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08/21/2026
Giovanni Battista Pergolesi : L’Olimpiade
Anicio Zorzi Giustiniani (Clistène), Carlotta Colombo (Aristea), Silvia Frigato (Argène), Josè Maria Lo Monaco (Licida), Theodora Raftis (Megacle), Matteo Straffi (Aminta), Francesca Ascioti (Alcandro), Orchestra Ghislieri, Giulio Prandi (direction)
Enregistré en public au Théâtre Pergolesi, Jesi (21 et 23 novembre 2025) – 142’41
Coffret de deux disques Arcana A598 (distribué par Outhere) – Notice (en anglais, français, italien) de Claudio Toscani et Fabio Ceresa





Bien que dominée par son célébrissime Stabat Mater, l’œuvre de Giovanni Battista Pergolèse (1710‑1736) est bien plus diversifiée que ne le laisserait croire ce seul chef‑d’œuvre. N’oublions pas notamment qu’il fut, comme nombre de musiciens de son temps, un compositeur lyrique assez riche, sa courte existence ne lui ayant malheureusement pas permis d’être aussi prolifique qu’on aurait pu l’espérer. Fondée sur un livret de Métastase, L’Olimpiade (1735) ne connaissait jusqu’alors qu’une seule gravure au disque, enregistrée en concert au mois d’août 2010 sous la baguette d’Alessandro de Marchi ; en voici une seconde, si l’on excepte la version vidéo qui existe également sous la direction d’Alessandro de Marchi, mais avec une réussite moindre (voir ici). Même si la comparaison entre les deux versions est intéressante, signalons tout de suite que ce n’est pas la même édition qui sert à chacune des versions, la présente étant courte de plus de quarante minutes de musique par rapport à la précédente.


L’intrigue de L’Olimpiade est d’une grande complexité et repose, comme souvent à cette époque, sur des jeux amoureux sous couvert de duperies, travestissements, et dialogues sur le thème de « je t’aime moi non plus ». Aristea, fille du roi Clistène, est amoureuse de Megacle qui, pour sa part, était promis à la princesse crétoise Argène. Après diverses péripéties, l’issue de tout cela s’avère des plus heureuses puisque Licida (sous les traits duquel Megacle s’était caché pour participer aux jeux Olympiques organisés par Clistène et ayant pour prix la main de sa fille Aristea) épouse Argène tandis que Megacle est uni à Aristea. Les couples souhaités sont finalement réunis !


En réécoutant la version d’Alessandro de Marchi pour effectuer des comparaisons par rapport à la présente version dirigée par Giulio Prandi, force est de constater que la première demeure, à notre sens, largement préférable.


La première déception, ici, vient de l’orchestre qui, en dépit de ses vingt‑deux musiciens, sonne souvent sec et petit, là où l’Academia Montis Regalis se paraît au contraire d’une plus grande ampleur instrumentale et savait davantage varier les timbres. Giulio Prandi dirige l’ensemble avec plus d’application que de verve, les applaudissements du public du Théâtre Pergolesi de Jesi (le lieu même où fut enregistrée la version vidéo dirigée par de Marchi) s’avérant, quant à eux, plus polis que véritablement enthousiastes. A voir si le public du Festival de Beaune, qui aura entendu la même équipe dans la même œuvre le 18 juillet dernier, aura été davantage convaincu.


Côté voix, on a à faire à une équipe de jeunes chanteurs dont aucun ne se révèle être un maillon faible mais admettons tout de même que l’ensemble reste assez poussif et peu caractérisé. Dans le rôle de Megacle, Theodora Raftis nous gratifie de deux ou trois beaux airs (« Superbo di me stesso » à la scène 2 de l’acte I), démontrant une agilité vocale évidente, mais son duo avec Aristea à la scène 10 est d’une affligeante banalité. Incarnée par Carlotta Colombo, Aristea se voit confier ce qui est sans doute un des plus beaux airs de tout l’opéra : « Tu me da me dividi » (acte II, scène 11). Certes, la jeune chanteuse y met force véhémence et s’en sort très bien mais la comparaison avec Simone Kermes (voir ici) est sans appel tant cette dernière jouait davantage sur les contrastes, soutenue en outre par un orchestre beaucoup plus impliqué. L’air magnifique « Son qual per mare ignoto » (scène 6 de l’acte III) était idéalement chanté par Markus Brutscher dans la version de Marchi : ici, Matteo Straffi incarne un Aminta moins haut en couleurs, plus neutre, qui plus est dans un air deux fois plus court que dans l’autre version discographique. Dommage car il nous livre en revanche au premier acte un « Talor guerriero invitto » absolument irréprochable, avec pour le coup un soutien orchestral à la hauteur (les cors !). Dans le rôle de Licida, Josè Maria Lo Monaco déçoit franchement, le souffle étant court en plus d’une occasion, sa prestation dans l’air « Mentre dormi Amor fomenti » (acte I, scène 8) étant bien en deçà de celles de Simone Kermes ou de Jennifer Rivera dans la version de Marchi. Finalement, c’est Clistène qui nous convainc le plus, avec l’air « So ch’è fanciullo amore » (acte II, scène 7) dans lequel Anicio Zorzi Giustiniani met tous ses talents (vocaux, théâtraux) en avant : enfin un peu de vie dans une version qui reste donc, à plus d’un titre, un second choix par rapport à la version d’Alessandro de Marchi.


Le site de l’Orchestra Ghislieri et de Giulio Prandi
Le site de Theodora Raftis
Le site de Carlotta Colombo


Sébastien Gauthier

 

 

 

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