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Original et transcriptions

Vienna
Konzerthaus
06/18/2026 -  et 14 (Marburg), 16 (Freiburg im Breisgau), 21 (Saarbrücken) juin 2026
Johann Nepomuk Hummel : Sonate pour alto et piano, opus 5 n° 3
Johannes Brahms : Sonate pour violon et piano n° 1, opus 78
Max Reger : Sonate pour clarinette et piano n° 3, opus 107

Tabea Zimmermann (alto), Thomas Hoppe (piano)


T. Zimmermann (© Marco Borggreve)


La Sonate pour alto de Hummel ne figure pas dans les concours de conservatoire par hasard ; bien plus traîtresse que sa virtuosité, somme toute limitée, ne le laisserait deviner, elle place l’instrumentiste dans une position délicate, à mi‑chemin entre classicisme tardif et préromantisme, où trouver le ton juste devient un exercice précaire, risquant à tout moment de sombrer dans l’étude de style ou dans un académisme pataud – parcourir la discographie suffit pour constater combien l’œuvre expose ses interprètes. Il fallait une altiste de la classe de Tabea Zimmermann pour maintenir le flux musical avec le recul nécessaire, sans surcharge expressive, conjuguant fougue et naturel, quitte à pousser les tempi au point de faire savonner quelques traits à son accompagnateur expérimenté, Thomas Hoppe.


La transcription de la Première Sonate pour violon de Brahms voit son caractère automnal et mélancolique mis en valeur par les sonorités ambrées de l’alto, les climats de confidence intime encore densifiés par la palette dynamique de l’instrument. Contrastant avec un Vivace ma non troppo parfois trop frontal, aux transitions un peu abruptes, le deuxième mouvement est porté par un tempo remarquablement équilibré, contemplatif dans son balancement hypnotique. Le finale est parcouru de moments délicatement suspendus, quitte à prendre occasionnellement le risque de fragmenter le discours.


La Troisième Sonate de Reger établit une prolongation programmatique logique, projetant en quelque sorte la musique de Brahms vers le XXe siècle. Thomas Hoppe s’y révèle un partenaire exemplaire : son piano élégant, décanté mais souple, soutient le chant éperdu de l’alto dans l’Adagio, tandis que les musiciens s’arment de sang‑froid pour ciseler avec grâce les contrastes de l’Allegretto conclusif. Une pièce magnifique et rarement jouée, d’une sobriété inattendue de la part du compositeur allemand.



Dimitri Finker

 

 

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