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Monumental ! Paris Philharmonie 10/09/2026 - et 10 septembre 2026 Gustav Mahler : Symphonie n° 3 Wiebke Lehmkuhl (contralto)
Chœur de femmes de l’Orchestre de Paris, Chœur de jeunes de l’Orchestre de Paris, Chœur d’enfants de l’Orchestre de Paris, Pierre‑Louis de Laporte (chef de chœur), Evann Loget‑Raymond, Edwin Baudo, Rémi Aguirre Zubiri, Eloïse Roux (chefs de chœur associés), Orchestre de Paris, Klaus Mäkelä (direction)
 K. Mäkelä (© Mathias Benguigui/Pasco And Co)
Pour la rentrée de sa dernière saison à la tête de l’Orchestre de Paris, Klaus Mäkelä, son directeur musical depuis 2021, a choisi de diriger la monumentale Troisième Symphonie de Gustav Mahler.
Au répertoire de l’Orchestre de Paris depuis 1970, cette œuvre aux dimensions colossales a été jouée une dizaine de fois. Elle convoque un orchestre d’effectif énorme (huit cors en sonnent l’ouverture), une mezzo‑soprano, un double chœur de femmes et un chœur d’enfants et dure près de deux heures. Choix risqué dans la configuration des Prem’s, expérience que la Philharmonie de Paris renouvelle cette saison encore avec des spectateurs debout au parterre débarrassé de ses sièges. Quelques départs pendant le concert (mais pas plus que dans les gradins) et une intervention des secouristes n’ont qu’à peine perturbé le déroulement du concert devant un public fervent qui a réservé un accueil triomphal aux musiciens après presque deux heures ininterrompues.
Triomphe mérité car le chef finlandais a tenu ses troupes avec un sang‑froid exceptionnel, une économie de gestes, une battue d’une clarté parfaite et obtenu un résultat d’une belle cohérence tout au long de cette partition polymorphe. Dans la très longue première partie, on pouvait craindre une légère froideur qui s’est révélée une prudence extrême avant que l’orchestre n’exprime plus de passion dans le Tempo di minuetto qui suivait et se libère totalement dans le reste de l’œuvre.
Avec une magnifique voix d’alto, Wiebke Lehmkuhl a chanté avec une belle gravité le long « O Mensch ! », le poème de Friedrich Nietzsche, en parfaite résonnance avec le lumineux solo du premier violon Sarah Nemtanu. L’immense chœur a entonné avec une contagieuse gaîté le joyeux et enfantin lied « Es sungen drei Engel », avant que l’orchestre ne replonge dans le sombre, mystique et terriblement pessimiste dernier mouvement interrompu – hélas ! – un peu trop vite par les acclamations d’un public heureux et comblé.
On retrouvera Klaus Mäkelä à la tête de cette phalange dans la Suite de Lemminkäinen de Sibelius, Helix d’Esa‑Pekka Salonen et le Cinquième Concerto de Beethoven avec Stephen Hough, les 2 et 3 décembre 2026.
Olivier Brunel
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