|
Back
Retour au calme Paris Philharmonie 02/11/2026 - Johann Sebastian Bach : Capriccio sopra la lontananza del suo fratello dilettissimo, BWV 992
Ludwig van Beethoven : Sonates pour piano n° 14 « Quasi una fantasia », opus 27 n° 1, n° 15 « Pastorale », opus 28, n° 17 « La Tempête », opus 31 n° 1, et n° 30, opus 109 – Bagatelles, opus 126 András Schiff (piano)
 A. Schiff (© Didier Sorlin)
On n’avait pas vu András Schiff à Paris depuis le funeste concert de l’Orchestre philharmonique d’Israël en novembre dernier dans la même salle, au cours duquel il avait joué stoïquement le Concerto « L’Empereur » de Beethoven, interrompu à trois reprises par des cris, des lancers de tracts et des fumigènes. Pour ce récital donné dans la série de concerts « Piano 4 Etoiles », la salle était pleine et quelques fauteuils avaient même été ajoutés dans les coursives arrière de l’orchestre.
Le pianiste semblait content de retrouver son public parisien, paraissant d’excellente humeur avec forces sourires et gestes d’une grande amabilité. Le programme était de taille et entièrement consacré à Beethoven, avec quatre sonates appartenant à des périodes créatrices successives et les Bagatelles opus 126. Beethoven, pas seulement, car sans que cela ait été annoncé, il a préludé avec Jean‑Sébastien Bach avec le Caprice sur le départ de son frère bien‑aimé, avant de se lancer dans la Sonate « Quasi una fantasia ».
Les Sonates de Beethoven ne figurent pas souvent au programme des récitals d’András Schiff. Il les a enregistrées il y a vingt ans, principalement en public à Zurich pour EMC New Series. Son interprétation plus réellement lyrique que Sturm und Drang reste la même que dans cette série d’enregistrements. L’approche très classique et libre de ton de la Sonate « Quasi una fantasia » préludait à de très chantantes Pastorale et La Tempête. On aurait peut‑être souhaité un peu plus de théâtralisation de la fin de la Sonate opus 109, mais comment résister à une approche plus contemplative telle que Schiff l’a adoptée.
Expert dans le jeu de pièces courtes, le pianiste a donné au milieu de ce programme de sonates une lecture à la fois légère et brillante des six Bagatelles opus 126. Belle idée de programmation tendant à détendre l’atmosphère avant l’Opus 109.
Pour preuve de son plaisir d’être là et pour prolonger le concert assez tard dans la soirée, Sir András qui reviendra à Paris le 29 juin, cette fois au Théâtre des Champs‑Elysées, a donné trois encores de Chopin – deux mazurkas (Opus 17 n° 4 et Opus 24 n° 2), ainsi que la Valse Opus 34 n° 2 – et sonné le départ avec un premier mouvement du Concerto italien de Bach brillant, véloce et électrisant.
Olivier Brunel
|