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Découverte d'une rareté

Zurich
Opernhaus
09/26/2004 -  et 28 septembre, 1er, 3, 5*, 7, 13, 15, 19 octobre 2004
Giuseppe Verdi: Stiffelio
José Cura (Stiffelio), Emily Magee (Lina), Leo Nucci (Stankar), Reinaldo Macias (Raffaele), Günther Groissböck (Jorg), Martin Zysset (Federico), Margaret Chalker (Dorotea)
Chœur et Orchestre de l’Opéra de Zurich, Stefano Ranzani (direction musicale)
Cesare Lievi (mise en scène)

Bien que possédant déjà un répertoire verdien à faire pâlir d’envie bon nombre d’autres théâtres, l’Opéra de Zurich a voulu donner sa chance à un ouvrage peu connu du Maestro de Busseto. Stiffelio a été composé en 1849, entre Luisa Miller et Rigoletto. Si les liens de parenté avec ces deux titres sont évidents, notamment dans l’atmosphère générale et dans le traitement de la relation père-fille, l’oeuvre n’a jamais connu pour autant le succès du drame inspiré de Schiller, sans parler de celui du premier volet de la trilogie populaire. La faute, sans doute, à un sujet délicat et à une partition ne dépassant jamais le stade des intentions, si bonnes fussent-elles. En tout état de cause, l'heureuse initiative de l’Opéra de Zurich mérite d’être saluée comme il se doit, d’autant que la production présentée ne manque pas d’atouts. A commencer par un chœur dans une forme resplendissante (fabuleuse prière a cappella de la scène finale) et un orchestre inspiré. S’il n’est peut-être pas le plus raffiné des chefs, avec sa tendance à alourdir excessivement les traits, Stefano Ranzani sait néanmoins obtenir des musiciens un son opulent, des attaques précises et des contrastes dynamiques, laissant entendre çà et là des ébauches du Verdi de la maturité.


L’Opéra de Zurich a eu la main heureuse en réunissant une distribution de stars. D’accord, José Cura n’est sûrement pas le plus rigoureux des chanteurs et il fait preuve parfois de désinvolture stylistique, mais on le sent ici très impliqué dans son personnage, lui conférant une grande intensité. Certes, son Stiffelio n’apparaît pas vraiment assailli par le doute, privilégiant au contraire clairement la vengeance, mais il demeure parfaitement crédible. Indubitablement, la forte présence scénique du chanteur permet de faire oublier quelques imperfections, notamment une émission plutôt nasale, mais globalement la voix - qui s’est alourdie - séduit toujours, avec ses teintes barytonales, son insolence dans les aigus et sa flexibilité dans les attaques. Comme à son habitude, Leo Nucci nous offre une démonstration parfaite de l’art du baryton verdien, avec notamment un legato et une diction exemplaires, même si la voix a perdu de sa rondeur et de ses couleurs. Malgré la dureté de ses aigus et des problèmes d’intonation, Emily Magee séduit par son chant très stylé, parfaitement contrôlé, son sens dramatiques dans les vocalises et son intensité dans les passages exposés. Scéniquement, sa Lina a peu d’envergure, mais il est vrai qu’elle n’est pas aidée par la mise en scène. Ce spectacle donne en effet la très désagréable impression que Cesare Lievi s’est borné à indiquer aux chanteurs où se placer sur le devant de la scène et où s’asseoir, dans les décors sombres et sobres de Csaba Antal. Après l’échec de ses Vespri siciliani sur cette même scène la saison dernière, on ne comprend pas la volonté de la direction de vouloir continuer à faire appel à lui. Heureusement que la partie vocale et musicale du spectacle a largement compensé l’indigence scénique.



Claudio Poloni

 

 

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