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Embarquement pour Hollywood Toulouse Halle aux grains 02/26/2026 - et 27, 28* février 2026 Erich Wolfgang Korngold : The Aventures of Robin Hood : « Marche des joyeux compagnons »
John Barry : Out of Africa : « J’avais une ferme en Afrique » (orchestration Al Woodbury)
Dario Marianelli : Atonement : Suite
Gabriel Yared : The English Patient : Générique d’ouverture
John Williams : Jaws : Thème principal
Nino Rota : The Godfather Part II : Générique de fin
Miklós Rózsa : Spellbound (reconstruction Roman Gottwald)
Alan Menken : Beauty and the Beast : Ouverture
Alexandre Desplat : The Shape of Water : Suite
Michel Legrand : Yentl : Concertino pour harpe (extrait)
Maurice Jarre : Lawrence of Arabia : Ouverture (orchestration Gerard Schurmann)
Dimitri Tiomkin/Ned Washington : High Noon : Suite (reconstruction Patrick Russ)
Hans Zimmer : Dune: Part I : Vocalise Lydia Kavina (thérémine), Artyom Minasyan (duduk), Jean‑Michel Feix (accordéon), Pierre Planas (guitare, mandoline, chant), Cristelle Gouffe (chant), Stéphane Lerouge (présentation)
Orchestre national du Capitole de Toulouse, Frank Strobel (direction)
 (© Romain Alcaraz)
Un peu moins d’un an après l’hommage consacré à Ennio Morricone (1928‑2020), l’Orchestre national du Capitole de Toulouse poursuit son partenariat avec Frank Strobel, spécialiste du répertoire de musique de film. Directeur de l’Orchestre philharmonique du cinéma européen depuis sa fondation en 2000, le chef allemand multiplie les projets à même de faire vivre sa passion, des disques inédits consacrés à Schnittke à la restauration de partitions emblématiques (notamment Alexandre Nevski de Prokofiev), tout en proposant des programmes de concerts sur mesure, comme celui sur Chaplin à Strasbourg en 2021
A Toulouse, l’idée de revisiter les musiques de film récompensées par une nomination ou une consécration aux Oscars donne un avant‑goût de la cérémonie officielle, qui aura lieu le 26 mars prochain à Los Angeles, pour sa quatre-vingt-dix-huitième édition. En attendant, Frank Strobel et son directeur de la création Fernando Carmena emmènent le public toulousain à travers un voyage musical d’une remarquable variété, à même d’embrasser les évolutions de style de la période 1938‑2021 – le tout sans ordre chronologique.
L’hommage rendu aux compositeurs ayant fui le nazisme pour Hollywood donne à entendre tout le talent d’orchestrateur de personnalités aussi emblématiques que Korngold ou Miklós Rózsa, jamais avares d’un éclat volontiers solaire. Le classicisme serein de Nino Rota, avec Le Parrain II (1974), contraste ensuite avec les audaces rythmiques lancinantes du jeune John Williams en 1975, pour Les Dents de la mer.
Au rang des surprises sonores figure aussi le cliquetis de la machine à écrire du film Reviens‑moi (2007), qui permet à Dario Marianelli (né en 1963) d’instiller des dialogues piquants en ostinato avec le piano, sous influence minimaliste. Mais c’est plus encore la mise en avant du rarissime thérémine (sorte d’ancêtre des ondes Martenot), qui surprend l’assistance par ses ondulations fantomatiques et fascinantes.
Après l’entracte, le présentateur du concert Stéphane Lerouge, à l’érudition inépuisable mêlée d’humour, se félicite à juste titre de la bonne représentation des compositeurs français dans le programme (à l’exception notable de Georges Delerue) : on passe des ambiances tribales à la rythmique électrique de Lawrence d’Arabie (1962) de Maurice Jarre aux mélodies inoubliables de Yentl (1983) de Michel Legrand. Plus anecdotique, la soirée bénéficie des messages audio de Gabriel Yared et Alexandre Desplat.
Le concert se conclut avec le magma sonore impressionnant de Dune (2021) de Hans Zimmer, qui monte comme une transe irrésistible. En bis, Strobel rend hommage à l’élégance sereine de la première femme récompensée par un Oscar, Rachel Portman (pour le film Emma, l’entremetteuse en 1997), avant de conclure dans l’éclat féerique de l’inévitable John Williams (pour le « Flying Theme » d’E. T. l’extra‑terrestre), en star populaire incontournable de la musique de film.
Florent Coudeyrat
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