About us / Contact

The Classical Music Network

Paris

Europe : Paris, Londn, Zurich, Geneva, Strasbourg, Bruxelles, Gent
America : New York, San Francisco, Montreal                       WORLD


Newsletter
Your email :

 

Back

Un chef, une voix, un orchestre

Paris
Philharmonie
04/07/2026 -  
Bedrich Smetana : Vltava
Edward Elgar : Sea Pictures, opus 37
Johannes Brahms : Symphonie n° 3, opus 90

Bella Adamova (mezzo)
Orchestre national d’Ile-de-France, Ainārs Rubikis (direction)


B. Adamova, A. Rubikis


Chacun de ses concerts atteste l’excellence de l’Orchestre national d’Ile‑de‑France. Le travail accompli par Case Scaglione est remarquable et il invite toujours des chefs de premier ordre, comme le Letton Ainārs Rubikis, dont une Quatrième Symphonie de Bruckner a naguère marqué les esprits. La Moldau de Smetana, d’emblée difficile en raison de sa célébrité même, séduit par la fluidité de la pâte sonore, la souplesse des rythmes, la finesse des couleurs, avec ce qu’il faut de verdeur pour la Danse paysanne, de puissance pour les Rapides de Saint‑Jean.


Direction suggestive, très soucieuse de l’homogénéité des pupitres, qui ne peut que donner toute sa dimension aux splendides mais trop rares Sea Pictures d’Elgar – le programme du concert s’intitule « Sur l’eau ». La mezzo tchétchène Bella Adamova, élevée à Prague, y remplace Alice Coote souffrante. Superbe timbre, homogénéité parfaite des registres avec des graves naturellement profonds pour cette œuvre destinée à sa créatrice la contralto Clara Butt, ligne au galbe raffiné : tout chez elle nous conquiert. Sa familiarité avec l’univers du lied lui inspire une interprétation intimiste, où mots et notes fusionnent harmonieusement, là où certaines préfèrent une lecture plus déclamatoire, voire plus opératique. Quitte à manquer un rien de puissance, à la fin, pour le « Swimmer ». En bis, a cappella, la poignante Wiegala, berceuse composée par Ilse Weber au camp de Theresienstadt avant son assassinat dans une chambre à gaz d’Auschwitz.


On fait souvent de la Troisième Symphonie de Brahms une symphonie héroïque. Ainārs Rubikis prend un autre parti, celui qu’il avait adopté chez Smetana. L’Allegro con brio initial est dirigé en souplesse, fait de courbes plus que de lignes droites, avec toujours cette admirable plasticité, cette attention aux contrechants et ce fondu des couleurs. La souplesse, pour autant, n’est pas relâchement, le chef avance, certes plus rhapsode que dialecticien, en un geste très unitaire, avec un art consommé des transitions, jusqu’à la fin de l’œuvre : bien charpenté, l’Allegro confirme que le caractère narratif de la lecture n’exclut pas la rigueur de la construction. Entretemps, l’Andante a gardé ses couleurs automnales, le Poco allegretto son parfum viennois – sans effusion excessive. Une approche remarquablement assumée, à laquelle adhère un orchestre galvanisé.



Didier van Moere

 

 

Copyright ©ConcertoNet.com