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04/09/2012
Fausto Romitelli : Amok Koma – Flowing down too slow – Domeniche alla periferia dell’impero – Nell’alto dei giorni immobili – The Nameless City

Musiques nouvelles, Jean-Paul Dessy (direction)
Enregistré à l’auditorium Abel Dubois, Mons (17, 18 et 29 mai 2007) 49’39
Cyprès CYP5623 (distribué par Abeille Musique) – Notice en français et anglais





Il est souvent affirmé que, si Olivier Messiaen (1908-1992) a eu de nombreux élèves, parfois prestigieux, il n’a pas eu à proprement parler de disciples, d’héritiers esthétiques. Pourtant en écoutant la première pièce de ce disque, Amok Koma (2001), on se prend à penser que Fausto Romitelli (1963-2004), compositeur italien, proche du mouvement spectral et mort prématurément, pourrait être un héritier tant il semble prolonger les polyrythmies, les effets de masse sonore, les jeux de percussion et l’hédonisme musical du maître français. Il y a en effet un côté jubilatoire et invocatoire dans les amplifications et les distorsions du son auxquelles se livre l’italien qui rappelle très curieusement le compositeur des Visions de l’Amen, par-delà les embardées rock ou techno. Messiaen revu par György Ligeti (1923-2006) et les Pink Floyd... Passionnant.


Les quatre autres pièces, composées parfois à dix ans d’intervalle, sont d’un style assez différent, plus âpre, plus strictement spectral, mais on y trouve la même tendance à la luxuriance sonore. Flowing down too slow est ainsi formé d’échouages, de plus en plus lents, d’énormes blocs sonores plus ou moins caoutchouteux et constitués de sons électroniques, dans un paysage à la fois diapré et hallucinant. Ses glissandos se retrouvent dans la troisième pièce de l’album-portrait, Domeniche alla periferia dell’impero, hommage à Gérard Grisey (1946-1998), figure tutélaire du mouvement spectral, également trop tôt disparu. La matière sonore y est naturellement sans cesse malaxée, étirée, déchirée et déstructurée. La quatrième œuvre, Nell’alto dei giorni immobili, présente de nouveaux mélanges instrumentaux et électroniques, puissamment évocateurs et envoûtants, tandis que la dernière et plus longue pièce du disque, mais aussi la moins intéressante, The Nameless City, pour ensemble à cordes et cloches et inspirée d’une nouvelle éponyme de Howard Phillips Lovecraft, décrit une cité des plus inquiétantes.


Au total, le voyage sonore, un peu court malheureusement, mérite quand même le détour. Son programme est signé d’une indéniable personnalité. Nous emmène un ensemble instrumental belge à la fois rigoureux et respectueux de l’œuvre de Fausto Romitelli, sous la direction d’un chef empli d’admiration pour le compositeur italien, Jean-Paul Dessy.


Le site de l’ensemble Musiques nouvelles


Stéphane Guy

 

 

 

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