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Le retour à Paris de Fabien Gabel

Paris
Maison de la radio et de la musique
05/12/2022 -  
Igor Stravinski :Le Chant du rossignol
Francis Poulenc : Concerto pour deux pianos
Florent Schmitt : Rêves, opus 65 – Psaume XLVII, opus 38

Marie Perbost (soprano), Katia et Marielle Labèque (piano)
Chœur de Radio France, Martina Batic (chef de chœur), Orchestre national de France, Fabien Gabel (direction)


F. Gabel (© Stéphane Bourgeois)


Ancien assistant de Kurt Masur, longtemps directeur de l’Orchestre symphonique de Québec, Fabien Gabel, une des meilleures baguettes françaises de sa génération, fait une belle carrière et ses concerts parisiens satisfont toujours, surtout quand il met à l’affiche des œuvres peu fréquentées. Rêves et le Psaume XLVII, du trop négligé Florent Schmitt, ont ainsi constitué le principal attrait du dernier programme d’un Orchestre national en grande forme.


L’impressionnisme du poème symphonique inspiré de Léon‑Paul Fargue, avec ses chatoiements délicats, flatte cette direction aussi attentive aux combinaisons de timbres qu’à la clarté des textures. La rutilance jubilatoire de la fresque chorale a révélé un bâtisseur, à la fois fougueux et maître de lui, ordonnant d’un bras très sûr les déferlements de l’orgie sonore, dans une lecture très pulsée, aux rythmes acérés. Mais la baguette s’arrondit en courbes sensuelles pour le passage central, où Marie Perbost, sans être le grand soprano lyrique attendu, déploie une belle ligne de chant. Préparé par Martina Batic, le chœur assure, même si les redoutables aigus des parties de soprano ou de ténor accusent de sérieuses tensions. Le chef français reviendrait‑il pour diriger Salammbô, Antoine et Cléopâtre, Oriane et le prince d’amour, sans parler de la plus connue Tragédie de Salomé ?


Le concert a commencé par un Chant du rossignol de Stravinsky bien charpenté, aux parties naturellement enchaînées, un peu à la pointe sèche, où se ressent plus le souvenir de Petrouchka ou du Sacre que celui de L’Oiseau de feu ou du Coq d’or rimskien. Fabien Gabel y adopte une perspective plus symphonique que chorégraphique, contrairement à ceux qui font de la partition une sorte de Rossignol réduit, avec la complicité d’un orchestre à la virtuosité gorgée de couleurs. Le Concerto pour deux pianos de Poulenc n’est pas moins tenu, un peu trop peut‑être dans la gouaille. Il offre en tout cas un bel écrin aux inoxydables sœurs Labèque, toujours identifiées aux clins d’œil canailles ou aux effusions lyriques de la partition, percussives ou attendries – la poésie de la fin de l’Allegro ma non troppo et du Larghetto ne leur échappe pas. En bis, « Le Jardin féerique » de Ma mère l’Oye de Ravel.


La saison prochaine, Fabien Gabel dirigera Carmen à Bastille.



Didier van Moere

 

 

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