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Masques

Paris
Musée d’Orsay
11/18/2008 -  
Alexandre Scriabine : Poèmes, opus 63
Claude Debussy : Images (Première série)
Serge Prokofiev : Masques (extrait de «Roméo et Juliette»), opus 75 n° 5 – Sonate n° 6, opus 82

Nima Sarkechik (piano)


Nima Sarkechik (© D.R.)



Comme de coutume en cette période de l’année, les «concerts de midi trente» du Musée d’Orsay accueillent le cycle «Les nouveaux talents du piano», trois récitals parrainés par Yamaha. Les programmes s’attachent à faire référence au cadre dans lequel ils sont donnés: Anastasya Terenkova interprétera ainsi les Tableaux d’une exposition de Moussorgski le 25 novembre, tandis que Christia Hudziy fera le lien avec l’exposition «Masques. De Carpeaux à Picasso», qui se tient du 21 octobre au 1er février, en jouant les trop rares Masques de Szymanowski le 2 décembre.


Nima Sarkechik, vingt-quatre ans, élève de Georges Pludermacher et François-Frédéric Guy au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, a également choisi de faire allusion à cette exposition, d’abord au travers des deux très brefs Poèmes de l’Opus 63 (1911), appartenant à l’ultime période de Scriabine: tour à tour énigmatique puis narquois, il se révèle aussi à l’aise dans le premier (lequel, bien sûr, s’intitule «Masque») que dans le second («Etrangeté»).


Debussy a également écrit des Masques, mais Sarkechik a préféré la Première série (1905) des Images: «Reflets dans l’eau» fluides, mais pas évanescents, osant aller au-delà de la surface du clavier; «Hommage à Rameau» éloquent et bien construit; «Mouvement» articulé avec précision comme une toccata baroque.


Puis retour aux «Masques», l’une des dix pièces adaptées par Prokofiev de son ballet Roméo et Juliette (1936/1937), dont les harmonies sonnent de manière plus abrasive qu’à l’habitude. Dans la Sixième sonate (1940), Sarkechik, puissant mais sans brutalité, crée des climats terrifiants dans l’Allegro moderato initial, auxquels le staccato de l’Allegretto n’apporte aucun répit. Tout le lyrisme jusqu’alors réprimé ressort dans le Tempo di walzer lentissimo, tandis que le Vivace final confirme l’étendue des moyens techniques du pianiste.


En bis, Maple leaf rag (1899) de Joplin est pris à un rythme effréné, comme pour défier un imaginaire piano mécanique.



Simon Corley

 

 

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