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Grigolo brille, Baden-Baden bâille

Baden-Baden
Festspielhaus
06/22/2025 -  
Airs, duos et intermezzi de Puccini, Mascagni et Giordano
Elena Stikhina (soprano), Vittorio Grigolo (ténor)
Philharmonie Baden-Baden, Jordi Bernàcer (direction)


V. Grigolo, E. Stikhina, J. Bernàcer (© Michael Gregonowits)


Deux grandes voix réunies pour ce gala lyrique : un vrai motif de déplacement, d’autant que Vittorio Grigolo se fait rare sur les circuits français et allemands. Côté orchestre, en revanche, le Festspielhaus ne mobilise pour l’occasion que sa phalange locale, ni brillante ni médiocre, simplement routinière. Dans de traditionnels extraits de grand répertoire vériste, on perçoit la lassitude d’une formation qui joue ces pages à longueur d’année, ce qui n’incite à l’écoute que d’une oreille distraite. L’Intermezzo de Madama Butterfly, notamment, paraît tout juste déchiffré.


Du côté des voix, la soprano russe Elena Stikhina demeure une valeur sûre, mais on la devine sur la réserve : italien un peu amorti et tempérament d’actrice gérant les affaires courantes sans véritable flamme. La ligne de chant reste belle, le timbre séduisant, et toutes ces héroïnes – Tosca, Mimì, Cio‑Cio‑San, Suor Angelica, Maddalena de Coigny – trouvent chacune leur juste caractère. On demeure pourtant en deçà de ce que Stikhina peut offrir lorsqu’elle est portée par un chef d’envergure et un metteur en scène capable de mieux focaliser son énergie.


Le cas de Vittorio Grigolo est différent : véritable bête de scène, mais ténor italien peu friand de longues périodes de répétitions, et qui préfère d’ordinaire promener ses valises d’un théâtre de répertoire à l’autre sans trop se remettre en question. Ce soir, la star déploie son catalogue favori d’effets dramatiques, parfois à la limite du grotesque, avec lors des entrées et des rappels des allures de dieu du stade à la Pavarotti qui peuvent prêter à sourire. Reste l’essentiel : un timbre somptueux, une projection glorieuse, une lumière méditerranéenne du gosier qui emporte tout, bref, du beau chant italien à l’état pur, gorgé de pulpe, dont l’exubérance flirte volontiers avec l’excès, mais qu’il serait vain de bouder le temps d’une soirée.



Laurent Barthel

 

 

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