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Effacement

Brive
Tulle (Cathédrale Notre-Dame)
08/04/2025 -  et 5 (Cahors), 7 (Arith), 8 (Menton), 9 (Guéthary) 23 (Savennières) août 2025, 6 juillet 2026 (Versailles)
Johann Bernhard Bach : Suite en ré majeur : 1. Ouverture, Caprice & 7. La Joye – Suite en mi mineur : 5. Air II & 6. Rigaudon
Johann Sebastian Bach : Concertos pour clavecin en sol mineur, BWV 1058, en fa mineur, BWV 1056, et en ré mineur, BWV 1052 – Freuet euch, ihr Christen alle – Concerto en ré majeur, BWV 972 : 2. Larghetto

Orchestre de l’Opéra royal de Versailles, Justin Taylor (clavecin et direction)




Du 8 juillet au 10 août, la quarante‑quatrième édition du Festival de la Vézère propose vingt‑quatre événements dans de nombreux sites corréziens. Les noms des artistes à l’affiche suffisent à témoigner de la qualité constante de cette manifestation : les pianistes Pascal Amoyel, Arielle Beck et Adam Laloum, le violoncelliste Raphaël Pidoux, le clarinettiste Amaury Viduvier, la trompettiste Lucienne Renaudin Vary, le guitariste Thibault Cauvin, le chœur de chambre Les Eléments... La programmation se conclura, comme de coutume, au château du Saillant et au domaine de Sédières, avec la venue de la troupe anglaise de Diva Opera dans Les Noces de Figaro et Don Pasquale.


La présence de Justin Taylor (né en 1992) ne dépare évidemment pas ce beau tableau, pour deux concerts consécutifs le même jour, l’après‑midi, avec deux violonistes et une violoncelliste de l’Orchestre de l’Opéra royal de Versailles, puis le soir, avec neuf musiciens de cet ensemble. Ce second programme était particulièrement prometteur, au point d’attirer un ancien Président de la République et un public très nombreux : l’un des meilleurs clavecinistes du moment dans trois des Concertos de Jean‑Sébastien Bach et quelques extraits de Suites (ou Ouvertures) pour orchestre (à cordes) de l’un de ses cousins au second degré, Johann Bernhard Bach (1676‑1749). Heureuse découverte, de fait, que les trop brefs extraits de ces Suites, d’inspiration française jusque dans leurs titres (« Caprice », « La Joye »...), même si l’acoustique amplifie considérablement le petit effectif instrumental, au détriment de l’agilité, de la finesse et de l’articulation.



(© Olivier Soulié)


Ce sera malheureusement l’un des rares éléments positifs d’une soirée gâchée par les conditions sonores régnant dans la cathédrale Notre‑Dame de Tulle. On a beau avoir dressé au grand abat‑son au pied de l’imposant vitrail du chœur, depuis le vingtième rang de la nef, la copie d’un instrument hollandais du XVIIe est quasiment inaudible dès que les cordes jouent à ses côtés, laissant s’écouler un mince filet de voix qui semble venir de très loin. Alors même que Justin Taylor, dans une défense et illustration très charismatique des vertus du clavecin dont il vante le cantabile et le legato, disait vouloir le faire aimer aux spectateurs, ceux‑ci n’en auront guère l’occasion que quand il s’exprime en solo, par exemple dans le sublime Largo du Concerto en fa mineur, accompagné des seuls pizzicati, ou dans le Larghetto du Concerto BWV 972 d’après Vivaldi – et encore, il faut bien tendre l’oreille. Même si le claveciniste revendique le caractère relativement modeste du soliste dans les Concertos de Bach, il y a un monde entre modestie et effacement complet, qui ne permet en rien de goûter le talent de l’interprète.


On apprécie en revanche l’orchestre seul dans le choral Freuet euch, ihr Christen alle, qui s’enchaîne opportunément, dans la même tonalité, sur le Concerto en fa mineur, et dans le premier bis d’un programme bien court, un extrait spectaculaire et plein d’alacrité (« Son attaque des moulins à vent ») du Burlesque de Quichotte (1739) de Telemann. Le clavecin aura toutefois le dernier mot dans « Les Sauvages », autrement dit la « Danse du calumet de la paix » des Indes galantes de Rameau, suivie de variations plus brillantes les unes que les autres.


Le site du Festival de la Vézère
Le site de Justin Taylor



Simon Corley

 

 

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