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Résurrection

Paris
Théâtre des Champs-Elysées
10/29/2004 -  
Gustav Mahler : Symphonie n° 2

Christine Schäfer (soprano), Petra Lang (mezzo)
Chœur de Radio France, Matthias Brauer (chef de chœur invité), Orchestre philharmonique de Radio France, Myung-Whun Chung (direction)


Deux jours après une Première (et un Adagio de la Dixième) quelque peu décevants (voir ici), l’intégrale Mahler que l’Orchestre philharmonique de Radio France propose cette saison dans l’ordre chronologique se poursuivait donc par la Deuxième symphonie (1894), dite Résurrection, déjà donnée avec succès une semaine plus tôt par l’Orchestre national d’Ile-de-France (voir ici).


Si cet imposant ouvrage avait été choisi, voici trois ans, pour marquer le vingt-cinquième anniversaire du «Philhar’» (voir ici), il aura confirmé, cette fois-ci, que son directeur musical, Myung-Whun Chung, se révèle généralement à son meilleur dès que l’inspiration de la musique se fait religieuse. Le parti pris de lenteur (plus de quatre-vingt-cinq minutes) pourra certes irriter, mais le chef, dirigeant par cœur, ne fonde pas exclusivement son travail, au demeurant d’une irréprochable cohérence, sur cet élément somme toute extérieur, qui serait le seul alibi de sa nature mystique: relevant le défi que soulèvent de tels tempi, il porte son attention sur les phrasés, soignés, tendus, dépourvus de maniérisme, et sur la maîtrise de l’articulation entre les différents épisodes.


Davantage maestoso qu’allegro (plus de vingt-trois minutes), le premier mouvement, sombre, intimidant, presque raide, semble déjà annoncer la froideur désespérée de Chostakovitch. Si Chung n’observe pas la pause prescrite par Mahler – cinq minutes! – il n’en laisse pas moins quatre-vingt-dix secondes avant de reprendre, enchaînant ensuite attacca les cinq mouvements restants: un Andante moderato fin, délicat et transparent, où l’on entend parfois une vieille boîte à musique, un Scherzo plus badin que sarcastique, un Urlicht attentif aux graves peu distincts de la mezzo Petra Lang, attaquant trop souvent les notes par en dessous, et un Final très étiré (trente-sept minutes), mais mené avec une efficacité dramatique d’une remarquable sûreté, où la soprano Christine Schäfer et le Chœur de Radio France convainquent pleinement.


L’impitoyable acoustique du Théâtre des Champs-Elysées révèle encore quelques défauts, mais la prestation de l’orchestre, que l’on retrouve éclatant et coloré, rassure et, contrairement au précédent concert, l’impact physique de l’œuvre se fait nettement ressentir. C’est une salle comble et comblée, à l’image d’une scène où se serrent les deux cents musiciens et choristes, qui fait un triomphe à l’ensemble des interprètes.



Simon Corley

 

 

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