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Singing Ravel (in the Rain)

Normandie
Saint-Pierre-en-Auge (Abbatiale de Saint-Pierre-sur-Dives)
07/27/2023 -  et 30 janvier (Metz), 18 mai (Epinal), 21 août (Saint‑Jean‑de‑Luz) 2022, 8 juillet (Bruère‑Allichamps), 7 août (Saint‑Gervais), 12 décembre (Privas) 2023
Maurice Ravel : Pavane pour une infante défunte (transcription Thibault Perrine) – Ma mère l’Oye : « Pavane de la Belle au bois dormant » & « Le Jardin féerique » (transcription Thierry Machuel) – Ronsard à son âme (transcription Gérard Pesson) – Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé : 1. « Soupir » (transcription Clytus Gottwald) – L’Enfant et les Sortilèges : « Toi, le cœur de la rose » (transcription Clytus Gottwald) – Trois Chansons –  : « La Vallée des cloches » (transcription Clytus Gottwald) – Shéhérazade : 2. « La Flûte enchantée » & 3. « L’Indifférent » (transcription Gérard Pesson) – Boléro (transcription Thibault Perrine)
Les Métaboles, Léo Warynski (direction)


(© Johan Clément)


A l’extérieur, en cet été maussade, c’est Singing in the Rain ; à l’intérieur, en l’église Notre‑Dame (XIe ‑XVe ) de l’abbatiale de Saint‑Pierre‑sur‑Dives, c’est « Singing Ravel », titre d’un programme de l’ensemble vocal Les Métaboles que les Promenades musicales du pays d’Auge ont bien fait d’accueillir au cours de leur vingt‑neuvième édition.


L’œuvre choral a cappella de Ravel suscite en effet de la frustration, car il ne comporte qu’une seule partition, les Trois Chansons de 1915, dont la qualité d’écriture et d’inspiration accroît encore la frustration que le compositeur s’en soit tenu là. Alors, comme toujours en pareille circonstance, lorsque le répertoire manque, il faut transcrire, ce qui est heureux quand on dispose d’experts en la matière tels Clytus Gottwald, Thierry Machuel, Thibault Perrine et Gérard Pesson, dont la « patte » est à chaque fois bien perceptible. Et en maintes occasions, ce travail paraîtra presque plus ravélien que Ravel...


Comme il s’agit parfois de pièces pour piano (deux mains ou quatre mains), il faut donc, pour passer aux voix, ajouter des mots, ceux de la pavane Belle qui tiens ma vie de Thoinot Arbeau qui vont comme un gant à la Pavane pour une infante défunte (1899), un poème de Verlaine pour « La Vallée des cloches », ou bien des textes originaux de Benoît Richter pour les deux extraits de Ma mère l’Oye (1910). Au demeurant, le festival a remarquablement fait les choses, en reproduisant l’ensemble des textes dans les feuillets de programme remis gracieusement aux spectateurs.


Cela étant, les autres œuvres transcrites sont pour la plupart destinées originellement à une voix soliste – avec piano dans Ronsard à son âme (1924), avec ensemble instrumental dans « Soupir » (1913) et avec orchestre dans Shéhérazade (1903) et « Toi, le cœur de la rose » de L’Enfant et les Sortilèges (1925). Et il reste Boléro (1928) – pas de Ravel sans Boléro, bien sûr –, où Thibault Perrine se dispense de paroles mais compense par des imitations à la manière des Swingle Singers de la grande époque et avec moult « effets spéciaux » – bouche fermée pour le premier énoncé du thème, sifflements, mains frappées sur le corps, pieds martelant le sol – y compris visuels lorsqu’à la fin, le ténor joint le geste à la voix pour évoquer les cymbales.


La performance est à la hauteur de la réputation de l’ensemble vocal, tant collectivement, avec notamment des sopranos particulièrement sollicitées dans l’aigu, qu’individuellement, la plupart des arrangements conférant un rôle soliste à certains des chanteurs. L’équilibre entre les pupitres, le travail sur les couleurs instrumentales, l’expression et le sens narratif forcent l’admiration. Une seule réserve : l’acoustique presque nécessairement réverbérante de ce type de bâtiment ne facilite pas la perception du texte et, dans Boléro, de l’orchestration d’origine, à commencer par le rythme inlassablement marqué par la caisse claire. Le public n’en a pas moins raison de réserver une ovation debout aux vingt‑quatre chanteurs et à leur chef, qui reprennent en bis la coda de Boléro.


Le site de Léo Warynski
Le site de l’ensemble vocal Les Métaboles



Simon Corley

 

 

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