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Opéra de chef ou de chanteurs ?

London
Covent Garden
04/13/2009 -  et 17, 21, 29 avril, 2, 7 mai 2009
Giuseppe Verdi: Il Trovatore
Mikhail Petrenko (Ferrando), Sondra Radvanovsky (Leonora), Monika-Evenlin Liiv (Ines), Dimitri Hvorostovsky (Conte di Luna), Roberto Alagna*/Walter Fraccaro (Manrico), Malgorzata Walewska (Azucena), Jonathan Fisher (Un vieux gitan)
Chœur et Orchestre du Royal Opera House de Covent Garden, Carlo Rizzi (direction)
Elijah Moshinsky (mise en scène)


(© Catherine Ashmore)


Etait-ce Toscanini ou Caruso qui a dit qu’il ne faut que quatre très bons chanteurs pour monter Il Trovatore ? Comme tout bon mot, cet aphorisme simplifie la réalité mais contient une bonne part de vérité: le livret est un mélo sans grand intérêt mais la musique est superbe du début jusqu’à la fin.


La brochette réunie par Covent Garden ce soir était de grande qualité. La Leonora de Sondra Radvanovsky possède un bel instrument, elle doit encore apprendre à ne pas trop en abuser. Même si ses aigus sont solides et si elle a une projection conséquente, elle en abuse à plusieurs moments au détriment de la ligne de chant. Elle se rattrape par de beaux pianos dans le Miserere final. On ne peut imaginer style plus différent de ses deux soupirants. Hvorostovsky est raide comme la justice mais quel timbre et quelle musicalité. A l’opposé de certaines productions récentes, Roberto Alagna ne force pas, enfin pas trop… Il possède une réelle élégance et la vaillance que demande le rôle. Enfin, la Polonaise Malgorzata Walewska possède un vrai style théâtral, tendu et enflammé. Elle s’impose vocalement et dramatiquement comme la révélation de cette production.


Ces chanteurs sont-ils suffisants pour que le succès soit total ? Pas complètement, la mise en scène d’Elijah Moshinsky, à qui Covent Garden doit de très belles productions, prend pour parti de mettre l’opéra de Verdi à l’époque du Risorgimento en empruntant de nombreuses références à Visconti. Au final, cela n’apporte pas grand-chose à l’œuvre et on se demande si on croyait encore aux sorcières à cette époque ?


La direction de Carlo Rizzi est plus problématique. Le chef a manifestement fait travailler son orchestre qui sonne avec beaucoup de clarté et de finesse avec un soin particulier pour équilibrer la fosse. Mais ce faisant, ce travail trop propre gomme l’italianité de l’œuvre, c’est quand même du Verdi et du meilleur qui soit et non pas du Stravinsky.


Non vraiment, cela ne pouvait être qu’un chanteur qui aurait pu sous-estimer l’apport fondamental d’un chef pour monter Il Trovatore.



Antoine Leboyer

 

 

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