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Réveillon rossinien

Saint-Etienne
Grand-Théâtre Massenet
12/29/2015 -  et 31* décembre 2015, 3 janvier 2016
Gioacchino Rossini : L’Italiana in Algieri
Aude Extrémo (Isabella), Philippe Talbot (Lindoro), Ricardo Seguel (Mustafà), Jeanne Crousaud (Elvira), Philippe Estèphe (Taddeo), Svetlana Lifar (Zulma), Till Fechner (Haly)
Chœur lyrique Saint-Etienne Loire, Laurent Touche (chef de chœur), Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire, Giuseppe Grazioli (direction musicale)
Nicola Berloffa (mise en scène, costumes), Rifail Ajdarpasic (décors), Gianluca Antolini (lumières)


(© Charly Jurine)


Face à l’obligation festive de la fin d’année, l’Opéra de Saint-Etienne a privilégié le champagne Rossini aux traditionnelles opérettes et autres comédies lyriques ou musicales, de rigueur en cette saison, en important d’Avignon et Marseille une Italienne à Alger par ailleurs passée par Vichy et réglée par Nicola Berloffa, lequel a également dessiné les costumes. Sur fond de tonalités marines ou azuréennes, un dispositif orientalisant unique, imaginé par Rifail Ajdarpasic et rehaussé par les lumières de Gianluca Antolini, dévoile, au gré des rotations, cuisine, salle de réception ou salon, au diapason de la succession des situations campées avec un souci d’efficacité comique, à laquelle se soumet l’attente de réalisme: le factice du carton-pâte participe, paradoxalement, de la crédibilité du drame. Le rythme de l’ensemble subit quelques fluctuations, en synchronie avec l’inventivité théâtrale – le finale du premier acte s’avère meilleur que celui du second, et l’intronisation du Pappataci tourne habilement en dérision les interdits islamiques autour de l’alcool, dont s’enivre le sultan.


La distribution vocale fait la part belle, sinon presque exclusive, à la génération française montante. En Isabella, Aude Extrémo fait valoir une diction maîtrisée et intelligible, magnifiée par une vélocité plus évidente que la sensualité, bridée par le métal un peu uniforme du timbre. Jamais prise en défaut, la technique gagnerait à plus de féminité et de subtilité dans l’incarnation. Lindoro qui sait montrer de belles intentions musicales, Philippe Talbot se montre plus à l’aise dans le legato andante que les aigus vocalisant, où les limites se font plus d’une fois sentir. Jeune baryton éminemment prometteur, Philippe Estèphe ne néglige pas la vis comica de Taddeo, ni les accents de tendresse du personnage, dont il sait esquisser les différentes facettes. Jeanne Crousaud affirme une Elvira audible et empreinte de fraîcheur, qui trouve consolation auprès de la Zulma de Svetlana Lifar, à l’intonation ronde sans verser inutilement dans la matrone. Le métier de Ricardo Seguel ne fait aucun doute à entendre son Mustafà, quand bien même plus d’une oreille attendrait plus de style et de gourmandise derrière les notes, dont aucune ne semble manquer à l’appel. Quant à Haly, il revient à un honnête Till Fechner.


On saluera les chœurs, préparés avec soin par Laurent Touche, ainsi que la direction attentive de Giuseppe Grazioli. Sous la baguette du chef italien, l’Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire respire la dynamique et les saveurs rossiniens. Sans agitation caricaturale, la phalange participe de la vitalité d’un spectacle estimable – à défaut d’être irréprochable. Légitimité ne vaut pas perfection, et l’Opéra de Saint-Etienne l’illustre admirablement.



Gilles Charlassier

 

 

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