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Hors concours

Paris
Musée d’Orsay
12/09/2008 -  
Samuel Barber : Sonate, opus 26
Maurice Ravel : Valses nobles et sentimentales – Jeux d’eau – Alborada del gracioso

Mladen Colic (piano)


M. Colic (© D.R.)



Rien de tel pour se préparer à un concours... que de passer un concours: le Conservatoire supérieur de musique de Paris organise donc un concours «blanc» pour ses étudiants en cycle de perfectionnement. Mais cet entraînement, intitulé «Avant-scènes», n’a pas seulement valeur de simulation, puisque les deux gagnants sont récompensés par un récital au Musée d’Orsay dans le cadre des «Concerts de midi trente», puis par un engagement avec l’Orchestre des lauréats du Conservatoire (le 11 février à la Cité de la musique et le 12 février à Châteauroux).


Le «palmarès» 2008 laisse cependant perplexe. En effet, ont été distingués le pianiste serbe Mladen Colic (né en 1982), premier prix et prix du public au Concours Maria Canals de Barcelone (2007), et la violoniste coréenne Ji-Yoon Park (née en 1985), premier prix et prix du public au Concours Tibor Varga (2004) puis quatrième prix au Concours Long-Thibaud (2005). Non pas que la valeur de ces musiciens soit en cause, bien au contraire (voir ici). Mais précisément, dès lors qu’ils ont déjà largement fait leurs preuves, force est de se demander s’ils constituent la cible privilégiée d’une telle opération.


Toujours est-il que Mladen Colic n’a pas eu de mal à conquérir le public de l’auditorium du Musée d’Orsay, alors même qu’il avait choisi de débuter par une œuvre rare et difficile, la Sonate (1949) de Barber. Il y a fort à parier que bon nombre des spectateurs ne connaissaient du compositeur américain que l’incontournable Adagio, avec lequel cette Sonate, malgré un Adagio mesto qui en constitue le sommet expressif, n’a quasiment rien à voir. Dédiée à Horowitz, qu’on imagine sans peine exercer ses talents dans les mouvements pairs, elle recourt en effet à un langage avancé, atonal et à base de séries dodécaphoniques. Mais Barber n’a pas renoncé pour autant à tous les repères, car les formes (sonate, fugue) et les éléments de langage (mélodie, rythme, continuité) traditionnels sont respectés, de telle sorte qu’on songe parfois aux dernières sonates de Prokofiev. Le jeune pianiste en donne une interprétation claire et souple, d’une belle aisance technique, notamment dans le Fuga. Allegro con spirito final, véritable toccata brillante.


Le reste du programme était entièrement ravélien: quelques imperceptibles arrêts ou ralentis ne suffisent pas à gâcher des Valses nobles et sentimentales (1911) dont la conclusion est travaillée avec beaucoup de finesse. La maîtrise digitale et le soin apporté à la définition des plans sonores convainquent pleinement dans des Jeux d’eau (1901) parfaitement fluides et dans un extrait des Miroirs (1905), un «Alborada del gracioso» plus élégant qu’abrasif. En bis, Colic reprend le finale de la Sonate de Barber.



Simon Corley

 

 

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