About us / Contact

The Classical Music Network

Vienna

Europe : Paris, Londn, Zurich, Geneva, Strasbourg, Bruxelles, Gent
America : New York, San Francisco, Montreal                       WORLD


Newsletter
Your email :

 

Back

Nouvel An au Konzerthaus

Vienna
Konzerthaus
12/28/2025 -  et 27 (Pottendorf), 29* (Wien) décembre 2025
Johann Strauss (Sohn) : Ouvertüre zu « Die Fledermaus » – Künstlerleben. Walzer, opus 316 – Lob der Frauen. Polka mazur, opus 315 – Leichtes Blut. Polka schnell, opus 319 – Freuet euch des Lebens. Walzer, opus 340 – Annen‑Polka, opus 117 – Es lebe der Ungar! (« Eljen a Magyar! »). Polka schnell, opus 332 – Ouvertüre zu « Eine Nacht in Venedig » – Frühlingsstimmen-Walzer, opus 410 – Neue Pizzicato-Polka (aus « Fürstin Ninetta »), opus 449 – Furioso-Polka, opus 260 – Wo die Zitronen blühn. Walzer, opus 364 – Csárdás (aus « Ritter Pázmán »), opus 441 – An der schönen blauen Donau. Walzer, opus 314
Strauss Festival Orchester Wien, Christoph Koncz (direction)


C. Koncz (© Andreas Hechenberger)


Les concerts consacrés à Johann Strauss abondent plus que jamais, l’approche du Nouvel An se conjuguant cette saison avec les célébrations du bicentenaire de la naissance du compositeur. Plusieurs orchestres – souvent composés de musiciens aguerris issus des grandes phalanges de la capitale autrichienne – se revendiquent spécialistes de ce répertoire. Le Wiener Johann Strauss Orchester, la Wiener Strauss Capelle ou encore le Strauss Festival Orchester Wien figurent parmi les plus (re)connus, remplissant une mission à la fois culturelle et mercantile qui perpétue, au fond, l’esprit originel des multiples formations montées par Johann Strauss, homme d’affaires autant que compositeur.


Une somme d’excellents musiciens ne constituant pas nécessairement un grand orchestre, l’expérience trouve toute sa légitimité à condition de ne pas y attendre la richesse de contrastes, la variété de couleurs ou l’inventivité des phrasés que peuvent offrir les Wiener Philharmoniker dans leurs meilleurs moments (comme nous l’évoquions récemment, à propos d’un concert dirigé par Tugan Sokhiev, d’ailleurs fraîchement désigné pour conduire le prochain concert du Nouvel An).


Nul ne sait tout cela mieux que Christoph Koncz, le jeune chef de 38 ans issu d’une famille austro-hongroise de musiciens telle qu’on en rencontre qu’à Vienne — pensons notamment aux frères Adám et Iván Fischer, à la famille Ottensamer ou aux Hagen. Père chef d’orchestre, frère violoncelliste membre du Philharmonique de Berlin (après un passage par celui de Vienne), mère et sœur également musiciennes professionnelles. Retracer en détail son parcours dépasserait le cadre de cette chronique ; rappelons simplement l’enfant‑acteur incarnant le violoniste prodige dans Le Violon rouge, son entrée à 20 ans à l’Opéra de Vienne puis au Philharmonique de Vienne, sa reconnaissance rapide comme chambriste et soliste, avant d’embrasser désormais pleinement une carrière de chef. Il s’est ainsi frotté de longue date au répertoire straussien au contact des plus grands, son poste de chef d’attaque des seconds violons lui conférant une position d’observation privilégiée, au cœur même de l’orchestre.


D’où cette situation, finalement peu fréquente à Vienne – où abondent les orchestres de niveau mondial – d’un chef qui a manifestement plus à dire que la formation qu’il dirige. Il est fascinant d’observer (et d’entendre) l’impact direct de son geste sur les musiciens, les incitant à sortir d’une lecture qui tendrait sinon à devenir routinière. Koncz impose un sens musical affirmé, tire des phrasés éloquents des cordes et résiste à la tentation des évidences de la partition pour y dessiner des idées élégantes et articulées.


Après un début à froid et quelque peu prudent, les énergies se libèrent, profitant notamment des pages plus lyriques – Eloge des femmes – pour construire progressivement une vision cohérente. Le chef ne ménage ni son engagement ni ses moyens : une gestique généreuse, encore peu économe, est mise au service d’une profusion d’idées musicales nourries par une compréhension intime de la partition. Koncz prend manifestement à cœur de transformer la soirée en véritable concert de gala. Une prestation qui confirme, au‑delà de l’événement lui‑même, l’émergence d’une carrière de chef à suivre avec attention.



Dimitri Finker

 

 

Copyright ©ConcertoNet.com