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La relève La Roque Parc du château de Florans 08/15/2024 - Johannes Brahms : Trio avec piano n° 1, opus 8 : 1. Allegro con brio [1] – Trio avec piano n° 3, opus 101 : 1. Allegro energico, 2. Presto non assai & 4. Finale. Allegro molto [2] – Sonate pour violoncelle et piano n° 2, opus 99 : 1. Allegro vivace, 2. Adagio affetuoso & 4. Allegro molto [3] – Quintette pour piano et cordes, opus 34 : 3. Scherzo (Allegro) & 4. Finale (Poco sostenuto - Allegro non troppo - Presto non troppo) [4]
Serge Rachmaninov : Sonate pour violoncelle et piano, opus 19 : 1. Lento - Allegro moderato [5]
Alexandre Mossolov : Légende, opus 5 [5]
Maurice Ravel : La Valse [6]
Antonín Dvorák : Trio avec piano n° 4 « Dumky », opus 90, B. 166 : 1. Lento maestoso, 2. Poco adagio & 6. Lento maestoso [7]
Dimitri Chostakovitch : Quintette avec piano, opus 57 : 4. Intermezzo (Lento) [8] Olivier Charlier (violon) [8], Claire Désert, Emmanuel Strosser (piano) [6], Trio Wanderer : Vincent Coq (piano), Jean‑Marc Phillips-Varjabédian (violon), Raphaël Pidoux (violoncelle) [8] – Duo Ermitage : Paul‑Marie Kuzma (violoncelle), Ionah Maiatsky (piano) [5] – Thomas Prechal (violoncelle), Martin Jaspard (piano) [3] – Trio Havisham : Zany Denyer (piano), Magdalena Riedl (violon), Seth Collin (violoncelle) [2] – Trio Leiermann : William Winterstin (piano), Coline Moreau (violon), Ylia Duchemin (violoncelle) [7] – Trio Lyra : Kim Bernard (piano), Quentin Vogel (violon), Carla Coste (violoncelle) [1] – Quintette Goldmund : María del Mar Jurado Jiménez, Mario Lanuza Zabaco (violon), Michelangelo Giornetti Medina (alto) [8], Carlos Ortega Higueruela (violoncelle), Noé Pérez Vos (piano) [4]
Le Festival de La Roque-d’Anthéron tire sur sa fin, ce qui marque aussi le terme du séjour des « ensembles en résidence ». Du 7 au 14 août, « Sur les routes de Provence », ils ont donné des concerts gratuits dans dix communes des Bouches‑du‑Rhône, de Tarascon à La Ciotat en passant par Gardanne et Cassis, s’exerçant ainsi aux joies de publics différents et aux aléas des changements de lieu Le 15 août à La Roque même, c’est la « journée des ensembles en résidence », qui se conclut en beauté le soir, chacun d’entre eux donnant un aperçu de son travail et de son talent durant environ un quart d’heure. Cette année, pas moins de dix‑huit jeunes musiciens ont bénéficié de cette expérience privilégiée : deux duos de violoncelle et piano, trois trios avec piano et un quintette avec piano. Dans le public, la (très) jeune génération est en revanche peu représentée et ronge son frein en lisant des bandes dessinées, du moins tant qu’il fait encore jour.
 Le Duo Ermitage (© Valentine Chauvin)
Le parc du château de Florans n’est sans doute pas idéal pour la musique de chambre, ce qui rend plus délicate l’appréciation des différentes prestations, tandis que la température demeure très élevée pour un début de soirée, mais certains parviennent mieux que d’autres à s’accommoder de ces circonstances particulières. Les duos n’ont pas été les plus avantagés, la sonorité du violoncelle ayant quelque mal à se projeter. Avec le Duo Ermitage, qui a déjà sept ans d’existence, on n’aura guère entendu en deçà du mezzo forte le violoncelle sensible et nuancé de Paul‑Marie Kuzma, en compagnie du piano fin et alerte de Ionah Maiatsky, dans le premier mouvement de la Sonate (1901) de Rachmaninov et la rare Légende de Mossolov (1924), versatile et décousue, témoin de la trop brève effervescence moderniste russe entre la Révolution et l’accession de Staline au pouvoir. De même, quand le Néerlandais Thomas Prechal et le Français Martin Jaspard, qui se sont rencontrés en 2023 au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP), interprètent trois quarts de la Seconde Sonate (1886) de Brahms, on a parfois l’impression d’entendre une sonate pour piano avec accompagnement de violoncelle, ce qui frustre encore plus que dans Rachmaninov.
 Le Trio Havisham (© Valentine Chauvin)
Parmi les trios avec piano, le Trio Lyra parvient à bien asseoir le vaste premier mouvement du Premier Trio avec piano (1854) de Brahms, mais cette interprétation bien conduite et bien construite ne manque pas non plus d’engagement. On n’est pas surpris que le Trio Havisham, issu du Royal Northern College of Music de Manchester, se produise lui aussi dans Brahms – en l’occurrence trois quarts du Troisième Trio (1886), ainsi privé de son mouvement lent – car le compositeur est au programme du concert que le Trio Wanderer doit donner le lendemain : le son se projette mieux et le propos est plus séduisant et plus expressif. Une moitié du Quatrième Trio « Dumky » (1891) de Dvorák échoit au Trio Leiermann, constitué l’an dernier au CNSMDP : sa personnalité paraît encore plus affirmée que celle des deux précédents trios, avec une prise de risques à laquelle cette musique invite sans doute davantage, au prix de petites imprécisions.
 Le Quintette Goldmund (© Valentine Chauvin)
Un quatuor (à cordes) allemand, constitué en 2009, a pris le nom de Goldmund. Il faudra désormais compter également avec un quintette avec piano, qui a lui aussi choisi le nom du personnage du roman de Hesse. Si les formations constituées en quatuor avec piano ne sont pas rares, ce n’est en revanche pas le cas pour les quintettes mais dans la seconde moitié du Quintette (1864) de Brahms, les musiciens espagnols font valoir une fougue et un sens collectif qui compensent un manque de densité et quelques faiblesses individuelles.
 E. Strosser, C. Désert (© Valentine Chauvin)
Les maîtres ont également mis la main à la pâte pour ce copieux programme. Emmanuel Strosser sur le Steinway et Claire Désert sur un Bechstein ajouté pour l’occasion donnent La Valse (1920) de Ravel, une course à l’abîme rondement menée. Le Trio Wanderer et le violoniste Olivier Charlier, renforcés par l’altiste du Quintette Goldmund, se contentent du quatrième mouvement du Quintette avec piano (1940) de Chostakovitch, conférant une grande intensité à cette sorte de passacaille.
Le site d’Olivier Charlier
Le site de Claire Désert
Le site d’Emmanuel Strosser
Le site du Trio Wanderer
Le site de Thomas Prechal
Simon Corley
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