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Pluie d’or ! Paris Théâtre du Lido 09/17/2026 - et 18, 19, 20*, 22, 23, 24, 25, 27, 30 septembre, 1er, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 15, 16, 17, 18, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 27, 28, 29, 30, 31 octobre, 1er, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 25, 26, 27, 28, 29 novembre 2026, 1er, 2, 3, 4, 5, 6, 9, 11, 12, 13, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 22, 23, 26, 27, 29, 30 décembre 2026, 2, 3, 5, 6, 7, 8, 9, 10 janvier 2027 Nacio Herb Brown et Arthur Freed : Singin’ in the Rain (réduction de l’orchestration et musiques additionnelles de Léo Laloge) Ashley Day (Don Lockwood), Maddie Waller (Kathy Selden), Charlie Waddell (Cosmo Brown), Natasha O’Brien (Lina Lamont), Julius D’Silva (R.F. Simpson), Russell Wilcox (Roscoe Dexter), Daniele Coombe (Dora Bailey, Miss Dinsmore), Erica‑Jayne Alden, Joshy Alody, Michael Anderson, Bella Baldock, Rhys Batten, Jamie Cruttenden, Liam Dean, George Deller, Ruby Greenwood, Ashton Harkness, Grace Hawksworth, Aristide Lyons, Reece McGowan, Brian O’Muiri, Georgia Pemberton, Scarlet Roche, Jessica Sutton, Ellie‑May Wilson (ensemble et doublures), Hugo Lebigot, Joévan Sehans (figurants)
Orchestre du Théâtre du Lido, Stéphane Petitjean/Martin Surot (chefs d’orchestre), Alan Berry* (direction musicale, chef d’orchestre)
Robert Carsen (mise en scène, décors, éclairages), Rebecca Howell (chorégraphie), Luis F. Carvalho (décors, costumes), Finn Ross (vidéo), Giuseppe di Iorio (éclairages)
 (© Valentin Folliet)
Honte à qui penserait que pour cette représentation du musical Singin’ in the Rain d’après le film de Stanley Donen (1952) au Théâtre du Lido, Robert Carsen et Jean‑Luc Choplin reprendraient leur production réalisée au Théâtre du Châtelet en 2015. C’est une toute nouvelle et spectaculaire production, magnifiquement adaptée au lieu, qu’ils proposent cet automne sur les Champs‑Elysées au Théâtre du Lido. Immense réussite et succès public assuré !
C’est du bonheur qui pleut sur les spectateurs car ce spectacle est parfait sous tous ses aspects. Le metteur en scène canadien a utilisé la scène atypique et l’immense espace que permet la configuration de la salle et réalisé un miracle quand on sait que le Lido ne possède ni fosse d’orchestre, ni plafond, ni ceintres, ni véritables coulisses. L’orchestre est cette fois placé dans les hautes loges latérales et le fond de scène, grâce à de savantes projections, restitue le cinéma, les studios, les rues où se déroulent l’action, quelques accessoires figurent les loges des acteurs et la salle sert de voie d’’entrée en scène aux comédiens. Et quels comédiens ! Tous formés aux meilleures écoles de chant, danse, comédie musicale anglais ; quant aux danseurs, ils forment un chorus line impeccable dans les quatre grands tableaux chorégraphiés par Rebecca Howell, y compris le grand final repris de la mise en scène de 2015 avec les danseurs en cirés et bottes jaunes, parapluies multicolores, sous – autre exploit – une vraie pluie battante comme pendant la scène de la chanson éponyme.
Contrairement au spectacle de 2015, Carsen n’a gardé le noir et blanc que pour les scènes filmées (certaines dans la galerie des Glaces et le grand escalier du Château de Versailles). L’impression qui prédomine est un camaïeu de couleurs jaunes et or qui confère au musical un aspect luxueux et féerique. Sa direction d’acteur est légère, raffinée et toujours en phase avec la musique.
Tous les chanteurs sont optimaux tant pour le chant que pour la danse, à commencer par les premiers rôles Ashley Day (Don Lockwood séducteur et superbe danseur de claquettes), Maddie Waller (Kathy Selden, la chanteuse sacrifiée à la voix séduisante mais qui l’emporte dans le cœur de Lockwood), Charlie Waddell (Cosmo agile et bondissant) et Natasha O’Brien (Lina Lamont, l’actrice du cinéma muet vulgaire et idiote à la voix impossible à la Daisy Duck mais pas si stupide comme le prouve le dénouement de l’intrigue).
Les costumes années folles de Luis F. Carvalho sont aussi poétiques qu’efficaces pour évoquer cette période de passage du cinéma muet au parlant qui est la clef de l’intrigue du film et du spectacle.
Enfin, l’orchestre de quatorze musiciens dirigés par Alan Berry avec un parfait sens du jazz est un véritable luxe par le nombre de musiciens et la qualité de l’ensemble quand on sait la pauvreté qui règne souvent dans les fosses de Broadway ou du West End pour accompagner les comédies musicales.
Un spectacle vivement conseillé dont on ressort en riant, sur un nuage et gonflé de bonne humeur.
Olivier Brunel
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