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Sous le signe de Mozart

Saint-Etienne
Grand-Théâtre Massenet
02/05/2016 -  et 7 février 2016
Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°36 en ut majeur «Linz», KV 425 – Grand-Messe en ut mineur, KV 417a [427]
Olivia Doray (soprano), Marie Kalinine (mezzo-soprano), Mark van Arsdale (ténor), Thomas Dear (basse)
Chœur lyrique Saint-Etienne Loire, Laurent Touche (chef de chœur), Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire, José Luis Domínguez Mondragón (direction)


Non content de fédérer un public large, Mozart prodigue d’évidents bienfaits aux formations vocales comme orchestrales, et le concert lyrique programmé autour de la Grand-Messe en ut mineur KV 427 en ce mois de février par Eric Blanc de la Naulte à Saint-Etienne vient en livrer un appréciable témoignage. La première partie de la soirée fait entendre un préambule orchestral exactement contemporain, avec la Trente-sixième Symphonie «Linz». L’accès – sobre – de solennité de l’Adagio augural prélude au frémissement de l’Allegro con spirito dans une mise en place équilibrée où les pupitres se mêlent sans se confondre, favorisant une lisibilité des textures sans excès de didactisme, reconnaissable dans un mouvement lent non exempt de sérénité mélancolique. Le Menuet ne dément pas la modération allante de José Luis Domínguez Mondragón, avant le roulis étourdissant du Presto final où l’Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire fait valoir les mêmes qualités qu’au début de l’ouvrage.


Après l’entracte, la Messe en ut mineur, qui compte parmi les partitions essentielles du répertoire, nonobstant son caractère inachevé, du moins au regard de la liturgie, n’évite pas la parenté stylistique induite par la proximité chronologique de ce qui précède, bien que d’inspiration à l’intériorité plus sensible. La facture contrapuntique s’entend dès le dense Kyrie eleison introductif, maîtrisé par le Chœur lyrique Saint-Etienne Loire, tandis qu’Olivia Doray affirme dès le «Christe eleison» un lyrisme lumineux, juvénile et généreux, à la mesure d’une partie – de loin la plus développé des quatre solistes – écrite pour Constance Weber, que Mozart venait d’épouser. Le contraste avec le reste de la distribution s’avère audible dans le «Domine Deus» du Gloria, où l’émission plus serrée de Marie Kalinine limite la palette de couleurs, et se confirme dans le vivant «Quoniam tu solus» nourri par la saveur des bois, et du basson en particulier. Mark van Arsdale ne démérite dans une ligne de ténor à l’éclat honnête, complétant un ensemble emmené par le babil fruité d’Olivia Doray, où affleure une personnalité prometteuse, également perceptible dans l’«Et incarnatus est» du Credo. Le Sanctus et Hosanna déploie la puissance des doubles chœurs, quand le Benedictus conclusif ajoute l’intervention modeste mais solide de Thomas Dear au quatuor vocal, où l’instinct dramatique rencontre la ferveur religieuse dans une synthèse originale exprimant de concert le plaisir mélodique et la jouissance polyphonique.


La légitimité d’un opéra, identité autour de laquelle s’est rassemblée depuis cette saison la maison stéphanoise, ne se limite pas à la production scénique, et la musique ici ne s’en plaindra pas.



Gilles Charlassier

 

 

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