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Un tourbillon Offenbach envahit la Salle de Musique La Chaux-de-Fonds Tonhalle 01/21/2026 - et 19 (Zurich), 20 (Genève) janvier 2026 Jacques Offenbach : Orphée aux Enfers : Grande Ouverture, Les Heures, Duo de la mouche & Scène et ballet des mouches : Galop – La Belle Hélène : Invocation « On me nomme Hélène » – La Jolie parfumeuse : « Par Dieu, c’est une aimable charge » – La Vie parisienne : « Dans cette ville » – La Périchole : « Tu n’es pas beau... je t’adore, brigand » & Griserie « Ah ! quel dîner je viens de faire » – Die Rheinnixen : Ballet et grande valse – La Grande-Duchesse de Gérolstein : « A cheval », Galop & « Ah ! que j’aime les militaires » – Le Royaume de Neptune : Transformation – Robinson Crusoé : « Beauté qui vient des cieux » – Les Bavards : « Quel bavard insupportable ! » – Le Voyage dans la Lune : Ballet des flocons de neige Marina Viotti (mezzo-soprano), Lionel Lhote (baryton)
Les Musiciens du Louvre, Marc Minkowski (direction)
 (© Michel Mulhauser)
A la faveur d’un « Gala Offenbach », Les Musiciens du Louvre, placés sous la baguette énergique et enflammée de leur chef, Marc Minkowski, ont enthousiasmé Zurich, Genève et La Chaux‑de‑Fonds dans le cadre d’une mini‑tournée helvétique. Pour le dernier concert de la série, le maestro a fait son entrée sur la scène de la célèbre Salle de Musique visiblement ravi, expliquant au public qu’il était très honoré de se produire pour la première fois dans ce lieu qui évoquait pour lui de nombreux disques écoutés durant son adolescence. Le programme de la soirée, pétillant et flamboyant, était organisé autour d’extraits d’opérettes célèbres, dont Orphée aux Enfers, La Belle Hélène, La Vie parisienne, La Périchole, La Grande-Duchesse de Gérolstein ou encore Le Voyage dans la Lune, mais aussi d’ouvrages moins connus, voire méconnus, comme La Jolie Parfumeuse, Le Royaume de Neptune, Les Bavards et Robinson Crusoé (que le chef et ses musiciens viennent de donner à Paris en décembre 2025), sans parler d’une rareté, Les Fées du Rhin, un ouvrage en allemand. Un tour d’horizon joyeux et pétillant de l’univers musical d’Offenbach, sans pause, condensant l’esprit du compositeur en une heure et demie de musique. Marc Minkowski a dirigé avec une énergie communicative : tempi vifs, articulation claire, sens des transitions et capacité à souligner tant l’ironie que la vitalité des pages d’Offenbach. Les Musiciens du Louvre se sont montrés extrêmement réactifs à ses impulsions, avec un jeu d’ensemble précis et équilibré, des phrasés nets et une palette de couleurs riches et incisives, soulignant la virtuosité orchestrale tout autant que l’humour. Chaque ouverture s’est transformée en un véritable feu d’artifice musical. Entre les différents morceaux, quand ce n’était pas pendant les morceaux eux‑mêmes, Marc Minkowski s’est tourné à plusieurs reprises vers le public pour en expliquer, non sans humour, le contexte et la structure. En bref, une fête musicale jubilatoire, fidèle à l’esprit de la musique d’Offenbach, durant laquelle l’humour, la légèreté, la virtuosité et l’orchestration délicate ont été les maîtres mots.
Les deux solistes vocaux, Marina Viotti et Lionel Lhote, ont été pour beaucoup dans la réussite du concert. Leur complicité sautait aux yeux, alors que leur caractère complémentaire a permis de rendre toutes les facettes de la musique d’Offenbach. Timbre charnu et sombre, Marina Viotti a été tout simplement éblouissante et irrésistible, apportant une brillance vocale et une malice naturelle à chacune de ses interventions. Sa capacité à incarner des personnages espiègles, sans jamais surjouer et tout en conservant une ligne de chant impeccable, a été absolument remarquable. Partenaire de scène idéal, Lionel Lhote a apporté une dimension comique et une autorité vocale impressionnantes. Son interprétation de l’air « Quel bavard insupportable ! » a été un des moments forts de la soirée, avec son débit virtuose, sa diction impeccable et son humour percutant. Le concert s’est terminé sous les ovations d’un public ravi.
Claudio Poloni
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