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Normandie
Mézidon Vallée d’Auge (Haras de Lécaude)
07/28/2023 -  
Eduardo Falú : Tonada de un viejo amor (* & +)
Aníbal Cuadros : Compadre del sol (* & +)
Jorge Vinas : Sueno de la vendimia (* & +)
Tito Francia : Regreso a la tonada (* & +)
José Adimanto Zavala : Calle Angosta (* & +)
Aníbal Troilo : Sur (#) – La trampera (# & +)
Leopoldo Federico :Bandola zurdo (# &)
Homero Expósito :Flor de lino (# & +)
Astor Piazzolla :Vuelvo al sur (# & +) – Chiquilín de Bachín (* # & +)
Cátulo Castillo : Silbando (# & +)
Carlos Gardel : Volver (* # & +)
Mariano Mores : Uno (* # & +)
Gustavo Leguizamón : La pomena (* # & +)
Carlos Carabajal : Entre a mi pago sin golpear (* # & +)

Mariana Flores [*] (soprano)
William Sabatier [#] (bandonéon), Quito Gato [&] (guitare, clavier), Romain Lecuyer [+] (contrebasse)


M. Flores (© Johan Clément)


En cette fin juillet, la Normandie semble en être déjà à l’automne sans être passée par la case « été » et c’est actuellement l’hiver en Argentine, mais Mariana Flores (née en 1980) et ses amis musiciens ont fait monter la température de quelques degrés dans un de ces sites inhabituels que les Promenades musicales en pays d’Auge (PMPA) s’attachent à mettre en valeur, en l’occurrence le manège couvert du haras de Lécaude, à une dizaine de kilomètres au sud‑ouest de Lisieux. Afin de bénéficier pleinement de ce lieu hors norme, le festival a proposé en avant‑concert une démonstration de polo – Argentine oblige – suivie d’un pique‑nique, le tout au soleil à la faveur d’une des rares éclaircies durables de la semaine. Et pour le concert, les conditions se sont révélées excellentes, avec une sonorisation satisfaisante et, comme la veille, la mise à disposition de feuillets incluant les textes des chansons et leur traduction ainsi qu’une chronologie parallèle de l’histoire de l’Argentine, d’un côté, et de ses genres musicaux (milonga, tango), de l’autre.


On connaît bien sûr la soprano argentine dans l’univers baroque : la tonada fait d’ailleurs le lien avec ce répertoire, dans lequel elle s’illustre notamment avec la Cappella Mediterranea de son époux Leonardo García Alarcón. Mais beaucoup des spectateurs auront découvert dans ce programme intitulé « Estrellas argentinas » sa passion pour la musique de son pays qu’elle « chante à la maison » et qu’elle nous fait le privilège de partager : chansons populaires, milongas et, bien sûr, tangos, de Mendoza (sa ville natale) à Buenos Aires, dans des arrangements de Quito Gato, qui alterne entre la guitare et le clavier.


Structuré en trois temps – les deux premiers mettant successivement en valeur la cantatrice puis le bandonéoniste William Sabatier, le deuxième purement instrumental et le troisième associant tous les artistes – le programme déploie un large éventail de styles et d’expressions, de l’insidieuse mélancolie du tango aux déhanchements exubérants de la chacarera finale, où les qualités coutumières de Mariana Flores – justesse, vibrato très restreint, homogénéité des registres, soin apporté au phrasé et à l’articulation – font merveille. Altière, ne cédant pas aux excès de sentimentalisme, elle n’en diffuse pas moins une émotion poignante quand le propos s’y prête. William Sabatier n’est pas en reste et, en solo ou bien simplement accompagné par le contrebassiste Romain Lecuyer, s’abandonne à une sorte d’état de transe auquel il est également difficile pour l’auditeur de résister.



Simon Corley

 

 

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