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Verdi en chœurs et en images

Saint-Etienne
Grand-Théâtre Massenet
06/03/2016 -  et 5, 7* juin 2016
Giuseppe Verdi : Nabucco
André Heyboer (Nabucco), Cécile Perrin (Abigaïlle), Nicolas Cavallier (Zaccaria), Marie Karall (Fenena), Jean-Noël Briend (Ismaël), Yuri Kissin (Le Grand Prêtre), Jérémy Duffau (Abdallo), Elodie Hache (Anna), Arnaud Baldaquin, Florent Cazeneuve, Dmitri Chakalov, Charles Guerin, Lilina Nguyen Duy Ngyen, Eddy Thebault, Adrien Ciambarella, Etienne Diallo, Nikola Kirminac, Tristan Gouaillier, Marc Piron, Bruno Simon (Soldats babyloniens), Clémentine Desgranges, Maud Lefebvre, Dejena Poposka (Vierges)
Chœur lyrique Saint-Etienne Loire, Laurent Touche (chef de chœur), Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire, David Reiland (direction musicale)
Jean-Christophe Mast (mise en scène), Jérôme Bourdin (décors, costumes), Pascal Noël (lumières), Laurence Fanon (chorégraphie)


S’il a ouvert sa première saison avec une rareté française, Le Médecin malgré lui de Gounod, Eric Blanc de la Naulte la referme avec ce que l’on considère comme l’un des piliers succès du répertoire, Nabucco, paradoxalement relativement discret dans les programmations hexagonales, à l’aune d’autres pièces nettement plus représentées. Le succès inaugural de Verdi souffre sans doute d’une dramaturgie souvent jugée quelque peu sommaire, et la production de Jean-Christophe Mast ne cherche pas à la démentir. Opposant le blanc presque immaculé des Hébreux au noir des Babyloniens – rehaussé d’un trait de jaune en dynamique synchrone avec les lances, symbole de leur violence –, les costumes de Jérôme Bourdin se révèlent au diapason d’une conception visuelle efficace, que l’on retrouve dans des décors aux vertus géométriques, et habile dans l’empreinte spatiale. La chorégraphie de Laurence Fanon ne néglige pas le galbe des ensembles, dont elle n’ignore pas les enjeux dans le théâtre lyrique, portés ici à un degré d’acuité tout particulier, et qui ne se résume pas au seul «Va pensiero». Mentionnons encore le travail de Pascal Noël aux lumières, qui confirme l’identité d’une proposition retenant l’essentiel de l’argument comme de la boîte à outils scénographique contemporaine, sans manifester l’intention de dérouter par une relecture iconoclaste.


Dans le rôle-titre, André Heyboer contraste l’insolente assurance du début avec l’humilité subséquente à son foudroiement, tout en laissant lézarder dès son entrée en scène une vulnérabilité qui s’épanouira avec davantage d’à-propos par la suite, une fois chauffé l’instrument. Immédiatement reconnaissable dès les premières notes, Nicolas Cavallier offre un Zaccaria impérieux mais nullement monolithique, et fait montre de sa musicalité admirable, quand bien même d’aucuns décèleront ici et là quelque fatigue passagère, sans conséquence sur la puissance de l’incarnation, aussi pétrie d’humanité que la voix de la basse française. En Abigaïlle, Cécile Perrin témoigne d’une maturation remarquable, où l’incendiaire imprécation augurale, qui caractérise l’orgueil du personnage, se muera, à l’heure du trépas, en émouvant repentir épousant les larmes des violoncelles. On ne peut qu’apprécier cette consonance entre moyens et expressivité. Marie Karall ne manque point d’intensité en Fenena, quand l’éclat de l’Ismaël dévolu à Jean-Noël Briend révèle une fragilité également perceptible dans le timbre. Yuri Kissin s’affirme comme un solide Grand Prêtre, tandis que Jérémy Duffau ne démérite aucunement en Abdallo. Sans oublier l’intervention d’Elodie Hache en Anna, on saluera la qualité du chœur, préparé par Laurent Touche. A la tête de l’Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire, David Reiland s’attache à restituer l’idiome de la partition, sans effets de subtilité déplacés.



Gilles Charlassier

 

 

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