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Tout hongrois

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Maison de la radio et de la musique
02/13/2026 -  
Zoltán Kodály : Galántai táncok
Béla Bartók : Concerto pour piano n° 3, Sz. 119 – Musique pour cordes, percussion et célesta, Sz. 106

Bertrand Chamayou (piano)
Orchestre national de France, Lorenzo Viotti (direction)


L. Viotti (© Desiré van den Berg)


Le chef franco-suisse Lorenzo Viotti (né en 1990), frère de la mezzo Marina Viotti et fils du chef d’orchestre Marcello Viotti mort à 51 ans, deviendra à l’automne le directeur musical de l’Orchestre symphonique de Tokyo. Il a auparavant brièvement occupé ces mêmes fonctions à l’orchestre de la Fondation Gulbenkian de Lisbonne (2018‑2021) et aussi à l’Opéra national des Pays‑Bas (2021‑2025) qu’il vient de quitter ne renonçant pas pour autant à l’opéra puisqu’il prendra en 2028 la succession de Gianandrea Noseda à l’Opéra de Zurich.


Programme entièrement hongrois ce soir pour ce qui semble être la deuxième rencontre du chef avec le National. Ce concert débutait par les Danses de Galánta de Kodály, un compositeur sans doute trop rarement joué en France. Commande de la Société philharmonique de Budapest créée en 1933, elle évoque la ville de Galánta, entre Vienne et Budapest, où le père de Kodaly était chef de gare. Caractéristique du style de l’auteur, elle use de rythmes pointés et d’alternance de rythmes lents et rapides. Après un démarrage un peu poussif, notamment chez les cordes, la réalisation devient ensuite plus précise sous la direction toutefois un peu sèche de Lorenzo Viotti.


Place ensuite à la dernière œuvre achevée de Bartók, qui ne put toutefois en orchestrer lui‑même les toutes dernières mesures, le Troisième Concerto pour piano, créé à Philadelphie par Győrgy Sándor et Eugène Ormandy. Très différent de style et de facture des deux précédents concertos, il trouve en Bertrand Chamayou un interprète inspiré, notamment dans l’Adagio religioso central, d’écriture très classique, qui cite Bach et Beethoven. Le final est plus dans le style habituel de Bartók et la réalisation plus précise sous la direction d’un Lorenzo Viotti qui semble ici moins dans le contrôle. Intelligent bis de Bertrand Chamayou, qui donne à entendre le Perpetuum mobile de Győrgy Kurtág, qui aura 100 ans le 19 février, poétique exercice sur l’étendue du clavier fascinant à voir et à entendre.


Mais le sommet de ce concert fut sans aucun doute la Musique pour cordes, percussion et célesta tant admirée par Olivier Messiaen. Pour l’occasion, Bertrand Chamayou rejoint l’orchestre. On sait le toulousain coutumier du fait on l’a ainsi vu jouer Petrouchka de Stravinski avec l’Orchestre de Paris et Klaus Mäkelä (voir ici). Créée en 1937 sur commande du grand mécène suisse Paul Sacher, cette pièce est notamment connue pour son troisième mouvement, utilisé par Stanley Kubrick dans son film Shining.


Lorenzo Viotti y semble définitivement plus à l’aise, jouant à la perfection sur l’effet stéréophonique des deux groupes de musiciens placés de chaque côté du piano et du célesta. Avec son geste sûr et précis il tire le meilleur de l’Orchestre national de France, qui répond désormais à la moindre de ses sollicitations. L’Andante initial est construit en un subtil et riche crescendo-decrescendo centré par l’intervention de la cymbale. L’Allegro, typique de Bartók, exploite l’effet percussif des pizzicati des cordes comme du piano. L’Adagio fait magnifiquement entendre les glissandi de la timbale et l’étonnant assemblage de la harpe, du piano et du célesta qui donne à cette musique cette touche mystérieuse et angoissante. Le final est un feu d’artifice durant lequel il est toujours fascinant de voir le joueur de célesta rejoindre le piano pour un court passage à quatre mains. Réalisation exemplaire sous la direction experte d’un Lorenzo Viotti qui semble parfaitement détendu en fin de concert, offrant même en bis une reprise de la toute fin de l’œuvre.



Gilles Lesur

 

 

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