About us / Contact

The Classical Music Network

Zurich

Europe : Paris, Londn, Zurich, Geneva, Strasbourg, Bruxelles, Gent
America : New York, San Francisco, Montreal                       WORLD


Newsletter
Your email :

 

Back

Le romantisme à plein volume

Zurich
Opernhaus
06/10/2026 -  et 14 juin, 1er*, 4, 10 juillet 2026
Jules Massenet : Werther
Jonathan Tetelman (Werther), Anna Goryachova (Charlotte), Chelsea Zurflüh (Sophie), Aksel Daveyan (Albert), Valeriy Murga (Le Bailli), Martin Zysset (Schmidt), Evan Gray (Johann), Guram Margvelashvili (Brühlmann), Thalia Cook‑Hansen (Käthchen)
Kinderchor, SoprAlti und Zusatzchor der Oper Zürich, Alice Lapasin Zorzit (préparation), Orchester der Oper Zürich, Marco Armiliato (direction musicale)
Tatjana Gürbaca (mise en scène), Claudia Blersch (reprise de la mise en scène), Klaus Grünberg (décors, lumières), Anne Kuhn (collaboration aux décors), Silke Willrett (costumes), Carl-Christian Andresen (collaboration aux costumes), Claus Spahn (dramaturgie)


(© Toni Suter)


La reprise de Werther à l’Opernhaus de Zurich vaut surtout pour les débuts éblouissants de Jonathan Tetelman dans le rôle‑titre. Le ténor s’impose comme un héros romantique idéal, combinant une présence ardente et un chant généreux et passionné, avec un timbre somptueux. On peut cependant regretter un manque de douceur et d’intentions poétiques fines, le chanteur ayant tendance à privilégier la force au détriment des nuances et des demi‑teintes. Massenet exige un grand sens du texte et du recueillement, mais cette urgence dramatique s’est parfois transformée en une démonstration de puissance un peu trop uniforme.


La fosse est aussi en cause. Le chef Marco Armiliato a en effet proposé une lecture d’une grande intensité dramatique, mais ce choix s’est fait au détriment de la légèreté et des contrastes requis par la partition. Si l’énergie déployée convient à l’urgence de la fin de l’opéra, elle s’est révélée souvent lourde pour les premiers actes de Werther, qui demandent une transparence presque chambriste pour laisser respirer le style français ; or le chef a abordé la partition avec une approche presque vériste et hypertrophiée.


Pour ses débuts dans le rôle de Charlotte, Anna Goryachova a livré une performance d’une grande vérité dramatique et a formé un duo fusionnel et ardent avec Jonathan Tetelman dans les derniers actes. Chelsea Zurflüh s’est illustrée en Sophie par une interprétation lumineuse et pleine de fraîcheur, évitant habilement les pièges de la mièvrerie qui guettent parfois ce rôle. Le baryton Aksel Daveyan a incarné un Albert à la présence scénique assurée, avec un timbre puissant et chaleureux.


La production de Tatjana Gürbaca, créée en 2017, se caractérise par un minimalisme radical et une approche psychologique sombre, loin de l’imagerie bourgeoise et champêtre habituelle de l’ouvrage. L’action se déroule dans une boîte blanche close, austère et vide, aux perspectives déformées, un lieu qui évoque un espace mental étouffant ou une cage dorée plutôt qu’une maison de campagne. La metteur en scène se concentre sur les névroses des personnages, l’isolement de Werther et le poids des conventions sociales qui broient Charlotte, avec une direction d’acteurs d’une rare violence psychologique et physique.



Claudio Poloni

 

 

Copyright ©ConcertoNet.com