré au « Changement » (2023‑2025) – avec comme finalité de repenser l’ensemble de son organisation dans une perspective de durabilité, et en particulier d’atteindre la neutralité carbone au plus vite...


Temps fort de cette édition, le cycle de concerts baptisé « Music for the Planet », imaginés par l’« ambassadrice » Patricia Kopatchinskaja, artiste engagée qui entend transmettre l’urgence à travers trois concerts lors de la mouture 2023 du festival, dont cette exécution des Sept Dernières Paroles du Christ en Croix de Haydn, qu’elle devait défendre à la tête de la Camerata de Berne. Las, la violoniste moldave a dû jeter l’éponge pour raisons de santé, remplacée par Christian Tetzlaff. C’est donc la version pour orchestre seul qui a été ici retenue, alors qu’il existe une version avec chœur – ainsi que les plus communes versions pour piano ou quatuor à cordes.



(© Emmanuel Andrieu)


Comme son titre l’indique, Les Sept Dernière Paroles est une œuvre religieuse qui invite à suivre et ressentir les souffrances du Christ sur la Croix, et une mise en parallèle avec une planète en état de souffrance est ici montrée, au travers d’images vidéo conçues par René Liebert, qui ponctuent, comme prélude, chacun des sept adagios qui constituent l’ouvrage de Haydn. Défilent ainsi tour à tour des images d’océans pollués, de feux ravageant des forêts ou à l’inverse d’inondations catastrophiques, mais aussi des images de surpêche, de destruction forestière et toutes sortes de calamités climatiques ou de destructions liées à l’activité humaine.


L’interprétation musicale va également dans ce sens de fardeau douloureux, grâce à une Camerata de Berne extrêmement inspirée, qui égrène des mélodies plaintives ou plus extériorisées, sur fond de modulations parfois osées, mais toujours exposées de manière proportionnée, sans excès. L’équilibre entre les différents pupitres est impeccable, avec une précision indéniable dans le phrasé et l’accentuation. Des cuivres présents et ronds, des cordes et des bois aux sonorités équilibrées, douces et expressives, captent l’attention. La qualité des solos de violon de Christian Tezlaff est cependant fluctuante, comme si l’artiste était indisposé par la chaleur inhabituelle régnant à Gstaad (30 degrés !), comme un peu partout en Europe en cette fin d’été caniculaire – ce qui donne un peu plus de poids aux images et au sens de la soirée ! Le dramatisme atteint son point culminant avec le Tremblement de terre (le fameux Il terremoto) qui conclut triomphalement l’œuvre (Presto con tutta la forza) et qui réunit l’ensemble de l’effectif instrumental. Un morceau qui fait toujours son petit effet sur l’audience, celle de la très chic station helvético‑alpine n’échappant pas à la règle, qui applaudit bruyamment à l’issue du concert.


Le site des Gstaad Menuhin Festival & Academy



Emmanuel Andrieu

 

 

Copyright ©ConcertoNet.com