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Paris
Opéra Bastille
04/02/2026 -  et 5, 7, 8*, 10, 11, 13, 14, 16, 17, 24, 25, 26, 28, 30 avril 2026, 4, 6, 7, 9, 12 mai 2026
Roméo et Juliette
Rudolf Noureev (chorégraphie), Serge Prokofiev (musique)
Milo Avêque/Guillaume Diop/Thomas Docquir*/Jack Gasztowtt/Antoine Kirscher/Pablo Legasa/Lorenzo Lelli/Paul Marque (Roméo), Bleuenn Battistoni*/Valentine Colasante/Hohyun Kang/Inès McIntosh/Clara Mousseigne/Hannah O’Neill/Sae Eun Park/Roxane Stojanov (Juliette), Antoine Kirscher/Chung‑Wing Lam/Franscesco Mura/Andrea Sarri*/Rubens Simon (Mercutio), Léo de Busserolles/Nicola Di Vico/Pablo Legasa*/Isaac Lopes Gomes/Jérémy‑Loup Quer (Tybalt), Jack Gasztowtt/Manuel Giovani*/Daniel Stokes (Benvolio), Célia Drouy/Hohyun Kang*/Inès McIntosh/Clara Mousseigne/Aubane Philbert/Silvia Saint‑Martin (Rosaline), Milo Avêque/Keita Bellali*/Max Darlington/Corentin Dournes/Rémi Hairy‑Araujo/Andrea Sarri (Pâris), Ballet de l’Opéra national de Paris
Orchestre de l’Opéra national de Paris, Robert Houssart (direction musicale)
Ezio Frigerio (décors, costumes), Vinicio Cheli (lumières)


T. Docquir, B. Battistoni (© Julien Benhamou/Opéra national de Paris)


Le Ballet de l’Opéra national de Paris (BOP) reprend pour une longue série de vingt et une représentations à l’Opéra Bastille la superproduction de Roméo et Juliette mise en scène et chorégraphiée par Rudolf Noureev en 1984 sur la musique de Prokofiev, qui avait quitté l’affiche depuis cinq saisons.


En quarante-deux ans de bons et loyaux services, le Roméo et Juliette de Noureev a vu défiler des générations de danseurs... et de spectateurs. Du Palais Garnier où elle fut créée par les danseurs étoiles Patrick Dupont et Monique Loudières le 19 octobre 1984, après Londres en 1977, cette chorégraphie va plus loin dans son aspect décoratif magnifique et extravagant et sa mise en scène quasi cinématographique que tout ce qui avait existé jusqu’alors, y compris les mythiques ballets de Serge Lifar (sur une partition de Tchaïkovski), Iouri Grigorovitch, John Cranko et Kenneth MacMillan, dont Noureev avait été le Roméo aux côtés de Margot Fonteyn en 1965.


Cette reprise voit cependant quelques transformations esthétiques. Les décors ont été refaits à la simplification pour permettre au spectacle de tourner notamment lors de la fermeture annoncée des salles de l’Opéra de Paris en septembre 2027. La Vérone magnifiquement recréée par Ezio Frigerio est moins poétique que dans la version « Garnier » initiale. Les ensembles qui abondent dans le spectacle de Noureev y gagnent en espace et certainement en lisibilité. Les costumes du même Frigerio et de Mauro Pagano, souvent refaits, gardent toute leur beauté. Sur la grande et profonde scène bastillane le spectacle prend une dimension kinopanoramique.


L’ensemble du BOP recrée avec une belle énergie, une joie de danser et une grande technique les scènes de rue, fêtes, duels, combats et le superbe bal chez les Capulets où se dessine toute l’intrigue amoureuse de ce drame shakespearien pour lequel Noureev n’a pas épargné « le sexe et la violence qui les rapproche singulièrement de notre époque ».


Des neufs couples qui danseront cette série avant que le BOP ne reprenne un autre grand ballet, La Dame aux camélias de John Neumeier, nous avons pu voir celui formé par le premier danseur Thomas Docquir et la danseuse étoile Bleuenn Battistoni (nommée il y a juste deux ans). Tous deux débutaient dans ces rôles écrasants pour lesquels Noureev n’a pas ménagé ses interprètes avec de très longues variations, des duos sans fin, des difficultés techniques dont il avait la spécialité, particulièrement des portés plus que périlleux.


Thomas Docquir possède une technique solide et il aborde – aux portés près, pas toujours impeccables – le rôle de Roméo avec de solides atouts. Sur le plan dramatique son personnage n’est pas toujours crédible. Une certaine raideur, un manque de fluidité et surtout d’ingénuité plombent un peu son incarnation d’un amoureux qu’on voudrait plus ardent et conquérant. Bleuenn Battistoni est une Juliette à la silhouette très juvénile, à la danse parfois un peu trop académique mais très à la hauteur des difficultés. C’est elle qui mène l’action, tenant magnifiquement tête à ses parents et menant son Roméo par le bout du nez. Parmi les très nombreux seconds rôles (et silhouettes, certains tenus par des comédiens), on distinguait le Mercutio d’Andrea Sarri, très agile et pétillant de malice et le Tybalt très viril et imposant de Pablo Legasa. Pâris, le seigneur véronais promis de Juliette, qui n’est pas un second rôle, paraissait bien effacé dans l’incarnation de Keita Bellali, excellent danseur par ailleurs.


Pour diriger cette sublime partition très contrastée de Prokofiev, l’Opéra de Paris a fait revenir le chef néerlandais Robert Houssart, qui avait magnifiquement dirigé L’Ange exterminateur de Thomas Adès en 2024. Il a chauffé à blanc l’orchestre tout au long de la soirée, d’une baguette privilégiant toujours l’originalité rythmique de l’œuvre et veillant à en souligner tous les détails et les couleurs magnifiquement exploités par la chorégraphie de Noureev, qui accordait tant d’importance aux reliefs d’une partition. Une grande soirée ovationnée par un public très enthousiaste.



Olivier Brunel

 

 

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