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Faut-il vraiment se lever ?

München
Herkulessaal
02/26/2026 -  et 27 février 2026
Béla Bartók : Falun, Sz. 79 – Concerto pour violon n° 2, Sz. 112
Felix Mendelssohn Bartholdy : Symphonie n° 3 en la mineur « Ecossaise », opus 56

Vilde Frang (violon)
Chor des Bayerischen Rundfunks, Peter Dijkstra (chef de chœur), Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Iván Fischer (direction)


V. Frang, I. Fischer (© Bayerische Rundfunk/Astrid Ackermann)


Qui connait ces Trois Scènes villageoises de Bartók, trop rarement programmées ? La première s’ouvre sur une fanfare orchestrale pleine de fougue, avant que le chœur n’y apporte sa fantaisie, son esprit, sa jubilation. La liberté rythmique est remarquable, les accelerandi « parlés » sont ici menés avec naturel et précision. La deuxième, plus douce et poétique, offre un moment de contemplation avant que la troisième ne reprenne de plus belle, pétillante, presque klézmér, avec une écriture chorale magistrale aux parties indépendantes d’une originalité confondante. Mention spéciale à la soprano Julia Price, dont la ligne claire s’intègre avec naturel dans ce tissu sonore. Le Chœur de la Radio bavaroise, somptueux (et la semaine passée, ils ont donné le Cantique des cantiques, chef‑d’œuvre de Daniel‑Lesur dans un style et un français parfaits), confirme ici toute l’étendue de ses moyens.


La harpe demeure au-devant de la scène pour le Second Concerto pour violon. C’est cet instrument qui lance le concerto et sa présence au premier plan permet des dialogues superbes avec la soliste mais également avec la timbale. La harpiste Marion Ravot, qui avait déjà assuré l’introduction instrumentale du premier volet, joue ce rôle avec discrétion et précision. Dès l’entrée du violon, Iván Fischer ne dissimule pas son plaisir : un sourire illumine son visage devant le phrasé ample et chanté de Vilde Frang. L’orchestre et surtout les bois répondent avec précision et, comme le disait Yehudi Menuhin, Bartók sait vraiment écrire pour le violon.


Vilde Frang ne dispose peut-être pas du son le plus immense, mais sa technique est impeccable et sa palette de couleurs dans les nuances douces d’une finesse et d’une variété rares. Fischer veille à chaque instant à l’équilibre entre soliste et orchestre, avec une efficacité qui témoigne de sa familiarité avec le répertoire de son pays. Le mouvement lent, particulièrement adapté au style intérieur et retenu de la violoniste, atteint une intensité presque immatérielle. Le finale, plein de vie, multiplie rubatos et libertés expressives, mais toujours dans le cadre d’une mise en place irréprochable. Trés applaudie, Vilde Frang offre en bis la Giga senza basso de Montanari,déjà donnée en bis à Berlin, avec une légèreté et une spontanéité désarmantes.


La Symphonie Ecossaise de Mendelssohn, œuvre plus conventionnelle pour l’orchestre, est conduite avec soin et intelligence architecturale : Fischer soigne les développements, met en valeur les violoncelles dans leurs moments privilégiés et maintient une animation constante. La lecture est vivante et d’un très haut niveau instrumental. Mention particulière pour le solo de clarinette de Lyuta Kobayashi.


Pour la coda cependant, le chef invite les musiciens à se lever pupitre après pupitre lorsque chacun reprend le thème : effet théâtral sans doute voulu, mais qui paraît ici quelque peu excentrique, et vient troubler la conclusion d’une exécution par ailleurs exemplaire.


Ceux qui souhaitent retrouver Iván Fischer pourront le faire dès dimanche matin, à la tête de l’Orchestre des jeunes de Bavière dans un programme Brahms-Bartók et pourront voir si les musiciens restent assis.



Antoine Lévy-Leboyer

 

 

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