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Les anniversaires de Betsy Jolas Paris Maison de la radio et de la musique 06/19/2026 - et 18 (Dijon), 20 (Paris) juin 2026 Betsy Jolas : B‑Day
Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n° 40, K. 550
Igor Stravinski : Le Sacre du printemps Philharmonique de Radio France, Jaap van Zweden (direction)
 B. Jolas (© Jean-Christophe Marmara)
Bientôt centenaire, Betsy Jolas est venue applaudir la première française de son B‑Day, composé à l’occasion de ses 80 ans et des dix ans du Boston Modern Orchestra Project, « B » étant l’initiale de son prénom et celle de « Birthday ». Le refrain de Happy Birthday traverse d’ailleurs la pièce, sorte de thème d’une série de variations. On le perçoit ou le devine ici ou là, facétieusement tapi dans ce flux continu jouissif et coloré, qui témoigne à la fois d’une maîtrise incontestable de la forme et d’une écriture orchestrale aussi étincelante que subtile. Et quelques espiègleries se glissent parfois : l’entrée du premier violon, le faux la de la flûte pour l’accord des musiciens, qui plus tard raclent le plancher de leurs pieds, font partie d’une œuvre que termine un éclat de rire. La virtuosité orchestrale trouve un parfait écho dans le geste éloquent de Jaap van Zweden.
Pour la Quarantième Symphonie de Mozart, il conserve l’effectif, à commencer par les cordes. Pour autant, il n’annexe pas l’œuvre au romantisme, lorgnerait plutôt vers le Sturm und Drang : elle file droit et assez vite, jamais enrobée, avec des arêtes et des contrastes marqués. Une lecture brillante, où se construit une dramaturgie, aux lignes clairement dégagées, notamment dans le Menuet. Un peu extérieure aussi, surtout si l’on cherche ici des zones d’ombre, des clairs‑obscurs, pour ne rien dire de l’émotion – cela n’est visiblement pas le genre du Néerlandais, plus impétueux qu’introverti. Mais la partition s’ouvre sous nos yeux, remarquablement maîtrisée, portée par un geste précis ne laissant rien au hasard.
On se doutait que cela conviendrait au Sacre du printemps, dont il éclaire toute la complexité polyphonique, moins vertical que beaucoup d’autres – avec des cors placés à gauche de l’orchestre. La frénésie du rituel primitif est là, à tous les pupitres – l’impérieuse baguette arrache aux cordes, dans « Les Augures printaniers », des accords percussifs. Une orgie sonore, aux rythmes implacables, pas oublieuse de la dimension narrative du ballet. Mais la fureur occulte le mystère, qui sourd seulement à partir de l’Introduction du Sacrifice. La haletante fin de chaque partie darde une lumière crue, aveuglante presque, diffusée par un orchestre galvanisé que son chef laisse à peine respirer.
Ils se retrouveront très bientôt à Montpellier, pour un Tristan et Isolde en version de concert.
Didier van Moere
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