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Diptyque Paris Palais Garnier 03/11/2026 - et 12, 13, 14, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 24, 25*, 26, 27, 28 mars 2026
« Empreintes »
Arena (création) Morgann Runacre-Temple, Jessica Wright (chorégraphie et mise en scène), Mikael Karlsson (musique)
Sami Fendall (décors), Annemarie Woods (costumes), D. M. Wood (lumières), Jakub Lech (vidéo)
Etude (création)
Marcos Morau (chorégraphie), Gustave Rudman (musique)
Max Glaenzel (décors), Silvia Delagneau (costumes), Andreu Fàbregas (lumières)
Ballet de l’Opéra national de Paris
 Arena (© Yonathan Kellerman/Opéra national de Paris)
Il est désormais d’usage au Ballet de l’Opéra national de Paris (BOP) de réunir dans une même thématique des pièces courtes réalisées par plusieurs chorégraphes. Cela change bien heureusement de ces soirées en alignant plusieurs n’ayant aucun rapport et qui s’annulaient souvent les unes les autres. « Empreintes », dernier spectacle du BOP, réunit deux pièces associant chorégraphie et vidéo pour l’une, et photographie pour l’autre.
La soirée s’ouvre par une longue et forte bouffée d’énergie avec Arena, réalisée par deux complices de la vidéo-chorégraphie, les Britanniques Morgann Runacre‑Temple et Jessica Wright, toutes deux de purs produits de la londonienne Central School of Ballet de Wayne McGregor. L’action chorégraphique se déroule autant sur scène qu’hors champ et même en différé sur un écran géant, les danseurs étant filmés en temps réel par des vidéastes. Si l’argument n’est pas complétement explicite, on comprend vite qu’une communauté de jeunes sportifs y coure avec beaucoup d’énergie et de virtuosité dans une compétition. La musique parfois un peu trop sonore du suédois Mikael Karlsson est bien appropriée à cette danse très acrobatique, magnifiée à la fois par les éclairages subtils d’Annemarie Woods et les gros plans que permet la vidéo.
 Etude (© Yonathan Kellerman/Opéra national de Paris)
La seconde partie est plus contemplative. Autant photographe que chorégraphe, l’Espagnol Marcos Morau, directeur de la compagnie de danse La Veronal et artiste associé au Staatsballett de Berlin, a composé pour Etude une ode au Palais Garnier et à sa compagnie. On y danse une série de tableaux académiques : la barre, le défilé, les saluts et certains pas de ballets du répertoire dans des tenues couleur fleur fanée. C’est très esthétique, le lustre et le Foyer de la danse y jouent une part importante. On ne comprend vraiment pas comment le choix de cet esthète a pu se porter pour la musique sur le compositeur Gustav Rudman, plus propice à l’illustration d’ambiance que pour la danse. Et on ne peut s’empêcher de trouver cela trop long et répétitif. C’est pourtant, des deux chorégraphies de ce diptyque, celle qui a emporté l’adhésion d’un public très jeune qui lui a réservé un accueil triomphal.
Olivier Brunel
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