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Le style classique

München
Herkulessaal
04/16/2026 -  et 17 avril 2026
Joseph Haydn : Symphonie n° 93 en ré majeur, Hob. I:93
Serge Prokofiev : Concerto pour violon n° 1 en ré majeur, opus 19
Ludwig van Beethoven : Symphonie n° 7 en la majeur, opus 92

Radoslaw Szulc (violon)
Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Manfred Honeck (direction)


M. Honeck (© Bayerische Rundfunk/Astrid Ackermann)

C’est Manfred Honeck qui a accepté, au pied levé, de remplacer Joana Mallwitz, souffrante. Remplaçant de luxe : le chef autrichien est familier de l’Herkulessaal et du Symphonique de la Radio bavaroise, et le programme a été entièrement revu pour l’occasion – Haydn et Beethoven en lieu et place de Hindemith et Weill, avec le Concerto de Prokofiev maintenu.


La Quatre-vingt-treizième Symphonie de Haydn révèle d’emblée les qualités de Honeck : un phrasé subtil et soigné, des attaques de cordes précises, une finesse de texture assez remarquable. Pourtant, la direction porte aussi la marque d’une sévérité qui surprend dans cette musique : certains fortissimos tombés comme des couperets rompent l’équilibre d’une interprétation par ailleurs très travaillée. Le soin apporté à l’ensemble est manifeste, mais la recherche de contrastes tranche avec la légèreté naturelle et le dynamisme que l’on attend de Haydn.


Il est toujours sympathique de voir l’un des premiers violons de l’orchestre se lever pour prendre le rôle de soliste : Radoslaw Szulc a pour lui une mise en place irréprochable et un dialogue avec Honeck empreint d’une attention mutuelle exemplaire. Le chef ne quitte pas son soliste des yeux et soutient l’orchestre avec discrétion. Mais le Premier Concerto de Prokofiev appelle une théâtralité que Szulc ne livre pas toujours : l’entrée du violon dans le premier mouvement manque de couleur et de mystère. Le dernier mouvement, en revanche, dévoile un dialogue foisonnant entre violon et bois, plus convaincant et plus engagé. Très applaudi par son public et par ses collègues, Szulc donne en bis une mélodie-cadence sur des thèmes Bulgares en hommage au pays de son épouse.


Cette même Septième Symphonie avait été donnée dans cette salle par le même orchestre sous la baguette de Joana Mallwitz – dont on avait salué ici même une lecture « mendelssohnienne » d’une légèreté et d’une transparence remarquables. Le souvenir de cette exécution rend plus sensible encore le contraste avec la vision de Honeck : plus altier, plus puissant, mais retrouvant les mêmes soins et les mêmes qualités d’exécution.


L’orchestre est puissant, sculpté avec soin : Honeck accorde une importance particulière au soutien des voix médianes et à la contribution des contrebasses, ces couleurs classiques allemandes qui donnent à l’exécution son caractère charnu et son assise. Pas de rallentandos inopportuns dans le deuxième mouvement, une tension maintenue dans le Presto si difficile à tenir, et une explosion convaincante dans le finale. Les tempos sont vifs, les rubatos mesurés.


Une grande exécution, éloignée des pratiques baroques qui ont envahi tant de podiums, fidèle à un style classique qui, lui, « existe toujours ».



Antoine Lévy-Leboyer

 

 

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