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Schumann au pays des Mille et Une Nuits

Paris
Philharmonie
01/23/2026 -  
Robert Schumann : Das Paradies und die Peri, opus 50
Hanna-Elisabeth Müller (La Péri), Werner Güra (Le narrateur), Wiebke Lehmkuhl (L’ange), Magdalena Lucjan (La jeune fille), Edwin Crossley‑Mercer (L’homme, Gazna), Cyrille Dubois (Le jeune homme), Alessandra Rizzello, Claudine Margely (sopranos), Sarah Dewald, Marie‑George Monet (altos)
Chœur de Radio France, Lionel Sow (chef de chœur), Orchestre national de France, Philippe Jordan (direction)


P. Jordan (© Radio France/Christophe Abramowitz)


Double événement pour cette soirée de rentrée de l’Orchestre national de France avec la présence de Philippe Jordan, qui en sera le directeur musical à partir de septembre 2027. Il a choisi de diriger Le Paradis et la Péri (1843) de Schumann, œuvre lyrique assez inclassable, peu souvent représentée (bien qu’à sa création elle connût un grand succès) mais qui a les honneurs du concert pour la deuxième fois en quelques mois, après avoir été dans une version scénique à l’affiche de La Seine musicale de Boulogne-Billancourt en mai dernier.


Inspirée de Lalla Rookh, un roman du poète romantique irlandais Thomas Moore, Le Paradis et la Péri exploite un orientalisme de légende perse narrant les trois épisodes initiatiques d’une Péri voulant accéder au Paradis. Certes pas le Paradis tel qu’il est présenté par la religion catholique mais plutôt une vision musulmane genre Jardin d’Eden et des péripéties vécues dans des pays d’un Orient très imagé cher aux poètes romantiques.


Souvent décrite comme un oratorio, c’est une œuvre dont la forme échappe à une classification formelle, plutôt construite comme une longue ballade – presque une heure et demie de musique – en trois parties avec peu de personnages principaux, beaucoup de personnages secondaires, de nombreuses interventions chorales souvent exaltées et une partition orchestrale très richement composée qui vaut largement mieux que la réputation faite à Schumann de n’être pas un bon orchestrateur.


Œuvre semblant taillée sur mesure pour Philippe Jordan qui, après avoir été le grand chef de fosse que l’on sait à l’Opéra de Paris et plus récemment à Vienne, semble réorienter sa carrière vers le répertoire symphonique. Il a maintenu la tension, ce qui n’est pas toujours évident car le plan de l’œuvre souffre de quelques faiblesses de construction dramatique, notamment dans les trois finales qui concluent chacune des parties correspondant aux épreuves de la Péri pour pouvoir se voir ouvrir les portes du Paradis.


La distribution était tout à fait exemplaire avec pour les trois rôles féminins un magnifique trio vocal, les sopranos Hanna‑Elisabeth Müller (La Péri) et Magdalena Lucjan (L’ange) ainsi que et l’alto Wiebke Lehmkuhl. Le rôle du ténor, qui est très important avec une fonction narrative qui évoque un peu l’Evangéliste des Passions de Bach, était tenu par Werner Güra avec une sûreté et une grande beauté vocales.


Préparé par Lionel Sow, le Chœur de Radio France a tenu sa partie assez complexe alternant des styles variés de façon exemplaire. La soirée s’est conclue par un accueil très chaleureux du public, acclamant particulièrement le chef et l’orchestre.



Olivier Brunel

 

 

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