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08/22/2026 Robert Schumann : Novelletten, opus 21 – Kreisleriana, opus 16 Adam Laloum (piano)
Enregistré salle Gaveau, Paris (septembre 2024) – 81’08
Harmonia mundi HMM 902748
Must de ConcertoNet

Adam Laloum dans son dernier album offre deux œuvres de Robert Schumann, toutes deux de l’année 1838, dédiées à Clara et en forme de cycles aussi différents que possible.
On connaissait d’Adam Laloum avant toute une série d’enregistrements schubertiens et un seul et magnifique album consacré au piano de Schumann avec sa Première Sonate et l’Humoresque (Mirare), mais aussi le Quintette avec le Quatuor Hanson. L’association des Novelettes et Kreisleriana est tout autant saisissante par le contraste qu’elle offre entre les premières, une série de huit vignettes plutôt dessinées comme de petites danses avec une volonté de récit poétique souvent décousu et la seconde qui, en huit parties aussi, forme un tout, sans autre forme que celle – durchkomponiert – dictée par l’humeur fantasque du musicien très inspirée du poète Ernst Theodor Amadeus Hoffmann. Le texte du livret comporte une analyse très détaillée et pertinente de ces œuvres par Jean‑François Boukobza.
Adam Laloum sait exprimer la grande dualité de la musique de Schumann entre le tourment et l’apaisement, entre les deux extrêmes de l’humeur couramment dénommés Eusebius et Florestan. Les Novelettes, avec leurs nombreuses facettes d’humeurs, se prêtent particulièrement à ce jeu de rôles musical.
Les Kreisleriana sont avec les Danses des compagnons de David ce que Schumann a composé de plus crypté et débridé dans la fantasmagorie. L’interprète doit en maîtriser les innombrables pièges techniques tout en délivrant un message poétique souvent complexe avec de nombreuses sautes d’humeur. Adam Laloum maîtrise tout cela et donne du cycle une interprétation qui se place au niveau des plus inspirées de la discographie (Pollini, Argerich, Freire, Volodos, Catherine Collard, Horowitz...). Sur un piano Steinway qui frappe par sa brillance avec une virtuosité qui va sans dire, il sait adapter sa sonorité toujours généreuse, sans excès, à ces trésors de la littérature pianistique romantique. D’emblée une référence et une pièce majeure supplémentaire de la discographie de ce magnifique pianiste.
Olivier Brunel
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